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Repères économiques : Banque centrale, création monétaire et pouvoir politique

22 avril 2019 à 9 h 00 min

Tout citoyen, même sans jamais avoir pris part à un cours d’économie, sait qu’une abondante création monétaire comporte de graves risques inflationnistes. C’est une évidence, une tautologie et une banalité devenue un dicton populaire.

Mais lorsqu’on analyse en profondeur les politiques monétaires, nous découvrons des multitudes de détails qui peuvent amplifier ou atténuer la relation entre l’émission de monnaie et la spirale des prix. Mais nous n’avons pas l’intention d’aborder les éléments techniques qui auraient tempéré les ardeurs des décideurs de la Banque centrale. Les analystes ont réagi de multiples façons, et la plupart ont vu juste et fait des analyses d’une très grande valeur. En premier lieu, la Banque centrale fait régulièrement des comptes rendus au Parlement, pourquoi ne pas avoir évoqué ce danger dans ce cadre approprié ?

En second lieu, l’auteur français Henri Fayol, l’un des fondateurs du management, stipulait à juste titre : «L’autorité doit être égale à la responsabilité.» Celui qui décide est responsable des conséquences, il ne peut se cacher derrière des prétendues analyses d’experts (ce qui est faux dans ce cas) car le rapport de la Task Force est beaucoup plus équilibré et beaucoup plus judicieux que ne le fait croire la déclaration de la Banque d’Algérie ; ni évoquer les pressions politiques.

Si une opération est dangereuse pour le pays, il faut la dénoncer ou renoncer. Le défunt Mentouri n’a jamais courbé l’échine et établi des rapports selon les vœux des politiques. Il a été débarqué, mais a gardé son honneur et gagné le respect du peuple. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Tous les analystes sont partis développer des opinions en ce sens et ont compris les enjeux et les responsabilités.

Une économie avec des fondamentaux déstructurés

Il est du ressort de la BA (Banque d’Algérie) d’éviter les dérapages inflationnistes au pays. C’est également une banalité que de le rappeler. Mais la problématique de fond de l’économie nationale demeure son incapacité à créer de la richesse avec d’énormes ressources. Son problème n’est pas celui du financement, mais ses fondamentaux qui sont déstructurés. Nous avons injecté plus de 800 milliards de dollars dans l’économie pour obtenir à peu près 150 milliards de dollars d’infrastructures.

Le reste est parti en restes à réaliser, retards, malfaçons, corruption, etc., nous sommes toujours une économie de rente destructrice de richesses. Chaque dinar tiré de la rente pétrolière ou de la création monétaire va produire 0,2 dinar de produits et services. Le multiplicateur est inférieur à 1 (contrairement au théorème d’Havelmoo).

Les implications sont simples : nous avons le mal hollandais, mais en plus profond que ce que les économistes envisagent. Même les ressources orientées vers les secteurs productifs sont beaucoup plus dilapidées qu’orientées vers la création d’emplois et de richesses. L’économie vit de la commande publique qui reçoit des financements quatre à cinq fois plus que nécessaire pour produire des équipements de moindre qualité.

Pour qu’une telle économie soit pérenne, il faut une rente inépuisable et en abondance. Le problème de financement devient secondaire car il induit toujours plus de besoins et plus de déperditions de ressources. Le rapport d’experts le signale et propose pour la première fois une trajectoire budgétaire, des conditions de redressement (efficacité opérationnelle, modernisation managériale, etc.) qui doivent accompagner les opérations de financement afin que l’économie passe d’une boîte noire qui détruit les richesses à une machine qui produit trois ou quatre dollars de biens et de services avec chaque dollar injecté.

C’est la condition sine qua non pour que la diversification économique produise des ressources qui vont permettre à l’Etat et surtout au secteur privé de financer un développement de plus en plus indépendant des hydrocarbures. Sans cela, point de développement même si on triplait les sommes investies en période d’abondance (2004-2014).

Le mangement de la BAnque d’algérie n’est pas à la hauteur des défis

Tout un chacun sait que les objectifs politiques dans notre pays transcendent les mécanismes économiques. Il ne fallait pas remettre en cause des orientations de dépenses publiques pour les infrastructures retenues et surtout pour le volet social.

Le calendrier politique dicte l’agenda économique, et le cinquième mandat approchait et dictait ses exigences qui transcendaient tout autre considération. Face à cette situation, et pour essayer de sauvegarder le maximum de réserves, les experts avaient proposé une diversité de solutions : financement privé ou international des infrastructures, obligations d’Etat, amnistie fiscale partielle, finance islamique, etc., et en partie, une émission monétaire très limitée.

Partant du fait qu’on avait des taux de croissance par le passé de 5 à 6% non monétisés, il était possible de le faire à doses correspondantes aux taux de croissance passée. Quelle était l’alternative ? Face à des objectifs politiques incohérents, que pouvaient faire les économistes ?

Utiliser les surplus de la Banque centrale pourrait combler une partie des besoins, mais pas tous. Les politiciens ne seraient pas contre ; pour eux, l’essentiel était de financer leurs programmes politiques liés à l’agenda du cinquième mandat.

Quelle était l’alternative la moins mauvaise parce qu’il n’y avait pas de bonne ? L’utilisation des réserves ? L’endettement international ? On aurait pu drainer des ressources par la mise au point de produits conformes à la finance islamique. Mais la Banque d’Algérie a bloqué la mise en œuvre de circuits financiers islamiques. Face à cette situation, créer partiellement de la monnaie (accroître la base monétaire) – couplée à une augmentation des réserves obligatoires – était une mauvaise solution mais la moins mauvaise.

D’ailleurs, l’inflation demeurait sous les 10%. Le spectre brandi par certains (inflation de 1000%) ne s’est pas réalisé et n’est pas près de se réaliser. Alors, la Banque d’Algérie vient de soulever un faux problème, et on ne sait pas pourquoi. J’ai produit des calculs personnels et les ai publiés et ils montrent qu’on aura probablement avec l’émission de montants préconisés 3 à 6 points de plus par année sur quatre à cinq ans. Ce qui est en soi très mauvais mais beaucoup moins mauvais que les autres alternatives.

Si moi, avec un simple petit modèle, j’arrive à produire des prévisions (qui jusqu’à présent se sont avérées exactes), où sont les prévisions d’inflation de la Banque d’Algérie ? On parle de danger inflationniste, mais il est de combien ?

Quels taux peut-on avoir les cinq prochaines années. Normalement, avec les moyens humains, matériels et financiers, la Banque d’Algérie aurait dû avoir un simulateur économétrique qui nous donne des prévisions sur les perspectives. Au lieu de cela, on parle vaguement de risque inflationniste lorsqu’on émet de la monnaie. Le garçon de café du coin le sait. Mais il est différent s’il est de 3% ou 3000%. La Banque d’Algérie vient de donner un coup d’épée dans l’eau. La BA a de nombreuses ressources humaines super compétentes, mais son management actuel n’est pas à la hauteur des défis. 

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