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samedi, 30 mai, 2020
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Économies en devenir

11 mai 2020 à 9 h 00 min

Le futur économique et social d’une nation est en grande partie plébiscité par les multitudes de choix que font les citoyens et les décideurs actuels. Au niveau mondial si les multitudes de choix présents, individuel et collectifs, privilégient l’allocation de ressources vers les biens et les services durables, utiles et non polluants alors nous aurons dans quelques décennies des nations apaisées, des écosystèmes mieux protégés et des perspectives très prometteuses.

Les secteurs agricoles, industriels et de services seraient respectueux du potentiel de la biosphère et les activités durables développées. L’avenir ne ferait donc plus peur à nos jeunes, nos scientifiques et à tous ceux qui activent actuellement pour un revirement rapide et salutaire des politiques économiques rénovées. La dynamique du devenir des nations ne nous ferait plus peur. Nous aurions mis sur rail les formations économiques et sociales qui composent le monde actuel.

Mais il y a la deuxième alternative qui inspire des inquiétudes. C’est de continuer sur le modèle actuel : prendre des engagements insuffisants et ne réaliser qu’une infime proportion de ces promesses. C’est aussi faire semblant d’agir mais de faire trop peu trop tard. Les urgences du moment prennent le pas sur les problématiques du futur. Les calendriers politiques sont plus pressants que les impérieuses nécessités de l’avenir. En fait, nous sommes dans ce scénario depuis de longues années. On a toujours craint de pareils évènements. Pour le moment le monde fonctionne en mode priorité politique. Nous avons partiellement cru en une lueur d’espoir durant l’épisode de la COP 21 à Paris. Mais la nouvelle droite a réussi à reconquérir rapidement des pays continents comme les USA et le Brésil : piliers dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les données des dernières années ne sont pas encourageantes du tout.

Le devenir c’est quoi ?

Alors lorsque les problèmes vitaux du long terme sont occultés et sacrifié sur l’autel du bonheur d’accumuler toujours plus à court terme, quels devenirs nous attendent ? Bien sur que personne ne peut se targuer de le savoir avec certitude. Les catastrophes contemporaines deviennent de plus en plus imprévisibles. La crise des Subprimes a échappé aux modèles économétriques les plus sophistiqués et le Covid-19 à toutes les institutions supposées l’empêcher de se diffuser. On ne peut envisager qu’une continuité. Les ruptures imprévisibles sont complexes à déterminer. Si on se base sur une continuité normale alors il y aurait beaucoup à craindre. Nous allons continuer à orienter le gros des ressources vers des destinations qui apportent très peu aux citoyens : les futurs missiles supersoniques, les drones de plus en plus sophistiqués, la modernisation de tous les arsenaux militaires, la spéculation financière, les gadgets de tous genres pour les plus fortunés toujours plus enrichis par des politiques publiques complaisantes. Alors qu’une faible proportion de ces ressources aurait permis d’amorcer un renouveau extraordinaire personne ne semble s’attaquer directement et résolument à ces dangers planétaires.

On a été laxiste avec le Covid-19. On a payé un lourd tribut. Ses conséquences n’ont pas fini de terrasser des économies entières et surtout des vies humaines. Nous n’avons pas encore évalué toutes les séquelles de cette pandémie et non plus tiré des leçons de ce malheur. Il y a des audits à faire en matière d’organisation des institutions mondiales et nationales, sur les orientations des ressources, les stratégies et les priorités nationales et internationales et autres. Cela pourrait améliorer nos modes de fonctionnement face aux futures catastrophes. Ce qui nous attendrait dés lors que les problèmes environnementaux demeurent gérés comme actuellement serait des milliers de fois plus dévastateur que le Covid-19. Actuellement, l’organisation mondiale et les politiques nationales sont telles que n’importe qui peut blâmer tous les autres acteurs sauf lui-même. Le désastre c’est mes prochains semblent dire la vaste majorité de nos politiciens.

Mais le résultat serait le même : un cataclysme pour tous et ne cacophonie incroyablement inextricable sur les responsabilités. Alors ce premier scénario serait une orientation massive des ressources vers les industries de la destruction, des secteurs peu utiles mais prisés par les privilégiés du système mondial: yachts, jets privés, industries du luxe et gadgets à obsolescence rapide pour les masses. De maigres ressources iront créer quelques activités dans le domaine sanitaire et environnemental. Ces projets seront si commentées et mis au devant de la scène médiatique que de nombreux citoyens comment à prendre espoir. Mais face aux besoins réels d’une telle révolution, ces activités ne seraient qu’une goûte d’eau dans un océan. Nous pouvons tirer encore quelques décennies de croissance sur ce style que nous connaissons déjà. Mais le prix à payer serait si lourd que les générations futures vont nous maudire.

Des politiques économiques rénovées, est-ce possible ?

Le premier scénario serait donc le fameux Business as Usual tout en faisant semblant d’agir vigoureusement. Pour la classe politique, il ne s’agit pas de faire semblant. Ils considèrent qu’ils ne peuvent pas faire plus. La raison en est simple. Le citoyen moyen est prisonnier de son être, de ses désirs et ses souhaits. Il veut toujours plus de biens matériels qu’il confond très souvent avec un meilleur bien être. La société d’abondance l’a éduqué ainsi. Dès lors qu’un politicien prône la sobriété, la pondération et la priorisation d’autres considérations afin de faire face d’abord aux menaces contemporaines il est vite exclu par les votes des citoyens rivés sur le montant de ressources promises par les différents candidats. Mais on espère et on souhaite que les problèmes d’environnement se corrigent.

On admire les militants de la cause. On souhaite qu’ils réussissent mais on vote contre eux. Il y a aussi le fait que le mouvement n’a pas de doctrine arrêtée, de stratégie partagée et d’organisation à la hauteur des défis. C’est ce qui permet au Business as Usual de s’enraciner décennie après décennie. Le scénario d’un monde avec nations puissamment liées pour faire face aux défis futurs verra le jour avec une doctrine, une organisation et un management plus innovant par les mouvements du changement. Nous aurons alors des immenses ressources canalisées vers la recherche et le développent de multiples activités pérennes compatibles avec le développement durable. Une meilleure répartition des revenus ira réduire le superflu, le non recyclable et tout ce qui est incompatible avec un développement durable.

Les économies mondiales sont en devenir. Mais en devenir vers quoi ? Le Business as Usual et donc probablement leur autodestruction ? Ou vers un sursaut salutaire mais qui nécessite une révision profonde des doctrines et des pratiques des militants du changement ?

Par : Abdelhak Lamiri

PH. D. en sciences de gestion



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