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Quelle configuration pour la prochaine organisation de l’Etat ?

02 décembre 2019 à 8 h 57 min

Tout comme une entreprise, l’État doit être organisé tout en respectant les règles et les principes d’organisation. Ceci n’est pas une affaire facile. Nos politiciens ont de tout temps minimisé l’importance d’une bonne organisation pour mener à bien les programmes de gouvernement.

Ne parlons pas de stratégie du gouvernement, nous n’avons jamais eu une après les années 70’, tout en soulignant que celle dont on disposait à l’ère de l’industrie industrialisante était beaucoup plus une vision dont l’essentiel du contenu n’était pas approprié pour notre pays.

Mais voyons plutôt l’avenir. Nous allons essayer encore une fois de plus de redresser une situation des plus complexes pour ne pas tomber dans des situations difficiles dont on ne sait pas s’en sortir comme celle des années 90’. Nous disposons de plusieurs outils pour nous en sortir : les politiques budgétaires, monétaires, structurelles, etc. L’organisation de l’Etat en fait partie. Une bonne organisation facilite la mise en œuvre des décisions retenues. Mais à elle seule, elle ne pourrait se substituer aux autres outils dont nous disposons.

Ce serait une condition nécessaire mais pas suffisante. Mais le problème de l’organisation de l’Etat est difficile à régler pour plusieurs raisons. La première est simple à comprendre mais difficile à matérialiser : elle concerne la pluralité des alternatives. Lorsqu’on organise un Etat (ou une entreprise), il y a plusieurs bonnes manières et plusieurs mauvaises. Certaines contribuent énormément à la réussite ; d’autres mènent droit à l’échec. L’essentiel est de choisir une des bonnes formes d’organisation, celle capable de réussir et non celle qui mène droit à l’échec.

Le contexte et les principes

Nous ne pouvons dicter l’ensemble des règles d’organisation des Etats qui contribuent à produire une bonne gouvernance. Il y en a plusieurs. Certaines sont d’une importance capitale. Nous allons en expliquer deux seulement qui sont les plus pertinents à la situation actuelle de notre pays : l’appropriation du contexte et l’équilibre entre la technique et le politique. Nous sommes dans une situation où la problématique politique devient la préoccupation n° 1 de la situation présente. Sans régler l’équation politique, il serait inapproprié de parler d’efficacité économique. Dans les conditions actuelles de notre pays, un gouvernement d’union nationale serait l’alternative la plus prometteuse.

Il y a un débat sur le type de gouvernement le plus approprié pour cette période. Un gouvernement d’union nationale ou de technocrates serait le plus indiqué pour la situation que nous vivons. Mais lequel choisir ? Il est très possible d’en combiner les deux avec efficacité, nous allons en montrer comment. Un gouvernement d’union nationale ouvert à toutes les sensibilités et faisant siennes les valeurs portées par les citoyens : Etat de droit, justice indépendante, meilleure distribution des richesses, émergence économique, etc., est la forme la plus appropriée aux conditions actuelles.

Ceci serait une condition nécessaire mais non suffisante. Si la situation économique demeure instable, aucune organisation de l’Etat si rationnelle soit-elle ne peut faire fonctionner l’économie efficacement. Le premier principe serait de refléter les intérêts des parties prenantes les plus larges de la société. Et pour le moment, les franges les plus larges de la société réclament des valeurs qui se propagent de plus en plus comme étant universellement demandées.

Mais le second principe qui concerne l’équilibre entre la technique et le politique est plus compliqué à matérialiser. C’est la marginalisation ou l’ignorance de ce principe qui nous a valu de fonctionner très en deçà de nos capacités pendant de nombreuses décennies. Il y a une frontière à tracer entre les attributions politiques et les orientations techniques ou scientifiques.

La frontière entre la technique  et le politique

Avant de détailler comment architecturer la division entre les décisions techniques et politiques, essayons de mettre en garde contre un mimétisme inapproprié dans ce domaine et dans bien d’autres. On dit en économie que «peu de connaissances sont de dangereuses connaissances». Par exemple, j’ai lu et entendu beaucoup d’experts réclamer un ministère de l’Economie qui ratisse large (industrie, finance, PME/PMI), etc. Ce serait la solution toute trouvée à la cohérence qui nous manque. On nous montre que certains pays européens sont organisés comme cela. C’est vrai que cette forme d’organisation existe dans de nombreux pays développés.

Et c’est tant mieux ! Cette structuration donne des résultats lorsque les institutions ont atteint une grande maturité et lorsque la base économique a été suffisamment organisée et mûre pour fonctionner avec un niveau d’efficacité élevé : éducation, santé, administration, etc. Mais lorsqu’on a besoin de muter en profondeur la manière de fonctionner des institutions, alors ce n’est pas cette forme qui est appropriée. Afin d’opérer une réingénierie globale d’un pays qui a besoin de restructurer tous ses secteurs, nous avons besoin d’un Etat stratège qui sait intervenir.

L’Etat fixe des objectifs économiques et sociaux : émergence, meilleure distribution des ressources, meilleur équilibre régional, croissance (ex – 7% pour notre cas) et met en place des dispositifs pour contrôler l’avancée vers ces objectifs. Mais une institution composée de nos meilleurs experts et qui communique avec tous les cerveaux et les institutions du pays (genre comité de stratégie de Malaisie sous le contrôle du Premier ministre) prend en charge la planification et l’intelligence stratégique. Les ministères donnent leurs points de vue mais deviennent surtout des centres d’exécution. Ainsi, on peut avoir un gouvernement d’ouverture nationale qui s’appuie sur ce centre stratégique : au gouvernement la politique, et à cette institution la mise en place des procédés scientifiques pour réussir.

Il y aurait une belle division du travail entre le politique et la technique. Sans cela, nous allons répéter les mêmes erreurs que l’on a déjà faites depuis de nombreuses décennies. Les politiciens prenaient des décisions techniques insuffisamment guidés par quelques administratifs insuffisamment équipés (simulateurs, informations stratégiques, bases de données, etc.). Il est temps de respecter ce principe maintes fois prouvé : la concertation mais avec séparation des autorités scientifiques et politiques.

 

 

Par Abdelhak Lamiri
PH. D. en sciences de gestion


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