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Quels remèdes efficaces pour débureaucratiser ?

15 mars 2021 à 10 h 00 min

Depuis les années soixante, on entend les hauts responsables, les chefs d’entreprise et les citoyens se plaindre de la bureaucratie. On nous promettait également qu’il y aurait une lutte acharnée contre le phénomène et que la bureaucratie serait en train de vivre ses dernières heures grâce à un nouveau plan du gouvernement. Tout le monde tire à boulet rouge sur ce système érigé en mode de gouvernance inébranlable.

Parfois, on instaure une commission qui propose des réformettes comme rendre l’extrait de naissance valable 10 ans. Nous en sommes encore là. Le développement de l’ère informatique a fait naître quelques espoirs pour mieux juguler le problème. Quelques améliorations furent faites surtout par le système judiciaire, mais pas suffisamment pour faire une grande différence dans la vie des citoyens et surtout des entreprises.

Alors on se remet à la bureaucratie pour se réformer elle-même. On l’implore pour faire des réformes qu’on n’a pas su concevoir. On entend ailleurs qu’on est presque arrivé à une administration sans papier, que de son terminal à la maison, on peut retirer presque la totalité des documents, que les systèmes sont huilés et que les citoyens et les entreprises n’auront plus cette préoccupation.

Mais lorsque vous allez vous informer auprès des responsables haut placés, on vous présente une procédure d’une telle simplicité et un accueil des plus efficaces que vous vous dites : mais il n’y a pas de problème. Notre administration est super efficace. On a mal apprécié le problème, ce serait plutôt le citoyen qui est mal informé. Mais sur terrain, la situation se complique davantage au lieu de s’améliorer. On est dans ce piège bureaucratique depuis des décennies et très peu de personnes jusqu’à l’heure actuelle ont compris le problème de fond.

Y a-t-il des solutions ?

C’est la question que tout le monde se pose. Nous devrions encourager beaucoup de nos jeunes à faire des thèses de master et de doctorat sur ce sujet. On apprécierait mieux la relation du problème avec le contexte, mais il est globalement universel. On a eu des expériences très intéressantes dans des contextes différents comme au Brésil, en Grande-Bretagne, au Botswana ou à Singapour. Partout, on a rencontré, à des degrés divers, les mêmes problématiques. Par ailleurs, une administration inefficace peut détruire une économie qui autrement serait très prospère. L’impact n’est pas minime comme le préconise certains décideurs. Oui, on aurait quelques problèmes bureaucratiques croient certains, mais ce serait le lot de la plupart des pays. Une administration inopérante peut bloquer tout le processus de développement d’un pays. Alors, l’importance et l’urgence d’une solution nous interpellent pour agir vite, avec méthode et surtout avec la perspicacité qui nous permettraient de produire des résultats tangibles.

Il ne faut surtout pas s’attendre à ce que l’administration se réforme elle-même. C’est comme si on espérait qu’un malade allait se traiter et se guérir lui-même. Il peut le faire rarement s’il est compétent et déterminé, mais cela se produit exceptionnellement. Compter sur une administration pour s’auto-réformer est un leurre. Comme est celui qui consiste à constituer une commission de plusieurs membres de départements administratifs pour déterminer les voies et les moyens de venir à bout du problème. Nous avons essayé pendant de longues périodes ces processus mais cela nous ramène toujours au point de départ : quelques améliorations insignifiantes et le gros des problèmes demeure en suspens. En prenant la difficulté par le mauvais bout, on tourne toujours en rond. A force de trainer l’obstacle, on l’a laissé se compliquer à tel point que les entreprises économiques se sont elles-mêmes bureaucratisées et nécessitent des interventions comme l’administration publique. Certes, le problème n’est pas d’une simplicité infantile, mais il est loin d’être d’une complexité inextricable. Nous avons alors trois grands outils à explorer pour solutionner cette difficulté. Nous ne pouvons que résumer les grandes pistes des solutions.

Les grandes orientations d’un plan de débureaucratisation

Il y a trois grandes orientations en matière de résolution des dysfonctionnements liés à l’excès de bureaucratisation : Les ressources humaines, les sociétés de savoir et les processus techniques. Les ressources humaines qui composent l’ensemble de la hiérarchie administrative sont sous payées, sous considérées et très peu recyclées. La plupart ne comprend pas l’interaction de ses actions sur les modes de fonctionnement économiques, sociales et psychologiques des citoyens et du pays. Leurs frustrations sont inconsciemment déversées sur les citoyens, boucs émissaires de cet engrenage sans fin. Mieux vaut avoir 30% des effectifs actuels, bien formés, bien payés, recyclés et travaillant avec des outils modernes que d’avoir une pléthore qui bloque l’économie et le pays. Le reste sera déversé dans des postes d’emplois productifs, seront aidés à créer des entreprises mais personne ne sera laissé sans ressources jusqu’à leur positionnement dans un poste de travail productif.

Nous avons besoin de sociétés de dé-bureaucratisation spécialisées en réingénierie administrative. Les experts formés vont travailler avec les fonctionnaires pour améliorer les processus, les rendre hyper transparents et efficaces. Nous devrions aider à leur création. En second lieu, les spécialistes savent comment débureaucratiser, surtout avec l’introduction de l’E-gouvernement qui tarde à se matérialiser. Les procédures sont rendues hyper transparentes. Par exemple, pour obtenir un livret foncier, le site contient tous les documents à fournir. Les citoyens les scannent, les transmettent et le processus est visible dans une dizaine de bureaux pertinents ; dès lors qu’un délai est passé sans réponse, des clignotants rouges s’allument partout, on met le doigt sur la personne ou la commission qui bloque.

Aujourd’hui, tel qu’organisée, il y a toute une chaîne de bureaux et de décisions à passer ; aucune personne ne peut régler à elle seule le problème mais tout agent, même au niveau hiérarchique le plus bas peut bloquer le processus. Les citoyens et les entreprises sont otages d’un système qui ne peut fonctionner en aucun cas. On a l’impression qu’on veut régler des problèmes complexes sans utiliser la science. Et c’est le plus gros tort du mode de fonctionnement des pays sous-développés, y compris le nôtre. Il nous faut des sociétés d’expertises spécialisées en management administratif pour mettre en place les processus simplifiés, transparents et les modalités de contrôle les plus efficaces. Tout le reste est une perte de temps.

Réunir les walis, les présidents d’APC ou les administratifs pour trouver eux-mêmes des solutions est une pure perte de temps. Ils n’ont pas trouvé de solution depuis 1962. Il faut les associer mais ne pas compter sur eux pour s’auto-changer. La solution se trouve dans l’expertise scientifique qui travaille avec les parties prenantes (administratifs, citoyens, ONG, et responsables) pour appliquer les véritables processus qui ont largement fonctionné ailleurs. Tout le reste est une pure perte de temps et de ressources.

Abdelhak Lamiri
PH. D. Insim Sup


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