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Repères économiques

La révolution invisible : le durable détrône le fossile en termes de coûts de revient

01 février 2021 à 10 h 27 min

Il y a des développements économiques et sociaux qui passent souvent inaperçus mais qui augurent de révolutions futures. C’est pour cela que les Etats modernes doivent disposer d’une cellule d’intelligence économique pour évaluer les conséquences des développements internationaux sur le devenir de nos sociétés.

Par exemple, les technologies quantiques (surtout ordinateurs) et la chimie synthétique organique vont multiplier le gap technologique entre les pays qui vont investir dans ces secteurs et ceux qui évaluent mal leur portée stratégique.

Parmi ces révolutions invisibles futures figure la chute brutale des coûts électriques produits par le renouvelable (surtout solaire et éolien).Tout laisse à croire que cette tendance va continuer, et ceux qui auront le moins investi dans ces domaines vont en payer la facture, surtout les pays exportateurs d’énergie fossile.

Il se trouve que nous n’avons pas progressé autant que nécessaire dans le maillage d’une industrie du renouvelable afin de réduire l’industrie fossile dans notre mix énergétique, surtout que la demande intérieure augmente très rapidement.

C’est un développement qui augure d’énormes opportunités comme il est porteur de menaces très sérieuses pour notre pays en tant que producteur et exportateur d’énergie fossile. La demande est elle aussi en train de se transformer rapidement en un atout solide pour le renouvelable.

La plupart des consommateurs internationaux interrogés dans de nombreuses études déclarent qu’ils préfèrent les voitures électriques non pas pour réduire leurs dépenses mais surtout pour participer aux efforts de réduction de la pollution et au rétablissement des écosystèmes mondiaux affectés par les activités humaines.

L’évolution par les Chiffres

La reconfiguration totale du paysage énergétique est en train de passer la vitesse supérieure sous nos yeux et on a tiré très peu de leçons pour profiter des opportunités et éviter les menaces. Il y a beaucoup de mutations qui, en l’absence de ripostes de notre part, nous seront fatales. Les investissements dans les énergies renouvelables dans le monde sont en forte expansion et la croissance va s’accélérer les prochaines années.

Le développement en Europe de ce genre d’investissements (solaire et éolien) a été de plus de 39%, trois fois supérieur à la croissance des investissements en énergie fossile. En 1918, le total mondial des investissements a dépassé 288 milliards de dollars. Et dans le futur, ce chiffre est appelé à se démultiplier pour des raisons très simples.

On est rentré dans une phase où l’électricité produite par l’énergie renouvelable est déjà inférieure à celle utilisant l’énergie fossile. Et le futur est encore plus favorable à ces énergies non polluantes. En effet, il existe des économies d’échelles très importantes dans ce secteur. L’effet de taille est en train de devenir de plus en plus favorable.

D’après l’IRENA (International Renewable Energie Agency), l’agence internationale des énergies renouvelables, le coût d’un kilowattheure du renouvelable se situerait entre 0,03 et 0,1 dollar dépendant de la technologie et des conditions existantes. Les coûts en énergie fossile se situent entre 0,05 et 0,07 dollar.

Les derniers projets sont les plus efficients pour le renouvelable. Ils atteignent 0,03 dollar par kilowattheure pour le renouvelable et les coûts vont encore baisser avec la taille des projets qui ne manquera d’être de plus en plus ample. Il se passera ce qui est postulé par l’analyse économique et les expériences que l’on a dans tous les secteurs d’activité.

Les investissements qui d’habitude irriguent les industries fossiles vont booster le renouvelable, améliorer sa rentabilité, développer ses infrastructures et pousser petit à petit l’industrie fossile à être abandonnée par les pays les plus industrialisés de la planète et donc s’éteindre progressivement sur plusieurs décennies. Nous en sommes avertis. Il nous faut digérer tout cela et revoir nos politiques de mix énergétique.

Repenser nos stratégies

Depuis 2010, le coût de l’électricité solaire a baissé de 73% et la tendance continue. La même chose se produit avec les autres types d’énergies renouvelables mais avec moins d’intensité.

Ce mouvement est appuyé par des actions des consommateurs au niveau mondial sans précédent. Toutes les études montrent que la vaste majorité des consommateurs a intégré dans ses attentes et ses décisions d’achat la dimension protection de l’environnement.

Plus de la moitié des consommateurs font l’effort de payer un produit ou un service plus cher mais qui respecte les dispositions environnementales. Autrement dit, un produit fabriqué à l’aide de l’énergie solaire se vend beaucoup mieux qu’un produit qui utilise l’énergie fossile.

Même s’il est plus cher un produit «green» a plus de valeur pour le client qu’un produit classique même si le rapport qualité/prix est favorable pour le second. Maintenant, avec la baisse relative des coûts de production du renouvelable, une révolution est en train de se réaliser au niveau des marchés.

Certes, on sait que nos responsables sont au courant de ces développements autrement très dangereux en situation d’inertie. Mais c’est notre paradigme qui a tendance à ne pas évoluer.

Beaucoup de pays sont en train de tirer profit de cette situation (Mexique, Maroc etc.) alors que nous sommes en position de force en termes naturels pour faire un revirement de notre mix énergétique qui nous fera gagner la bataille de la compétitivité. Dans un monde qui bouge rapidement, il n’y a pas de place pour ceux qui hésitent.

Les stratégies d’entreprises nous ont appris que le timing est aussi important que la pertinence de la décision. Beaucoup d’entreprises ont fait faillite parce qu’elles avaient pris les bonnes décisions mais trop tard. Jappy, RCA, AMC ont toutes été rachetées suite à des décisions qui viennent très en retard.

Certes, un pays ne peut pas faire faillite comme une entreprise, il se conserve toujours sous une forme ou une autre. Mais il régresse en termes de niveau de vie, et en fin de compte, ce sont les citoyens qui n’ont rien décidé qui en payent le prix.

Il est important que nos experts en énergie, et nous en avons beaucoup et de qualité, se réunissent et nous proposent une stratégie d’un mix énergétique qui nous sortira de cette impasse.

La dimension timing est d’une importance capitale. Il y a lieu d’intégrer cela dans une stratégie d’ensemble. Ça commence à être trop tard car dans le renouvelable, la dimension taille est importante, vu l’existence d’économies d’échelles, d’où l’importance de tirer profit mais à condition d’être parmi les premiers.


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