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mercredi, 14 novembre, 2018
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Symposium international sur les bonnes pratiques en réhabilitation et réutilisation des fortifications

Le système défensif de la ville d’Oran au cœur des débats

08 novembre 2018 à 10 h 00 min

Le système défensif de la ville d’Oran, mis en place, principalement, durant l’occupation espagnole, et les actions visant son inscription au patrimoine de l’Unesco, ont été au cœur des thématiques soulevées lors du Symposium international sur les bonnes pratiques en réhabilitation et réutilisation des fortifications. Ce symposium de deux jours s’est ouvert, hier, à l’auditorium de l’USTO Mohamed Boudiaf.

La rencontre est organisée grâce à une collaboration entre la partie algérienne représentée notamment, hormis l’université, par des instances affiliées au ministère de la Culture, dont principalement l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGBC), et la partie espagnole, représentée par l’ambassadeur d’Espagne et l’Institut Cervantès. Elle est animée par des experts espagnols et algériens et d’autres intervenants affiliés à des instances internationales, à l’instar de l’Unesco.

La rectrice de l’USTO, Nacira Benharrats, a mis en avant le caractère irréversible de l’histoire d’un pays et la nécessité de sauvegarder le patrimoine qui s’y apparente pour le léguer aux générations futures, notamment lointaines. La directrice de l’Institut Cervantès à Oran, Inmaculada Jiménez, membre du comité d’organisation, a développé l’idée du caractère pratique de ce symposium et son utilité pour faire avancer le dossier de sauvegarde du système défensif sophistiqué mis en place à Oran.

L’ambassadeur d’Espagne a considéré que ce système complexe, mis en place parfois sur des structures préexistantes, a constitué un cas d’école pour avoir mobilisé les meilleurs architectes militaires de l’époque. Il est en tout cas pour lui le plus distingué de toute l’Afrique du Nord. «Un atout touristique certain et qui montre l’intérêt qu’accorde le royaume d’Espagne à votre pays», a-t-il déclaré, en rappelant que ce système a déjà fait l’objet d’un ouvrage publié et d’une exposition présentée à Alger et à Oran.

Abdelwahab Zekkar, DG de l’OGBC, s’est basé sur une thèse de magistère pour considérer que ce système est un tout qu’il faut considérer dans son ensemble. Un système évolutif qui n’est pas parti de rien, mais qui a subi beaucoup de transformations étalées dans le temps. Certaines parties, du moins les plus visibles, ont été classées durant la colonisation française, d’autres après l’indépendance du pays, mais l’intérêt c’est de voir comment intégrer ce patrimoine dans le programme de développement de la ville.

L’Office se félicite de la récupération, grâce aux autorités locales, d’un certain nombre de sites squattés illégalement par des citoyens. Une présentation exhaustive des éléments formant ce système défensif incluant forts, fortins, portes, galeries et mines souterraines, etc. a été effectuée par Radia Bourbia, une des trois architectes embauchées par l’office, une instance présente dans 34 wilayas sur les 48 et qui emploie plus de 2000 personnes, majoritairement des agents de restauration et de sauvegarde des patrimoines mis à sa disposition.

Les exemples d’intervention sur les patrimoines et monuments historiques ont été développés par deux conférenciers qui ont communiqué sur l’expérience espagnole dans ce domaine. Des expériences menées au début des années 1980 grâce à un appel du ministère de la Culture espagnol qui, juste après l’avènement de la démocratie post-franquiste, a commencé à s’intéresser à ces legs historiques, dont ceux érigés durant l’occupation musulmane de l’Andalousie.

Des exemples concrets montrent qu’il est possible d’intervenir sur le plan urbanistique tout en sauvegardant les sites ou les monuments classés. C’est notamment le cas de José Antonio Martínez Lapeñades (Torres), célèbre architecte, qui a présenté le projet des escaliers réalisés dans la ville de Tolède pour relier sa partie basse avec sa partie haute en passant en dessous d’un ancien mur.

Une prouesse architecturale pour dire que des solutions existent et peuvent inspirer les décideurs locaux à surmonter les obstacles qui se dressent entre l’urbanisme et la volonté de sauvegarder les sites classés. La ville de Tolède est cernée par un fleuve éponyme qui limite les possibilités de son développement urbain.

A Oran, le projet de relier la place du 1er Novembre au site du palais du Bey a constitué un véritable casse-tête sans qu’aucun projet voie le jour, malgré plusieurs propositions. L’expérience espagnole montre qu’il est également possible de se projeter dans le temps, comme pour la muraille de Palma, qui a nécessité près de 35 années de travaux.

Représentant l’unité des pays arabes pour l’Unesco dans le domaine de la préservation des sites et monuments, Alcira Sandoval Ruiz a expliqué les missions de l’instance qu’elle représente et les modalités qui lui permettent d’intervenir. De son côté, Milagros Flores Romane a présenté l’instance Icofort, le comité scientifique international sur les fortifications et le patrimoine militaire de l’Icomos.

Elle estime que le système défensif d’Oran entre bien dans cette classification, mais qu’une connaissance plus poussée sur un certain nombre de valeurs et d’impacts culturels, historiques, etc. est nécessaire. D’autres interventions sur des aspects plus précis du patrimoine de la ville d’Oran sont prévues lors de cette rencontre.

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