La marge d’amélioration de l’économie nationale | El Watan
toggle menu
samedi, 18 septembre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021



La marge d’amélioration de l’économie nationale

10 mai 2021 à 10 h 00 min

Il y a deux types de réformes que l’on peut mener au niveau d’une économie : structurelles et conjoncturelles. Mais le niveau d’efficacité d’une économie dépend de la combinaison des deux en plus du niveau d’efficacité dans la conduite de ces réformes.

Par exemple, la croissance économique en Algérie peut osciller entre -10 et + 12% voire plus en fonction des types de politiques économiques mises en œuvre et des contextes national et international. En effet, il serait intéressant d’évaluer les marges d’amélioration du système économique national en fonction des différentes approches que l’on peut avoir vis-à-vis des types de réformes à mener. Une économie est comme un avion : on peut le mener d’un point A à un point B par des séries de décisions de pilotage que l’on conçoit pour respecter un plan de vol (feuille de route) et arriver à destination.

Les performances économiques ne sont jamais le fruit d’un hasard. La chance joue un rôle mineur dans l’évolution des nations. Ce sont les choix des femmes et des hommes et surtout ceux aux commandes d’un pays qui forgent l’avenir. Les ressources naturelles jouent également un rôle très modéré dans les réussites ou les échecs des nations. Je donne toujours l’exemple de l’Algérie et la Corée du Sud. En 1965, l’économie algérienne produisait plus que celle de la Corée du Sud.

En 2019, la Corée du sud, un des pays les plus pauvres de la planète en ressources naturelles, produit neuf fois plus que l’Algérie, un des pays les plus riches en ressources naturelles de la planète. Il y a donc à travers ces exemples une primauté des décisions humaines sur la chance ou sur les ressources naturelles.

Politiques structurelles et conjoncturelles

Les politiques conjoncturelles sont celles que l’on peut mener à court terme pour régler des problèmes simples qui ne nécessitent pas de modifier l’ensemble des fondamentaux de l’économie. Lorsqu’on a un problème de chômage, l’Etat peut baisser les taux d’intérêts pour booster les investissements, créer plus de crédits dans le système bancaire, inciter les entreprises à embaucher etc., lorsque la hausse des prix s’accélère, l’Etat peut réduire par différents moyens la masse monétaire en circulation. Le budget peut être utilisé pour créer plus de pouvoir d’achat ou le réduire lorsqu’il est approprié de faire ceci.

Les politiques conjoncturelles peuvent créer des incitations qui induisent une meilleure utilisation du capital humain et matériel existant. On a donc une certaine marge de manœuvre que l’on peut utiliser pour améliorer les performances économiques. Par exemple, le fait que le budget national connaît des déficits depuis de nombreuses années, nous a évité plus de récessions et donc plus de chômage. Mais le fait que le gros du budget est allé vers les transferts sociaux, souvent pour les mauvaises cibles, nous a privé d’une plus forte croissance économique.

Les politiques structurelles sont celles qui mutent en profondeur l’économie du pays. Elles créent des améliorations des performances d’une manière durable. Mais elles nécessitent de lourds investissements et une ingénierie des réformes très exigeantes. Très peu de pays savent comment mener à bien des réformes structurelles profondes d’une manière efficace.

Il s’agit, par exemple, de créer un système éducatif performant, une administration de classe mondiale, de mettre les qualifications humaines aux standards internationaux et de proposer un management des entreprises à un niveau très compétitif au sein des concerts des nations. Beaucoup de pays se contentent surtout d’orienter leurs efforts pour mener à bien des politiques conjoncturelles. Très souvent, on néglige les politiques structurelles alors qu’elles constituent les fondamentaux sur lesquelles on bâtit une nation prospère et capable de relever les défis de la mondialisation.

Opportunités d’amélioration

On voit bien que c’est beaucoup plus compliqué de mener à bien des politiques structurelles que les politiques conjoncturelles. Ces dernières peuvent être menées par des économistes. On apprend dans nos facultés d’économie à nos candidats comment manipuler les instruments disponibles (taux d’intérêts, taux de réserves légales et le reste).

Mais les politiques structurelles doivent toujours relever de plusieurs disciplines (management, sociologie, psychologie etc.). La plus grande erreur des pays en voie de développement est de copier le dosage des politiques structurelles et conjoncturelles des pays développés. Ces derniers ont beaucoup plus besoin de parfaire les secondes que les premières, car ils sont arrivés à architecturer d’une manière satisfaisante leurs institutions.

Les pays en voie de développement sont dans une situation où ils doivent fondamentalement muter les modes de fonctionnement des institutions. Ils ont besoin de plus de politiques structurelles que conjoncturelles. Pour cela, dans le contexte de notre pays, les politiques conjoncturelles peuvent permettre à l’Algérie au maximum d’atteindre une croissance annuelle moyenne entre 0 et 4% d’une manière trop globale et approximative. Alors que les réformes structurelles peuvent nous emmener à 12% ou plus et donc rejoindre progressivement le groupe des pays émergents. Mais pour le moment, nous sommes dans une situation où les politiques structurelles sont encore trop passives.

L’équilibre entre les deux types de politiques n’est pas facile à architecturer. Mais d’ores et déjà, on peut constater une anomalie que beaucoup de décideurs font. Dès qu’il y a un problème de politique de développement, on fait appel souvent exclusivement à un économiste. Or, lorsque le problème est structurel – par exemple booster l’agriculture – nous aurions surtout besoin d’élargir la sphère des compétences à des personnes concernées. Il nous faut une équipe pluridisciplinaire.

Les ingénieurs agronomes, les psychologues, les sociologues seront d’un apport considérable pour produire une bonne décision. Autant les politiques conjoncturelles relèvent surtout du domaine économique autant les politiques structurelles nécessitent des approches pluridisciplinaires. Ceci serait une première règle à respecter dans le processus de conception des politiques structurelles et conjoncturelles. La seconde est qu’à l’étape de notre développement économique actuel, nous devons faire beaucoup plus de structurel. Nous avons une économie qui manque de cohérence dans son harmonisation sectorielle.

Tous les pays en voie de développement connaissent ces lacunes. Par conséquent, nous devons orienter nos ressources vers plus d’organisation de l’économie dans son ensemble. Il y a une règle à rappeler : les politiques conjoncturelles ne produisent des résultats que si la structure économique est viable.

Abdelhak Lamiri


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!