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lundi, 13 juillet, 2020
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Les repères de l’amélioration

22 juin 2020 à 9 h 05 min

En ces temps de grandes incertitudes, les citoyens se mettent à guetter les moindres signes d’amélioration. Il faut dire que l’année 2020 n’est pas venue sous de meilleurs auspices.

Un début de sécheresse, la pandémie de la Covid-19 et l’effondrement des prix pétroliers ont eu raison de l’optimisme des citoyens les plus enclins à s’attendre à des améliorations substantielles. Il est des périodes comme celle-ci ou tout semble mal aller et donc affecter négativement le moral des consommateurs et des investisseurs et en fin de compte compliquer la gestion macroéconomique par les autorités. Mais on remarque que ces maux dont nous souffrons actuellement comme le reste du monde sont tout à fait conjoncturels.

Il n’y a pas de raisons de supposer que nous allons vivre avec ces restrictions et ces désagréments pour une très longue période. Quelques mois ne constituent qu’un clin d’œil dans la vie des nations, même si des développements périlleux eurent lieu durant ces périodes et la globalisation n’a pas fait qu’accroître l’interdépendance économique des nations.

Les cycles économiques sont redevenus plus corrélés que par le passé. Avant les années soixante-dix, il n’était pas habituel de constater que quelques pays connaissaient des problèmes d’inflation alors que d’autres des soucis avec l’emploi et le niveau d’activité. Sauf exceptions, à partir des années soixante-dix les pays connaissent les mêmes typologies de crises économiques. La corrélation s’est renforcée dans de nombreux domaines.

On peut le constater avec l’apparition et la propagation de la Covid-19. Aucun pays n’est épargné. Nous subissons tous à des degrés divers les déboires dont l’origine se situait aux lointains recoins de la planète. Il ne faut pas que cette situation, en dehors de notre bon vouloir, nous inhibe au point de créer un pessimisme ambiant malsain. Il faut plutôt se réconforter des nombreuses manifestations de solidarité qui eurent lieu dans notre pays, durant ces périodes difficiles.

Des prémisses à canaliser

La crise a aussi enfanté un début de sursaut dans le domaine du compter sur soi. Nous parlons d’une prise ou plutôt reprise de conscience de la trop grande dépendance du pays dans de nombreux domaines stratégiques. L’alimentation de base et les produits de santé de grande importance sont encore fabriqués ailleurs et nous subissons de plein fouet les conséquences de l’absence d’une planification stratégique au sein de notre pays.

Cette situation dure depuis plus de quatre décennies. On avait trop vite conclu que le passage à l’économie de marché nécessitait l’abandon de la planification. On avait très mal compris le mode de fonctionnement d’une économie de marché et les modes de planification stratégique à différentes étapes de l’évolution d’un pays. C’est un processus complexe et il faut une grande expérience en stratégie de développement pour le maîtriser. Mais ce n’est point le thème de nos préoccupations dans ce contexte. Il ne s’agit pas d’exiger une solution à tous ces problèmes conjoncturels tout de suite mais seulement de démarrer un processus de prise en charge qui déboucherait sur des résultats à plus long terme.

Face à ces facteurs exogènes qui polluent sérieusement le mode de fonctionnement économique du pays, nous continuons à subir les sempiternels problèmes structurels : une forte bureaucratisation, un environnement financier peu propice au développement, un système éducatif et universitaire peu compétitifs etc. Les deux types de problèmes se sont superposés. Alors, il faudrait s’attaquer de front aux deux types de problématiques économiques qui prédominent dans le cas de la situation actuelle.

Ce n’est pas facile. Mais bien sûr les citoyens dans le monde entier ont appris à exiger l’impossible des états en un temps record. En revanche beaucoup d’institutions montrent de plus en plus des signes de dépassement face à l’ampleur des multiples et complexes défis qui les assiègent. Pour notre cas, nous avons marginalisé les problèmes de pollution et de réchauffement climatique, à juste titre puisque nous sommes un acteur mineur dans l’équation environnementale. Tout de même les défis qui restent sont d’une superbe complexité.

Simplifier la riposte

Face à tous ces problèmes superposés, il n’est pas question de revendiquer des résultats rapides pour tous les problèmes et sur tous les fronts. Nous avons l’économie, la santé, l’éducation et l’ensemble des secteurs qui restent à redresser. Le passif est lourd et nécessité de multiples décisions dans presque tous les secteurs. Cependant, nous avons besoin de savoir si on va vers la bonne direction. Il nous faut des repères pour plusieurs raisons. L’une des plus importantes a trait au processus managérial.

On a besoin d’indicateurs pour mieux orienter les politiques économiques et préciser les changements à opérer dans le mode de fonctionnement des entreprises et des institutions publiques pour y parvenir. Certes, dans une première phase on peut se contenter d’orientations générales pour inspirer les conceptions des politiques sectorielles. Comprenons par-là que nous avons deux niveaux de coordination des politiques publiques. Le premier recèle le niveau politique qui fournit les grandes orientations du genre : nous devons atteindre l’autonomie alimentaire dans les deux ou trois produits stratégiques de notre pays. Mais par la suite, ces orientations politiques doivent être traduites en objectifs détaillés à atteindre par wilaya, daïra, entreprise et le reste. C’est à ce niveau là qu’on est encore en situation d’attente.

Par ailleurs, ces repères nous permettraient de rectifier à temps et très rapidement les déviations des performances attendues. Et mieux encore, rémunérer et pénaliser en fonction de la réalisation de ces performances. Ici on ne demande que la base, le minimum requis. Nous ne sommes pas au niveau des systèmes de gestion plus performants comme l’usage du NPA (New Public Administration). Ces méthodes peuvent faire leur apparition par la suite au moment approprié. Dès lors qu’on a ces repères, ces buts attendus et des engagements à réaliser, ces performances par des personnes et des institutions nous avons tout juste commencé à aller petit à petit dans la bonne direction. Mais la route est encore très longue pour atteindre un niveau de performance moyen.

Il faut comprendre que notre économie fonctionne à un niveau sous optimal depuis de nombreuses années. Nous n’avons qu’à examiner les statistiques sur les taux d’utilisation des capacités. Il nous faudra plusieurs années de correction pour arriver à un fonctionnement normal, moyen dira-t-on ! Quant à atteindre l’émergence, le chemin est encore trop long. Pour le moment la complexité de la situation fait qu’on ne peut pas exiger des résultats tout de suite. Mais il est nécessaire de mettre en place la bonne méthode tout de suite.

Par  Abdelhak Lamiri

PH. D. en sciences de gestion



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