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Peut-on éviter les surfacturations ?

20 mai 2019 à 9 h 00 min

Avec l’approfondissement des investigations sur de nombreuses malversations, nous allons apprendre davantage sur les mécanismes utilisés par quelques uns de nos citoyens mal- intentionnés pour s’enrichir illicitement. Beaucoup d’opérateurs économiques utilisent la moindre faille du système économique pour en tirer profit personnellement sans enrichir le pays, mais plutôt le pousser de plus en plus vers l’abîme du sous-développement.

Les méandres du système sont utilisés pour déployer une ingéniosité sans pareille qui permet de battre le système. Les malversations existent dans tous les pays. Mais c’est l’ampleur qui fait la différence entre nations. Si dans un pays, une opération sur dix mille est empreinte de malversations, la situation pourrait être qualifiée de normale. Mais lorsqu’une opération sur deux serait empreinte de suspicion, alors il faut s’en inquiéter. Vu l’ampleur des malversations rapportées, la situation devenait intenable dans notre pays.

Il y a quatre aspects liés à la question des transferts illicites de ressources financières en monnaies étrangères à travers la surfacturation : éthique, politique, juridique et économique. Malgré l’importance des trois premiers, nous allons uniquement traiter l’aspect économique de cette problématique.

Les questions les plus pertinentes liées à ce thème sont : aurait-on pu éviter ces problèmes de surfacturation ? Quels mécanismes aurait-on pu utiliser pour éviter cette hémorragie massive de devises ? Mais la question fondamentale demeure comment régler ce problème d’une manière définitive ? Si on n’adoptait pas des mesures qui s’imposent, nous allons rencontrer les mêmes situations et nous risquons alors de dilapider le peu de réserves qui nous permettent de gagner du temps et d’amorcer le processus de redressement économique national.

L’ampleur du problème

On ne peut se prévaloir de certitudes lorsqu’on parle de surfacturations. Aucune étude rigoureuse menée par des professionnels n’a été finalisée et diffusée à grande échelle, à notre connaissance. Même les travaux académiques sont extrêmement rares dans ce domaine. Il nous reste des appréciations approximatives de responsables et de journalistes. On sait uniquement que l’ampleur est phénoménale. Le défunt ancien ministre du Commerce, Bakhti Belaïd, parlait d’un minimum moyen de 30% de l’ensemble des opérations de commerce extérieur. Beaucoup de commentateurs considèrent que ce chiffre sous-estime nettement la réalité des transferts illicites.

Les responsabilités sont partagées. En premier lieu, nous avons des hommes d’affaires dotés d’une grande cupidité qui profitent de toute opportunité et de toute faille du système pour en tirer des profits personnels au détriment de la société et du reste des citoyens.

C’est un problème éthique qui trouve ses racines dans les comportements humains lorsque les mécanismes économiques sont laxistes et loin de rendre le système étanche aux attitudes frauduleuses des agents économiques. Par ailleurs, la surfacturation est devenue un sport national pratiqué par des dizaines de milliers de personnes, alors pourquoi seules quelques rares personnes sont inquiétées par la justice (comme Issad Rebrab, un homme d’affaires intègre selon même ses propres adversaires). Si on pénalisait les auteurs de ces actes, nos prisons seraient pleines.

Mais le problème éthique n’est nullement l’unique défaillance qui produit des actes illégaux. Il y a toujours parmi des groupes d’individus des personnes dont les agissements sont contraires à l’éthique et aux lois. Mais une cause essentielle réside dans la manière d’opérer des responsables. Dans notre contexte, le problème a atteint des proportions gigantesques parce que les pouvoirs publics lui ont accordé une importance marginale, secondaire. On en parle souvent, mais aucune action vigoureuse ne fut entreprise en ce sens.

Pourtant les solutions existent. Certes, on ne peut pas éradiquer totalement ces pratiques condamnables. Mais on peut les réduire à des proportions très réduites et presque éradiquer le problème. De nombreux pays ont été confrontés à ces problèmes. L’humanité a trouvé des solutions, nous n’avons pas à tout réinventer. Mais pourquoi ce manque de réactivité ? Veut-on laisser faire ces personnes tout en faisant semblant de lutter contre le phénomène ? Ou n’a-t-on pas réellement trouvé l’organisation et les mécanismes qu’il faut pour venir à bout du problème ?

Les Options Possibles

La culture bureaucratique de notre pays est responsable de tous les maux que nous connaissons. Lorsqu’on identifie un problème on essaye toujours de le régler d’une manière bureaucratique. On installe une commission d’administratifs avec pour mission de régler un problème causé en premier lieu par les mécanismes administratifs.

On a eu droit à la même méthode pour venir à bout du problème des surfacturations. On aurait pu réunir une commission de scientifiques : économistes, chercheurs en commerce international, spécialistes en information économique, etc. Mais non, on ne jure que par la bureaucratie et les bureaucrates.

On enfante donc des solutions qui ne fonctionnent pas ou qui fonctionnent pour faire durer le problème afin que les copains en tirent profit. Un pays qui ne croit pas en la science s’enlise dans des problèmes interminables, alors que des solutions existent. Parfois cette situation est provoquée sciemment pour faire semblant d’essayer de solutionner le problème, alors qu’en réalité on le fait durer.

On aurait pu avoir une panoplie d’actions qui auraient réduit drastiquement les pratiques de surfacturation. Les experts auraient pu trouver toute un ensemble de solutions combinées qui rendraient super compliquée, voire impossible, la surfacturation. Une des pistes serait l’abonnement à des bases de données spécialisées qui fournissent les prix des différents produits et services à différentes étapes des circuits de commercialisation dans le monde. Une seconde serait l’échange de renseignements sur les tarifs de référence avec les Douanes des pays amis qui ont réussi à maîtriser ce phénomène.

Troisièmement, aller à un taux de change du marché (agences de changes) en laissant les agents acheter librement la devise sur un marché de change qui fonctionne en fonction de l’offre et de la demande. La dévaluation subie permettrait à l’Etat de collecter plus de ressources pour subventionner les prix des produits de première nécessité. On peut essayer chaque thérapie et combiner le reste des options graduellement. Au lieu d’essayer des solutions scientifiques, on a laissé le système déraper et fait perdre au pays des centaines de milliards de dollars.  

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