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Histoire : Tiaret se souvient du martyr Ali Maâchi

13 juin 2020 à 9 h 32 min

Au-delà de la symbolique des lieux qui ont servi aux hordes colonialistes de pendre par les pieds, torse nu, Ali Maâchi et ses deux compagnons, l’après-midi d’un certain dimanche 8 juin 1958 à la place des Martyrs (ex-Carnot), le rituel n’a pas changé en dépit des aspirations du peuple de voir les tenants de l’ordre céder un peu sur ces aspects protocolaires, quelque peu désuets.

Le programme la journée de l’artiste de cette année, qui a eu lieu, lundi dernier, n’a différé en rien des précédentes éditions.

Évoquer le 8 juin 1958 pour notre ami et collègue Amar Belkhodja, celui-là même qui reste le biographe attitré de Ali Maâchi, «c’est faire le récit de cette journée de deuil dans le contexte de l’époque et son impact sur le mental de la jeunesse d’alors, plus que jamais galvanisés».

Notre interlocuteur retient de cette tragédie qui hante encore longtemps les chaumières : «Les pratiques déshonorantes et lâches des militaires français.» Il raconte : «Ali Maâchi et un de ses compagnons d’infortune, Mohamed Djahlène, laissés en captivité au centre de transit et de tri que dirigeait le sinistre capitaine Camille Escourou durent retrouver un troisième compagnon en la personne du jeune Djilali Bensotra, âgé alors de 20 ans. Djillali Bensotra, un jeune paysan désireux de s’enrôler dans les rangs de l’ALN, devait s’acquitter comme le voulait la règle d’une mission un peu spéciale : abattre un collaborateur au coeur de la ville.»

S’en est suivi une chasse à l’homme jusqu’à le retrouver et finir par l’envoyer au fameux CTT. «C’est donc en représailles à cet attentat que les trois hommes vont être emmenés dans un bosquet (actuel Bois des pins) pour les soumettre à ‘la corvée des bois’, qui consiste à donner l’illusion au prisonnier qu’il est libre mais dès qu’il accomplit quelques pas, on lui tire dans le dos.

Une pratique lâche qui a valu aux trois suppliciés d’être assassinés, puis voir leurs corps exposés pendus par les pieds au célèbre platane bicentenaire de la ville (ex-place Carnot).

Même après sa mort, le tristement célèbre Camille Escourou allait se distinguer en haranguant les foules à venir admirer leurs prouesses.

Au lendemain du crime abject, l’Echo de Tiaret ne tarit pas d’éloges sur leurs coreligionnaires. Notre ami, l’historien Amar Belkhodja, éludant le contexte dans lequel fut lâchement assassiné Ali Maâchi s’est rappelé de ‘ce jeune homme, musicien et chef de l’orchestre ‘Safir Ettarab’’qui rayonna dans la région.»

Un homme aimé et devenu célèbre par ses anghams El Djazair, une ode à l’Algérie. Les militaires français, bien qu’ils découvrent des armes chez lui et chez son compagnon Mohamed Djahlène, alors qu’ils activaient dans un réseau clandestin, savaient qu’en l’assassinant, ils voulaient faire régner la terreur dans l’esprit des jeunes, mais mal leur en prit puisque des dizaines de jeunes allèrent regagner les maquis. Pour dire que le martyre d’Ali Maâchi et ses deux compagnons n’est pas un acte isolé, Amar Belkhodja explique que «cette stratégie de la terreur a été pratiquée avant et après le supplice infligé à ce triumvirat».

Il se rappelle du cadavre d’Addi, un homme dont la voiture a servi à l’attentat fomenté par le groupe du défunt Hamdani Adda à la rue Cambon.

Plusieurs autres actes similaires ont été malheureusement enregistrés durant cette époque-là. Il cite le tragique assassinat d’un autre fidaï, dont le corps fut aussi exposé à la place et sur lequel on avait transcrit avec son sang : «Ainsi meurent les assassins», comme pour frapper les esprits.

Il serait fastidieux d’énumérer tous les actes de barbarie commis par les militaires français et leurs supplétifs, mais notre ami se souviendra que Camille Escourou fut kidnappé et ramené vivant par le défunt Benaouda Amrani jusqu’au QG de la Zone 7 pour dire que dans les actes de barbarie, il y avait cette soif de vaincre de l’hydre… jusqu’à l’indépendance.


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