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Tiaret : Le cri de détresse des familles de harraga

04 février 2020 à 9 h 00 min

Dix jours après l’inhumation du jeune Zakaria Ouilem, 28 ans, après que son corps ait été repêché en mer sur les côtes algéroises, beaucoup de familles tiaréties des 19 harraga – partis tenter la traversée le 16 décembre dernier –, restent sur le qui-vive et viennent de lancer un cri de détresse aux responsables concernés. Plutôt des cris de douleur provenant de proches et de parents de harragas, dont les corps n’ont pas encore été retrouvés mis à part celui de Zakaria et celui d’une femme qui fait l’objet d’expertise grâce à l’ADN.

La douleur reste vive et les voix qui s’expriment renseignent sur le degré d’abattement suite à cette tragédie sociale à nulle autre pareille que Tiaret vit à son corps défendant par deux fois si l’on rajoute l’épisode des 7 harraga décédés en mer et rapatriés pour être enterrés en décembre 2009.

D’épisode en épisode, Tiaret constitue une région qui fournit le plus de harraga et reste à ce titre une terre où il ne fait plus bon vivre. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les jeunes «blasés de n’entrevoir aucune perspective heureuse à l’aune d’un chômage galopant, fermeture en cascade d’entités économiques et d’une omnipotence de castes à tous les niveaux». Même le hirak, censé être ce défouloir où viennent se déverser le trop plein de rancœurs, est brimé. Ce n’est pas d’ailleurs un hasard si «la harga» a repris de plus belle ces derniers mois alors qu’elle a connu une décrue après l’avènement de la Révolution du sourire.

Hier, beaucoup de gens ont été sidérés d’entendre cette soif de vérité que voudraient entendre les parents de harraga. Dans une déclaration de presse, l’une des sœurs de Smail Nadjet, disparue elle et son jeune enfant en mer, affirmait : «nous n’avons aucune information sur elle et son jeune enfant, Wahid, âgé de 15 ans, alors que les gens spéculent». Et d’ajouter : «On ne comprend pas pourquoi les gens disent n’importe quoi et pourquoi les autorités et les élus n’ont pas daigné afficher leur compassion ou soutien avec nos familles éplorées».

L’un des fils de la disparue explique que «tout ce que disent les gens est erroné» : «ma mère en décidant de faire la traversée elle et son jeune enfant n’avait aucune crainte de représailles ni celle induite par une forte amende dont elle devait s’acquitter» et de renchérir que c’est de l’affabulation. «Qu’ils cessent de mentir, ma mère âgée de 47 ans est malade et vivait de son commerce et n’a pas fui comme le voudraient le faire accroire certaines langues fourchues».

Zerrouki Nourredine, père d’Abdelwadoud, déplore l’indifférence des autorités locales non sans remercier les autorités de Jijel qui elles «nous ont soutenus et accompagnés dans nos démarches». Les témoignages des parents de harragas tiennent le même langage et pointent tous des doigts accusateurs sur les autorités qui n’auraient pas réagi à leur douleur : «nos enfants ne sont-ils pas des êtres humains ?» clament-ils impuissants.  



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