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Noureddine Belhachemi : Un peintre intuitif privilégiant l’émotion à la performance technique

15 juillet 2019 à 9 h 00 min

Le statut d’enseignant des beaux-arts, mieux encore : celui de chercheur universitaire dans le domaine des arts visuels, ne semble pas déteindre sur la qualité d’artiste-peintre à part entière de Noureddine Belhachemi.  Il est l’une des valeurs sûres de la peinture à Oran, et par extension en Algérie.

Natif en 1954 de Sidi Chahmi, un des quartiers immédiats de la ville d’Oran, ce peintre intuitif privilégiant l’émotion est un partisan sans complexes du concept de «l’art pour l’art».

Son désir de s’affranchir des codes imposés par l’histoire de l’art et des rigueurs de l’académisme transparaissent dans la majorité, pour ne pas dire la totalité, de son œuvre prolifique étalée sur quatre décennies depuis sa première exposition individuelle en 1980.

Le fait n’est pas aisé, mais il arrive à marquer une nette séparation entre sa profession et son univers créatif. Quand il peint, il oublie tout pour laisser vibrer son être comme un musicien de jazz se laisserait emporter par les flots de ses propres improvisations.

«Je me laisse peindre, comme je le dis souvent», indique-t-il lors de sa toute dernière exposition dans un établissement privé mais ouvert au public et situé au 14 rue de la Paix. «L’art pour l’art» ne veut pas dire peindre pour soi-même, mais Belhachemi reste intransigeant sur ses choix esthétiques et ne fait aucune concession quant à la tentation de s’inscrire dans la mode de l’heure pour satisfaire un public donné.

«C’est une exposition-vente, mais chez moi la valeur marchande passe vraiment au second plan, car ce qui m’importe c’est que le public, acheteur ou pas, consomme cette esthétique dans un esprit de découverte, et pourquoi pas, d’exaltation».

Exaltation est justement le titre de l’une de ses «précieuses œuvres» élaborées dans l’inconfort de l’inconscient, mais avec toute la minutie qu’exige la maîtrise de la technique. Inscrite dans le registre de la créativité pure et dure, sa peinture est difficile à pénétrer.

Il en est conscient et il l’assume : «Beaucoup ne comprennent rien à ma peinture, mais c’est une question de pédagogie et de choix, car moi je reste lié à l’abstraction lyrique.» Nouredine Belhachemi se définit comme spirituel et contemplatif et voudrait que le public décèle dans ses œuvres cette «poésie colorée».

L’expression paraît antagonique, mais cette vision mystique qui consiste à allier des contraires, ou du moins des faits inconciliables, comme la temporalité de la poésie ou de la musique et la spatialité de la peinture,  explique l’idée qu’il se fait de son travail : «C’est l’infiniment petit, c’est le monde merveilleux qu’on ne voit pas, c’est la genèse, la floraison, la naissance, c’est la rencontre des éléments constitutifs des choses, etc.»

L’artiste n’aime pourtant pas trop parler de lui-même, mais il ne tarit pas d’éloges sur ses compagnons de route et c’est  particulièrement le cas à l’occasion de la tenue  au Mamo de l’exposition intitulée «5 Arts Matures».

Ce jeu de mots définit bien l’idée qu’on se fait ici de la situation de l’art dans la région. «Nous sommes dépositaires de certaines choses qu’on voudrait montrer», a-t-il déclaré au sujet de cet événement préparé sur la base d’un ensemble de critères, un choix difficile et une prétention là aussi assumée.

De manière générale, il  ne se prive pas de donner son avis. Parlant de la problématique du plasticien algérien, il note dans une de ses contributions : «S’il s’inspire fugitivement du patrimoine régional, de l’oriental ou de la calligraphie, il sera étiqueté d’ ‘‘authentique’’, et s’il ne se réclame d’aucune des expressions passées, il sera considéré comme étant un artiste insolite (…), ambigu et suspect».

Il s’érige ainsi, et c’est souvent à juste titre, contre l’usage exagéré de la tradition dans des «œuvres graphiques» (chevaux et costumes traditionnels, par exemple) dénuées de toute forme de création artistique. Il n’est pas lui-même opposé à ce genre d’inspiration, mais il se soucie avant tout de la créativité. 


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