Programmes économiques des candidats : risques et opportunités | El Watan
toggle menu
mercredi, 22 mai, 2019
  • thumbnail of 20190522

Repères économiques

Programmes économiques des candidats : risques et opportunités

25 février 2019 à 10 h 00 min

Bientôt nous aurons une autre campagne électorale crédible pour certains et très peu pour d’autres. Nous avons besoin de plus d’éclairage par nos chercheurs en sciences politiques afin de comprendre les méandres de la politique nationale. Nous avons déjà une longue expérience des programmes économiques des différents partis et candidats à toutes les étapes des échéances électorales : communales, législatives et présidentielles.

Jusqu’à présent, dans le domaine économique, à quelques rares exceptions, nous avons les mêmes propositions, les mêmes méthodes de propositions et les mêmes approches. Il est rare de trouver des innovations dignes de partis qui peuvent prendre les rênes du pouvoir et exécuter un programme qui a des chances de faire passer notre pays du statut de pays en voie de développement à un pays émergent. La dénomination pays en voie de développement est purement une formule de politesse pour ne pas dire pays sous-développé.

Il faut tempérer quelque peu le jugement sévère que nous portons sur les programmes économiques des différentes institutions politiques. Dès lors qu’on les compare aux programmes lancés par des dirigeants de grands partis politiques des pays développés, nous retrouvons les mêmes problématiques avec une moindre ampleur.

Parfois il est difficile de séparer les décisions censées qui vont améliorer le mode de fonctionnement de l’économie et donc améliorer le pouvoir d’achat des citoyens des propositions purement populistes. On a tendance à lire ces programmes et penser que tout est facile et qu’il suffit de vouloir pour pouvoir.

Le candidat Trump a promis plus d’emplois aux Américains, surtout dans les domaines de l’exploitation du charbon et du gaz de schiste. Cela a fait basculer le vote en sa faveur dans les Etats qui disposent de ces ressources mais qui ont un taux de chômage élevé. Comme quoi le populisme n’est pas le monopole des pays en voie de développement ou des pays les plus pauvres.

Le contenu

Quand on examine les rapports de dizaines d’institutions et de personnes, on ne peut que rendre compte des analyses moyennes contenues dans les propositions. On ne peut pas rendre justice à des exceptions qui existent, mais qui sont marginales. Mais il fallait souligner cet état de fait.

Dans la plupart des programmes, on est frappé par l’immense proportion consacrée aux dépenses budgétaires et à la pauvreté des analyses qui concernent les recettes. Les économistes ont un fameux adage qui dit : «Il n’y a pas de repas gratuit, il y a toujours quelqu’un qui le paye.» Mais à lire les programmes des partis politiques, on a l’impression que la gratuité des biens et des services est un phénomène prévalent.

Il y a comme une course aux promesses qui induisent des dépenses faramineuses sans nous dire d’où vont provenir des ressources. Certes, tous les pays dans le monde ont des difficultés à discipliner les partis politiques et induire des recommandations raisonnables. Mais les proportions ne sont pas les mêmes. Promettre de payer une partie des loyers ou la totalité pour les citoyens les plus pauvres n’est pas la même chose que de donner un logement social à toute famille dans un pays en voie de développement.

Les promesses contenues dans les différents programmes sont disproportionnées par rapport aux capacités de production disponibles et aux ressources financières dont dispose le pays. Si on suivait ces rythmes de dépenses, on épuiserait totalement les réserves et les capacités d’endettement et on irait droit vers l’endettement international, le rééchelonnement et les griffes du FMI. Chose que veulent éviter et que détesteraient tous les partis et les candidats. Mais c’est pourtant ce qu’ils obtiendraient s’ils mettaient en application leurs programmes économiques.

C’est ce qu’ont fait réellement les socialistes au Venezuela. Ils ont promis des dépenses populistes à toutes les couches de la population et ont tenu parole. Sauf que le résultat est de diriger un pays vers un chaos sans précédent que vont utiliser les pays développés pour mettre la main sur les richesses extraordinaires que recèle ce pays.

Et si L’on devenait rigoureux

Le problème n° 1 un des programmes politiques demeure que les promesses dépassent largement les possibilités économiques et financières du pays. On comprend que les candidats fassent de telles promesses. La population n’est pas habituée au langage de vérité. Un candidat qui dirait que nous allons appliquer une thérapie plus rigoureuse serait vite mis hors-jeu par les votants. Mais appliquer en réalité ces promesses produirait du Venezuela en Algérie.

Nous espérons que les programmes économiques seront meilleurs cette fois-ci. Dans quel sens ? L’espoir réside dans la seule réponse à cette question : comment rendre le citoyen algérien plus productif ? C’est la seule solution à nos problèmes économiques et sociaux.

Au lieu de commencer par promettre des emplois, des logements, des améliorations du niveau de vie, la baisse du chômage et le financement de la culture, nous devons dire comment on va financer ces programmes sans ruiner nos réserves et endetter l’Etat d’une manière astronomique. La seule solution à tous nos problèmes est comment rendre le citoyen plus productif à l’usine, dans les champs, dans les administrations et dans toutes les institutions tout court.

La productivité (ce que produit chaque Algérien par année) connaît une légère chute (de 0,1 à 0,5%) par an, alors qu’en moyenne dans le monde, elle s’accroît de plus de 1%. Lorsque chaque Algérien produit moins chaque année, comment peut-il consommer plus et dépenser plus ?

De surcroît, la population s’accroît de plus d’un million de personnes chaque année. Cette question qui fâche est très peu adressée par les partis et même les institutions officielles. Parce qu’elle ne plaît pas, elle blesse, alors on la met de côté. Il est sûr que les partis et les institutions vont glisser quelques phrases sur la question en disant que nous allons améliorer la situation économique et financière du pays. Ce sera totalement insuffisant.

Lire aussi

Loading...

Related Post

S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!