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Repères économiques

Créer un développement décentralisé

25 janvier 2021 à 10 h 00 min

Nous avons tous les yeux rivés sur le gouvernement central pour nous régler les problèmes au niveau de tout le territoire national. A chaque discussion d’une loi de finances ou des programmes sectoriels divers, on essaye de décrypter le maximum d’informations sur les thèmes qui intéressent la population.

On espère trouver les projets régionaux et locaux qui vont contribuer à alléger le problème du chômage, s’informer sur les autorisations de dépenses de logements, la construction de nouvelles écoles etc. ; nous espérons que le salut de tout un chacun vient d’en haut, des plus hautes instances de décisions de ce pays.

En bas des échelons publics, il s’agit surtout de voir comment se préparer pour accueillir ces dépenses et en tirer profit localement. Ce modèle fortement centralisé a été si puissamment incrusté dans les esprits, surtout durant les années 70’, que l’on ne pense même pas développer un autre paradigme.

L’entreprise privée (qui produit maintenant plus de 90% du PIB marchand hors hydrocarbures) est rarement vue comme le salut ultime de nos problèmes locaux, régionaux et nationaux.

Elle est très peu aidée. Elle est même stigmatisée. Dans la conscience des décideurs locaux, la grande délivrance ne peut provenir que des décisions publiques qui vont allouer des ressources aux autorités locales et régionales pour alléger les problèmes économiques et sociaux dont ils souffrent.

On ne peut se départir d’un tel paradigme. Il faut dire que les réformes nationales qui visent à décentraliser l’activité économique se font si lentement qu’on perçoit qu’en haut lieu tout comme aux niveaux hiérarchiques les plus bas on n’y croit pas avec vigueur. Alors, on continue à scruter l’horizon et attendre que les problèmes économiques décentralisés soient résolus à des niveaux très élevés de la hiérarchie.

Le paradigme du développement a changé

Partout dans le monde, l’Etat central joue un rôle économique déterminant par les différentes dépenses sectorielles qu’il consent. Nul ne remet en cause le rôle moteur de l’Etat dans le processus de développement. De par leurs tailles qui varient de 30 à 70% des PIB, les différents Etats impulsent les processus de modernisation, de Recherche et Développement, de multiplication des infrastructures et de fourniture des services de base de qualité.

Ne serait-ce que par le nombre de ses employés, l’Etat crée une demande locale et nationale très importante. Mais ce sont les entreprises publiques et privées qui fournissent à l’Etat les ressources dont il a besoin pour développer une économie.

Les décideurs locaux et régionaux doivent savoir qu’en dehors de Sonatrach, 90% des ressources de l’Etat proviennent du secteur économique privé. Souvent, on rétorque que c’est l’IRG sur salaires qui finance le plus l’économie en dehors des hydrocarbures. Mais d’où proviennent ces salaires et cette IRG qui est payée ?

Nous ne pouvons pas développer outre mesure les flux financiers du système fiscal. Mais surtout attirer l’essentiel de notre focalisation sur le développement local.

Les systèmes mondiaux montrent qu’il y a eu une transformation profonde des structures des fonctions des entités régionales et locales. Partout dans le monde, on responsabilise grandement les régions et les communes sur leur développement et en grande partie la résolution de leurs problèmes locaux.

Aux Etats-Unis, en Chine, en France ou en Malaisie, les régions et les communes conçoivent et réalisent des plans de développement régionaux et locaux.

C’est à travers de nombreuses institutions et mécanismes que l’on arrive à créer une activité locale qui crée l’emploi, la richesse et les capacités de résolution de problèmes sociaux (comme le logement) aux plus bas échelons de la hiérarchie.

Dans la plupart des économies mondiales se sont installées des complémentarités économiques et sociales très intéressantes entre les instances nationales et les structures régionales et locales.

Des conditions à mettre en œuvre d’abord

Avant de mettre en œuvre une politique de développement équilibré, il faudrait d’abord satisfaire un certain nombre de conditions. Sinon, nous allons mobiliser des ressources qui vont induire peu de résultats. Et les conditions sont nombreuses.

La première a trait aux qualifications humaines. Nos universités et business schools doivent être capables de former des spécialistes en développement local qui savent identifier les ressources, le potentiel et susciter les créations d’entreprises pour les valoriser.

Les entreprises créées peuvent appartenir aux privés ou aux communes ou régions (wilaya). Nous devons avoir au moins une cellule de développement local par APC, daïra et wilaya.

Ces entités doivent avoir l’autorité qu’il faut pour mener à bien leurs tâches. En second lieu, il nous faut créer l’écosystème des sociétés de savoirs que l’on va utiliser pour parfaire les plans décentralisés et faire réussir ces entreprises locales et régionales ainsi que les programmes sociaux (logements, éducation, santé etc.).

Les sociétés de savoir créées doivent être spécialisées en finance d’entreprises locales, stratégies, marketing, redressement, qualité, développement humain etc., ainsi des APC peuvent se mettre ensemble et créer des entreprises pour exploiter des ressources communes. Mais nous aurons besoin aussi d’institutions pour accompagner ce mouvement de décentralisation comme les banques de développement local et régional.

L’Etat central devient animateur du processus. Par ses capacités d’audit et d’appui, il peut réorienter et améliorer le mode de fonctionnement.

Il peut donner des orientations sur les priorités nationales afin que le développement local s’y intègre. Par son vecteur de taxes et ses prises de participations, il peut orienter une grande partie des ressources vers les activités plus utiles au pays pour réduire la facture des importations.

Tout en étant un acteur essentiel, l’Etat va lâcher un processus qui va induire la création de millions de micro-entreprises et de PME/PMI qui vont révolutionner le mode de fonctionnement de l’économie si on mène le processus correctement.

Autrement, on continuera de parler de développement local mais agir surtout national et les citoyens continueront d’avoir les yeux rivés sur l’Etat central.

La tentation est grande de créer cette configuration de développement local sans créer d’abord les industries du savoir nécessaires et sans disposer de compétences appropriées aux niveaux local et régional.

On peut créer des milliers d’entreprises locales qui prendront la direction de la faillite, comme ce fut le cas par le passé des entreprises locales publiques. L’écosystème de la réussite nécessite les industries de la connaissance et des ressources humaines super qualifiées pour gagner son pari.


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