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Samir Slama. Paysagiste, journaliste et auteur : «Le citoyen doit être un acteur du développement écologique»

16 octobre 2021 à 10 h 05 min

Samir Slama est paysagiste, journaliste et auteur d’un livre publié récemment, intitulé Les arbres remarquables et les paysages pittoresque d’Oran. Dans cet entretien, ce grand militant écologiste oranais plaide pour «une stratégie qui impliquerait le citoyen en tant qu’acteur du développement écologique de sa ville». «Pour que l’écologie devienne une priorité locale, il faudrait une volonté politique», note-t-il encore.

-A Oran, les citoyens plaident pour la mise en œuvre d’une politique locale écologique et durable en s’appuyant notamment sur la participation citoyenne. Quelles sont, selon vous, les pistes pour que cette vision écologique devienne une priorité ?

Il faudrait d’abord s’entendre sur ce qu’est «l’écologie» pour le citoyen. C’est d’ailleurs un flou savamment entretenu. L’écologie englobe aussi bien l’enlèvement des ordures ainsi que la végétalisation du cadre de vie, en passant par la lutte contre les nuisances telles que le bruit et même l’incivisme. Effectivement, il y a une prise de conscience citoyenne généralisée pour toutes les questions qui touchent à l’écologie d’une manière générale et au cadre de vie en particulier. Ce qui a d’ailleurs permis à des réseaux associatifs de détourner cette bonne volonté pour compenser l’absence de stratégie verte et la défection des services en charge des questions environnementales à Oran. Le citoyen n’a pas pour vocation d’aller nettoyer les cités, les plages et les forêts en lieu et place des services concernés. Pour que l’écologie devienne une priorité locale, il faudrait une volonté politique, qui elle, dépend du pouvoir central. Ensuite, il faut une stratégie qui implique le citoyen non pas en tant que simple exécutant qui va servir d’éboueur, mais en tant qu’acteur du développement écologique de sa ville.

-Comment améliorer l’aménagement paysager à Oran ? Êtes-vous pour une démarche participative qui permettra de mieux verdir la ville et favoriser un urbanisme plus écologique ?

Aucune ville et Oran plus que les autres ne peut faire cavalier seule pour améliorer son paysage. La municipalité ne peut pas gérer de la même manière un espace vert de quartier et un espace vert central. L’image d’une ville repose sur de très nombreux acteurs, mais leurs implications doivent nécessairement être codifiées par des chartes et des prescriptions. Rien n’oblige un promoteur à remplacer les ficus qu’il a massacrés pour ériger ses tours, il peut donc planter des palmiers ou même des dragonniers dans un alignement centenaire. Il faudrait aussi assurer le citoyen qui s’implique dans la réalisation d’un cadre de vie verdoyant que cet espace ne sera pas demain cédé au plus offrant. De même qu’il faudrait que ce citoyen trouve un intérêt pourquoi pas économique dans la gestion de cet espace. Après tout, une fleur de courgette n’a rien à envier à celle d’un géranium. L’urbanisme écologique ne se repose pas sur la volonté d’un citoyen ou d’un maire mais bien sûr le bannissement de l’affairisme qui caractérise l’urbanisme dans une ville comme Oran.

-De plus en plus de voix estiment que l’agroécologie est une alliée de taille pour le développement durable, car elle se base notamment sur des cycles naturels, préserve les ressources et réduit la dépendance face aux intrants chimiques. Que faire pour que le cap soit mis sur des dynamiques d’institutionnalisation de l’agroécologie ?

Effectivement, le retour à une agriculture plus équilibrée et moins dépendante de la chimie est universellement admis aujourd’hui. Le retour a une agriculture plus écologique est non seulement économiquement viable, mais aussi payant du point de vue agronomique et même sanitaire pour les populations dont la consommation des fruits et des légumes frais est la base alimentaire. Si l’agroécologie n’est pas à l’ordre du jour même dans les universités ou juste à titre expérimentale, c’est certainement à cause du poids des lobbys de la chimie d’une manière générale. Il ne faut pas oublier que l’Algérie a mis le cap sur la production industrielle des engrais et donc faire de l’agroécologie serait pour le moins très mal vu.

Propos recueillis par par  Cherif Lahdiri


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