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Quelles perspectives pour l’année 2021 ?

04 janvier 2021 à 10 h 10 min

Un proverbe chinois disait que la prévision est difficile car elle concerne l’avenir. Bien sûr que c’est une tautologie. Pour 2021, ceci est d’autant plus vrai que le nombre de variables liées à l’incertitude de l’économie nationale est l’un des plus élevés depuis le début de l’histoire économique du pays.

En plus des incertitudes liées aux prix pétroliers, aux variabilités des politiques économiques, nous ajoutons un autre facteur lié à la pandémie qui a paralysé notre économie. Nous n’avons pas un calendrier, ne serait-ce que très approximatif, pour pouvoir situer le début d’une reprise normale de l’activité économique du pays. Par conséquent, nous avons une des années les plus incertaines de l’histoire économique du pays. Parmi les trois paramètres intimement liés à la destinée du pays, il y en a une qu’on maîtrise très peu : les prix des hydrocarbures. Mais les politiques économiques constituent une donnée endogène. Elles peuvent être maîtrisées. La Covid-19 est en partie endogène, mais en gros elle va également dépendre de plusieurs paramètres dont certains nous échappent.

Le mal qui a terrassé la plupart des économies mondiales (Covid-19) a eu des répercussions très différenciées dans la planète. Même si l’économie mondiale chute globalement de 6% au lieu d’une croissance de 3%, différents pays et différentes régions sont touchés diversement. Curieux hasard, c’est l’Asie qui s’en tire le mieux avec une légère décroissance mais pas de dépression majeure. La Corée du Sud et la Chine auront des taux de croissance légèrement positifs pour avoir mieux maîtrisé la pandémie, même si c’est la Chine qui l’a provoquée. Nous pouvons noter que ce sont les pays qui ont le mieux discipliné leurs peuples (tests, respects des directives de port de masques, distanciation sociale, innovations en matière d’hygiène, etc.) qui récoltent le fruit du comportement collectif de leurs peuples. Ils ont su doser communication et fermeté pour obtenir des résultats très enviables. Nous pouvons nous en inspirer au moins en partie pour transposer ce qui peut l’être.

Ce que nous pouvons faire

Tout d’abord, les résultats que nous obtiendrons en 2021 vont dépendre partiellement des aléas mais surtout de notre riposte à la crise et aux politiques que nous allons adopter. Il n’est pas rare qu’un pays puisse mettre en œuvre des dispositions appropriées après un errement de longues années. Un sursaut d’espoir est toujours possible. En tous les cas, c’est ce qu’attendent les jeunes avec impatience avec le retour d’un pessimisme généralisé et le développement d’actions de désespoir telle la «harga». Ce sont ces terribles conditions socio-économiques qui risquent de s’exaspérer si rien n’est fait pour rétablir les conditions économiques normales. Certes, le revirement vers plus de financements des activités productives constitue une amélioration des politiques économiques. Ce n’est que si on a une économie productive efficiente que l’on peut financer de meilleures infrastructures et pas l’inverse, surtout pour les pays en voie de développement.

Mais ce revirement opéré depuis 2014 n’est pas suffisant. Nous notons également que la politique du cadrage budgétaire initiée en 2014 a été reprise dans le budget 2021. Il s’agit de tracer une trajectoire sur trois ans qui permet au déficit budgétaire de se réduire substantiellement durant cette période. Mais le plus surprenant demeure les projections sur le volume des réserves qui apparaissent comme difficilement crédibles. On estime que le niveau des réserves va se stabiliser pour 2022 et connaître un léger mieux en 2023. Or, nous avons là le point le plus faible de l’économie nationale. Nous devrions terminer l’année 2023 avec un niveau de réserves de 50 milliards de dollars. Tous les gouvernements qui se sont succédé ont essayé de stabiliser la balance des paiements et le niveau des réserves avec différentes méthodes pour limiter les importations sans y parvenir. Nous n’avons guère d’explications suffisamment détaillées pour nous clarifier les mécanismes opérationnels qui vont permettre à l’économie nationale de fonctionner sans un recours massif aux importations comme par le passé.

Les outils à notre disposition

Le seul outil qui puisse nous laisser le niveau de réserves aux environs de 50 milliards de dollars serait de laisser le dinar aller à sa véritable valeur. L’Etat peut alimenter un marché libre avec la somme qui va laisser le niveau des réserves intact. C’est le seul mécanisme qui garantisse un volume des réserves sécurisant. La preuve ? On a tenté des nombreuses méthodes administratives sans y parvenir. Il est intéressant d’observer des règles simples et efficaces si on veut faire des prévisions correctes à court ou à long terme. Il nous faut des repères. Le repère central d’une situation des réserves serait le volume du commerce extérieur et les prix des hydrocarbures. La meilleure manière d’influer sur les importations serait de laisser glisser le dinar. Les 5% prévus par la loi de finances 2021 seraient loin d’être suffisants pour stabiliser les réserves sur le long terme. La prévision d’un volume de réserve de 50 milliards de dollars en 2023 est trop belle pour être vraie, surtout en l’absence de mécanismes qui puissent réellement permettre un tel exploit.

La vitesse avec laquelle on va vacciner la population permettrait à l’économie de regagner ses performances habituelles ou stagner davantage. Avec chaque jour qui passe, on perd plus de 18 millions de dollars. Les perspectives pour 2021 vont dépendre de nous. Dès lors que l’on passe la vitesse supérieure et on vaccine toute la population, nous allons aller vers une situation normale telle que nous la connaissions avant. Nous allons avoir une année trompeuse avec une croissance économique entre 5 et 6%, mais c’est juste pour regagner la production perdue (ouverture d’activités diverses). Par la suite, la situation retournera à une croissance beaucoup plus faible (entre 1,5 et 2,5%). Mais si on tarde dans le processus de vaccination, nous allons avoir encore une année de croissance négative pour 2021.

La situation dépend de nous et de l’efficacité de nos services de santé et de notre appareil diplomatique. Et alors le début de reprise économique serait reporté à 2022. La véritable normalité serait 2022 car à cette étape la croissance mondiale va reprendre, les prix pétroliers seraient plus avantageux et l’économie nationale sera au moins à son niveau de 2019. Mais pour 2021, la situation va réellement dépendre de nous. On sera dans le scénario de vaccination rapide et reprise économique en 2022 ou retard de vaccination et nous aurons encore une année de grave récession.

Par Abdelhak Lamiri

PH. D. Insim Sup


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