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Economie : Faut-il avoir peur de la transition démocratique ?

15 avril 2019 à 9 h 00 min

De nombreux citoyens et décideurs se demandent ce qui va se passer sur le plan économique, au vu des événements que vit notre pays. Cette préoccupation est d’autant plus légitime que nous pouvons vivre ces bouleversements de nombreux mois encore. Il s’agit bel et bien d’une deuxième révolution que nous sommes en train de vivre.

Mais cette fois-ci, pour le moment, elle se déroule d’une manière pacifique. Les citoyens semblent croire que le dénouement se réalisera dans quelques semaines. Or, l’expérience nous apprend que cela peut durer plusieurs mois. Il faut donc que la communication oriente les anticipations en ce sens. L’atteinte des objectifs nobles d’une telle révolution ne peut se faire rapidement.

La réalité du terrain est en train de nous l’apprendre de fort belle manière. Il est important que les gens soient mobilisés pour une longue période au lieu de croire que c’est facile et une question de jours. Il est clair que tout va se jouer au niveau politique. Tout l’avenir du pays va se dérouler au niveau de la scène politique.

La difficulté est d’autant plus grande que la justice est en train d’enquêter sur des dossiers brûlants avant que la révolution ne triomphe et soit définitivement assise sur des bases solides. Ce qui est un cas rare d’évolution de la sociologie politique d’un pays. Mais laissons les dimensions politiques aux politologues et voyons ce que pourrait nous réserver la scène économique qui fascine de nombreux citoyens.

Il semble que l’Algérien moyen a une peur bleue de l’avènement de graves problèmes économiques, dès lors que les événements continueront de se bousculer et à se dérouler sur une longue période. Nous n’en voulons pas aux gens non au fait des réalités économiques. Mais nous sommes surpris que de nombreux experts noircissent la situation au-delà de ce qui est nécessaire. Nous allons expliciter ces dimensions.

Ce qu’il faut éviter de faire

Une révolution d’une telle ampleur ne peut pas ne pas avoir quelques conséquences néfastes sur l’économie nationale. Il est connu que l’investissement est très sensible à la confiance et va certainement marquer le pas. Les intentions d’investissement des partenaires étrangers vont être dissuadées au fur et à mesure que le mouvement durera. Les entreprises internationales qui envisageaient la destination Algérie vont être en stand-by ou carrément aller voir ailleurs.

Même les entreprises installées dans notre pays, aussi bien que les producteurs nationaux, vont différer leurs dépenses d’investissement et donc affecter l’activité économique. Par ailleurs, initier des grèves dans des secteurs sensibles va causer des dégâts au pays et à ses citoyens les plus pauvres et toucher très peu les personnes qu’on vise à déstabiliser.

Petit à petit, une partie de la population va progressivement considérer que ces mouvements sont irresponsables, menés par des personnes qui vont mettre à genoux le pays et sa population la plus vulnérable au lieu de s’attaquer aux privilèges mal acquis. Cette équation ne devra jamais être perdue de vue. Tout comme la violence est à bannir sous n’importe quel prétexte, les grèves qui affectent le secteur productif sont à éviter, car cela ruinerait inutilement l’économie et produirait des résultats contraires aux attentes.

Nous allons recommander des solutions plus productives et plus salutaires pour tous. Une deuxième idée fortement exagérée demeure le fait que l’absence de responsables à de très haut niveau, en cas de vacation de pouvoir, va mettre à genoux l’économie algérienne. Nous avons vu comment fonctionnent les institutions en Algérie.

L’essentiel du travail et de la valeur ajoutée provient du personnel au plus bas niveau de la hiérarchie. Aussi bien pour les missions techniques que de simples productions de biens et de service, l’essentiel est réalisé par le personnel en bas de la hiérarchie. Dans les ministères, les wilaya, les grandes institutions administratives et le reste, les directions, les sous-directions et surtout les sous-départements en bas de l’échelle font le travail le plus important. En haut, souvent les ordres donnés ou les visions préconisées produisent plus de mal que de bien aux institutions et aux citoyens.

Ce qu’il faut faire

Durant la transition économique, il faut avoir très peu peur de l’absence de dirigeants politiques qui produisent plus de mal que de bien au pays et aux citoyens. C’est la culture politique de la plupart des pays sous-développés et notre pays n’y échappe pas. A peine faut-il concevoir au début de chaque année une loi de finances qui est d’ailleurs produite par les instances hiérarchiques des ministères qui sont toujours là.

Lorsqu’on a un pays superbement bien géré et correctement organisé, l’absence de hauts dirigeants qui avaient construit une vision et des processus efficients, le pays en souffrirait. Mais lorsqu’on a un Etat chaotique, avec une désorganisation étouffante, l’absence de ces dirigeants serait un moindre mal. D’ailleurs, dans ces pays, chaque personne a une stratégie et une vision différentes de son prédécesseur et tout change lorsqu’on change de personne.

Les instances internationales prévoient une perte de 1% de croissance maximale pour 2019 si la situation perdure. Je pense que c’est un plafond ; on peut même être en dessous de 1% et alors notre croissance serait de plus de 2% (si on ne joue pas avec les chiffres). Elle est insuffisante, mais considérant la situation, elle ne serait pas catastrophique. On a des peurs exagérées sur l’avenir économique de notre pays.

Nous allons avoir quelques difficultés supportables à moins que les grèves ne s’accentuent et ne touchent des secteurs très sensibles. Arrêter la production pétrolière serait un crime, car redémarrer la production de puits à l’arrêt prendrait plusieurs mois selon les experts. Alors, la révolution qui a innové jusqu’à maintenant doit plus que jamais continuer à étonner le monde avec ses accomplissements. Détruire l’économie ferait le jeu de la contre-
révolution.

Alors innovons : les grèves doivent se dérouler selon un processus révolutionnaire. Les grévistes vont porter deux brassards : un dit «En grève» et l’autre : «Nous sommes avec le peuple». Et ils vont travailler plus et produire plus, à l’asiatique. L’économie alors probablement subira très peu de dégâts. Le peuple verra que la révolution est responsable, digne de concevoir le devenir du pays.

En conclusion, les dégâts économiques seront très supportables dès lors que les grèves vont épargner les secteurs sensibles et seront conduites avec des attitudes responsables. On ne peut qu’espérer un tel comportement qui ne portera pas préjudice à l’économie nationale mais qui, au contraire, allégera les souffrances du peuple. 


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