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Témouchent : Le danger mortel des pesticides et des engrais chimiques

22 juillet 2019 à 9 h 00 min

Un regroupement régional des exploitants agricoles a été organisé hier à l’Institut d’agriculture (ITMA) de Aïn Témouchent. Son objetif : la stricte observance des bonnes pratiques agricoles dont ils faisaient encore preuve il y a vingt ans, avant l’ouverture anarchique de l’importation des produits de synthèse, tant en matière de traitement des plantes que d’engrais.

Par bonnes pratiques, il n’est pas question d’agriculture biologique, la rencontre étant sponsorisée par une multinationale écoulant en Algérie ses engrais et produits phytosanitaires.

La non-maîtrise de l’utilisation de ces derniers, jusqu’à l’abus, a obligé la multinationale à réagir afin de protéger ses parts de marché. En effet, d’aucuns des consommateurs nationaux se plaignent de l’absence de saveurs des fruits et légumes au point que certaines récoltes souffrent de mévente.

Par ailleurs, d’autres produits maraîchers, tels que les tomates, sont livrés sur les marchés portant les taches d’un traitement phytosanitaire récent. Ces résidus perceptibles, et d’autres invisibles parce que transmis par voie racinaire par le système du goutte-à-goutte, constituent un danger pour la santé publique.

L’idée est d’inciter à une utilisation rationnelle de ces produits au moment opportun, et seulement s’il y a nécessité. Selon des spécialistes présents, «il est temps que notre pays institue un contrôle de ces produits à l’importation, certaines de leurs matières actives sont bannies en Europe, mais curieusement pas chez nous».

Un autre interlocuteur rappelle : «Avant, il existait une police phytosanitaire qui assurait un contrôle en la matière. Posez-vous la question de savoir pourquoi on l’a supprimée!» Naïma Abdellaoui, spécialiste en  agriculture biologique, insiste sur la nécessité d’«encourager des alternatives aux luttes curatives, sachant qu’il existe des pratiques agricoles basiques ignorées, qu’il suffit de vulgariser pour faire l’économie d’un onéreux et empoisonnant traitement. Par exemple, si j’ai planté du poivron sur une superficie, l’année suivante, il n’est pas indiqué que je cultive de la tomate.

Ils sont de la même famille, ce qui facilite la propagation des maladies. Il faut changer de famille de culture, c’est-à-dire pratiquer l’assolement, qui n’est plus observé». La directrice de la station régionale de la protection des végétaux d’Oran relève en outre que les agriculteurs ne savent pas distinguer entre une maladie fongique et une infestation par un insecte ravageur.

«Ils paniquent et font n’importe quoi. Ils reconduisent un traitement qui a donné des résultats sur une autre parcelle, alors qu’il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’une infestation par un insecte.

Pis, dans les deux cas, le dosage dans le traitement n’est pas respecté, ce qui entraîne des résultats contraires à ceux souhaités». Elle souligne, par ailleurs, combien la non-maîtrise des cultures sous serre conduit à la prolifération des maladies et encourage un usage immodéré des pesticides.

A cet égard, elle met en exergue qu’en matière de lutte biologique, son centre a procédé à l’élevage d’un insecte éradicateur de la Tuta absoluta, un autre insecte qui ravage les plantations de tomates. Utilisé dans la région, le procédé a donné d’excellents résultats. Enfin, il y a la question de la toxicité des produits sur le fellah lui-même.

Un autre interlocuteur relève : «Pourtant, le danger est signalé sur leurs contenants. Il n’empêche que le contact et l’inhalation des produits ne sont pas évités. La méconnaissance des risques est telle que moi qui suis un spécialiste et qui assurais le contrôle des engrais et pesticides débarquant au niveau du port, je n’ai jamais été avisé que je ne devais pas être exposé plus de dix années aux produits phytosanitaires.

Je suis demeuré au poste durant 20 ans jusqu’à ce qu’apparaissent ce tremblement que vous voyez sur mes mains. Les médecins ont diagnostiqué un syndrome parkinsonien, c’est-à-dire que mes cellules nerveuses sont en train de mourir.» 


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