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mardi, 11 mai, 2021
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Cartographie des risques du pays, lequel est majeur ?

03 mai 2021 à 10 h 00 min

La gestion des risques a toujours fait partie du risque management lié aux activités des entreprises et des institutions à but non lucratif. Souvent, pour les pays on parle de prévention et de gestion des risques majeurs. Il y a une sémantique malencontreuse dans cette appellation, car la prévention fait partie inhérente de la gestion.

Gérer, c’est prévoir, dit le fameux principe managérial énoncé au début du XXe siècle par le Français Henri Fayol. Et la prévention en est une facette importante. Lorsque les instances internationales évaluent les risques pays, ce sont souvent les risques politiques et économiques qui sont considérés. Ceci est tout à fait normal, car le but de l’exercice serait de protéger leurs intérêts économiques, surtout les investissements de leurs entreprises. Les Etats évaluent les risques des pays en vue de garantir les paiements dus par ces nations à leurs entreprises qui seraient indemnisées en cas de problème majeur.

Nous faisons surtout les analyses à peu près de la même configuration. Notre cartographie des risques est surtout à forte connotation économique : que va-t-il se passer pour nos réserves de change, nos exportations, le taux de chômage, l’inflation et le reste.

Ce sont des analyses extrêmement utiles et susceptibles d’apporter d’énormes éléments de corrections qui vont induire de nouvelles opportunités et de nouvelles affaires pour les entreprises apprenantes. Les spécialistes en sciences politiques sont également interpellés pour situer nos risques politiques. Que risquons-nous comme scénario dans le futur en fonction des développements récents ? Les contributions dans ce domaine nous seraient d’un grand secours pour parfaire nos institutions et nos pratiques politiques. D’ailleurs, l’économie est toujours otage de la politique, surtout dans les pays en voie de développement

Le risque majeur numéro Un

Nous avons considéré que tout pays est sujet à plusieurs risques possibles. Il doit se préparer aux plus urgents, plus probables et plus sévères. Nous avons toujours ces risques politiques et économiques qui planent au-dessus de nos têtes. Leur sévérité et leur maîtrise dépend des décisions que l’on va prendre maintenant. Mais d’autres risques naturels nous guettent. Au vu de ce qui se passe sur la planète et faisant suite aux observations des experts dans le domaine des calamités naturelles, nous ferons mieux de nous préparer à gérer des risques énormes.

Il y a toujours une faible probabilité qu’ils n’apparaîtront pas, c’est ce que l’on souhaite d’ailleurs. Mais gérer, c’est prévoir pour s’y préparer. Nous devons avoir des institutions qui font des simulations sur ces risques majeurs et mettent en place des plans de contingence pour y faire face si ces dangers se matérialisent. Il se pourrait que ces plans existent mais ne sont guère évoqués publiquement. Mais ces plans induisent toujours des actions et des activités que l’on constate sur terrain. Or, on ne voit pas grand-chose dans ce domaine.

Les spécialistes constatent que les séismes augmentent de magnitude dans presque tous les pays du monde. Ceci serait un gros risque économique, politique et humain. La moyenne des séismes a considérablement augmenté. Or, nous sommes sur une faille importante qui a historiquement produit des séismes de grande ampleur, considérant les conditions de l’époque.

Envisageons un séisme de 7 ou 8 sur l’échelle de Richter près des villes densément peuplés du Nord (Oran, Alger, Béjaïa, etc.). Notre risque est démultiplié par le fait que la plupart des habitants sont lotis dans des vieux immeubles vétustes construits sans respect des normes sismiques. Nous aurions alors des catastrophes d’une ampleur sans pareille.

Or, cette menace a été absente des préoccupations de développement et de planification depuis les années soixante-dix. Nous n’avons jamais conçu un plan ambitieux de déplacement des populations et démolition reconstruction de bâtisses antisismiques au Nord où le danger est très présent.

Des efforts sont faits mais trop insuffisants

La cartographie des risques situe pour notre pays le risque séismique comme élément majeur de nos préoccupations futures. Certes, des efforts sont faits depuis le séisme de Chlef de 1980 qui, rappelons, était d’une intensité de 7,3 sur l’échelle de Richter.

Un séisme de cette ampleur au nord du pays près de côtes causerait des ravages importants. Après cela, la législation sur les constructions nouvelles a beaucoup évolué et fait de grand progrès. Mais entre-temps, les bâtisses vétustes ont vu une pression démographique sans précédent et les taux d’occupation sont exorbitants. De surcroît, on y a construit même sur les toits. Avec le temps, les matériaux de construction perdent de leur résistance.

Ces phénomènes économiques et sociaux ont échappé à la vigilance des décideurs et des analystes en matière de conception des solutions. Tout le monde connaît le problème. Il est banal et compris par tout citoyen. Mais le problème serait de dégager une vision et une méthodologie commune pour commencer un tant soit peu à l’alléger, puis venir à bout à très long terme.

Nous avons là un des problèmes les plus compliqués qui existe. Sa complexité explique notre inertie. Nous devons résoudre les problèmes de ressources, d’occupation des espaces du pays, de développement de nouvelles activités, etc.

Mais c’est autant un problème qu’une opportunité de lancer un vaste plan de développement et d’émergence qui au final va nous permettre de travailler en parallèle sur l’émergence, le développement, une meilleure occupation du territoire, la mobilisation de la population autour d’un projet de société prometteur et le reste.

Ceci est tout à fait possible, mais pas avec l’environnement institutionnel actuel. Nous devons tout faire pour commencer à alléger la situation. On a commencé à évoquer cette problématique après le séisme de Boumerdès de 2003.

Par la suite, l’urgence s’est estompée aux yeux des dirigeants et de la population, alors que la difficulté demeure entière. Si un problème sérieux se posait, on commencerait à évoquer toute la problématique de ces risques majeurs pour prendre quelques décisions. Pourquoi ne pas confectionner un plan anti-risques majeurs dès maintenant, alors que nous avons plus de temps. Les nations efficaces savent transformer économiquement un problème en grandes opportunités économiques majeures.

Mais encore faut-il avoir les institutions, les compétences et la science qu’il faut pour le faire  ! La résolution de cette crise potentielle pourrait être une formidable opportunité d’un boom économique qui bien orienté mènerait le pays à son essor et son émergence. Mais demeurer dans l’expectative nous fait courir d’énormes risques économiques et humains.


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