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Repères économiques

Surpopulation mondiale : Menaces et ripostes

15 octobre 2018 à 0 h 41 min

Il a fallu attendre les environs de 1800 pour que l’humanité atteigne son premier milliard d’habitants. Selon les démographes, dix mille ans avant Jésus Christ, nous étions au maximum 10 millions d’habitants sur le vaisseau terre. Actuellement (2018), la population mondiale se situe aux environs de sept milliards et demi d’âmes.

Elle s’accroît de 1 milliard d’habitants tous les onze-douze ans. En 2100, nous serions entre 12 et 16 milliards, selon les prévisions de différents centres de recherche en fonction d’hypothèses diverses. Les capacités d’accueil de notre planète sont de plus en plus saturées. On consomme en six mois ce que la terre ne peut régénérer qu’en une année. Il nous faut donc deux planètes pour pouvoir vivre sans mettre en péril le devenir des générations futures. La pression sur les ressources devient insupportable. Une course contre la montre est engagée.

Les efforts humains pour contenir la surpopulation mondiale donnent peu de résultats. Les énergies déployées pour créer plus de ressources durables pour faire face à ces défis ne produisent pas les quantités de ressources escomptées pour faire face à ce déferlement. On continue à essayer. Mais chaque jour qui passe creuse le déficit entre ressources et besoins. Ces derniers sont de plus en plus croissants puisque partout les être humains aspirent à un niveau de vie proche de celui des plus nantis.

Péril en la demeure

Nous avons la malchance de traîner plusieurs fardeaux compromettants. En premier lieu, les échéances des problèmes démographiques sont loin de coïncider avec les calendriers des élections politiques. On peut toujours faire semblant de participer à la résolution d’un problème et l’élaguer aux calendes grecques.

En second lieu, les pays les plus développés (excepté la Chine), qui sont les principaux décideurs, sont les moins concernés par ce rush démographique. Malgré ce que l’on dise, il ne peut être intégré dans leurs priorités nationales. En troisième lieu, nous avons une floraison de disciplines (démographie, économie, sociologie, psychologie, etc.) concernées par le phénomène avec peu de coordination.

Ceci illustre parfaitement la nécessité d’harmoniser les différentes connaissances dans ce domaine et mobiliser toute l’intelligence disponible pour produire très progressivement les effets salutaires dans ce domaine. L’humanité s’est imposée de nombreux défis conjoints en un laps de temps très court : environnement, paix, démographie, etc. Par contre, elle n’a pas créé encore les connaissances et les mécanismes opérationnels pour en venir à bout.

Mais ceci n’est pas la difficulté majeure ; elle peut être relativement rapidement comblée par un minimum de mobilisation des ressources à différents niveaux. Reste les deux préoccupations essentielles majeures : comment mobiliser la volonté des politiciens lorsque les calendriers politiques ne coïncident pas avec les conséquences démographiques ?

Et comment mobiliser les principaux décideurs lorsque le problème et une grande partie de ses conséquences se déroulent ailleurs que dans leur propre pays. L’engagement des citoyens pour faire face aux périls futurs n’atteint pas le minimum requis pour peser favorablement sur les décisions politiques majeures. La montée de l’extrême droite, un peu partout dans le monde, ne simplifie pas les choses. Cette famille politique fait l’hypothèse qu’une bonne gouvernance des affaires nationales, qui éviterait l’immigration, serait suffisante pour endiguer les défis planétaires. Or, le vaisseau terre nous est commun.

La manière dont se sont déroulés la colonisation et le développement polluant, laissent des traces historiques et sociales indélébiles aussi bien au sein des nations qu’au beau milieu de l’atmosphère. Aucune nation, si isolée soit-elle, ne peut être un bunker. Chaque pays est socialement, physiquement, politiquement et humainement interconnecté au reste. La résolution des problèmes contemporains que ne peut être que des actions concertées, coordonnées et conjointes.

Il est vital de faire travailler conjointement l’ensemble des spécialistes des nombreuses disciplines concernées par le problème (sociologues, économistes, climatologues, etc.). Le problème démographique se pose avec acuité au moment ou le climat devient la préoccupation humaine essentielle. Ces deux phénomènes interconnectés constituent les défis essentiels de la civilisation moderne. Mais les citoyens du monde, préoccupés surtout par le court terme, repoussent les échéances de ces challenges aux calendes grecques.

Les politiciens ne répondent qu’aux aspirations des votants, qu’elles soient légitimes ou générées par la sphère politique elle-même. L’engagement citoyen déficient devient la cause essentielle de l’immobilisme sur les sujets brûlants. Certes, une minorité active a le mérite de mettre au- devant de la scène, parfois par des mesures spectaculaires, les vraies menaces du futur. Mais sans stratégie et sans plan de mobilisation des votants, leurs préoccupations restent peu audibles auprès des politiques.

L’humanité risque de ne pas être à la hauteur des ces dangereux challenges. De plus en plus en plus des voix s’élèvent pour dénoncer l’inadéquation des ripostes. Le pessimisme gagne du terrain. Le sociologue Paul Jorion et le célèbre scientifique Steven Hawkins vont jusqu’à pronostiquer la fin de la vie sur terre dans deux à trois siècles.

Quid de l’Algérie

Dans notre pays, la situation est ambivalente. Nous avons de fortes pressions démographiques. La croissance dans ce domaine atteint 2,4% (parmi les 20 pays qui ont la plus forte progression dans le monde), et une croissance économique faible (autour de 3%). L’essentiel du peu de progression du niveau de vie est absorbé par l’essor démographique. A ce rythme-là, pour doubler le niveau de vie par habitant, il faut attendre aux environs de 120 ans, alors qu’il y a beaucoup de pays qui parviennent à le réaliser en 10 ans.

Notre marge d’amélioration peut provenir d’une meilleure maîtrise démographique mais surtout d’une amélioration considérable du processus de bonne gouvernance. Mais un plan d’action concerté et bien mené doit agir sur les deux dimensions. Dans le domaine démographique il y a autant de réussites que d’échecs. Mener un programme d’action, avec ses dimensions locales et universelles, n’est pas chose aisée.

En analysant les expériences internationales, beaucoup de messages peuvent être décodés. On ne peut évoquer l’ensemble des paramètres dans ce contexte. Mais un facteur-clé de succès se dégage. Là où il y a eu un judicieux partage des rôles entre les décisions techniques et politiques, nous avons eu plus de succès que de déboires. Mais là où la décision politique est prépondérante, nous avons eu des résultats dérisoires.


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