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mardi, 11 mai, 2021
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Politique agricole : Aïn Témouchent a-t-elle vraiment une vocation céréalière ?

03 mai 2021 à 9 h 12 min

Les dernières pluies de ce mois d’avril ont sauvé en partie les 134 610 ha occupés par la céréaliculture, dont 116 100 en blé et orge. En effet, depuis septembre, la pluviométrie n’a été que de 178 mm, soit environ la moitié de la moyenne annuelle.

Par ailleurs, si en février, seulement 1mm de précipitation a été enregistré et qu’en mars aucune goûte n’a mouillé le sol, durant le mois en cours, ce sont 53 mm de pluie fine et favorablement répartie sur la durée, qui ont réussi à effacer l’inquiétude des céréaliculteurs.

A cet égard, les appréhensions étaient telles que des élus de l’APW ont exprimé de sérieux doutes sur la pertinence de la transformation de la wilaya en région essentiellement céréalière, une vocation qui est devenue de moins en moins la sienne du fait que son climat semi-aride s’est aggravé à ce moment-là.

Pour illustrer l’échec de cette politique qui a doublé la superficie consacrée à cette culture durant ces dernières décennies, un élu observe que Aïn Témouchent, où les éleveurs d’autres régions venaient s’y approvisionner en paille, a vu cette année ses producteurs de lait devoir se déplacer jusqu’à… Adrar, soit un déplacement de près de 1500 km, pour en acheter.

La conséquence de cette pénurie ne s’est pas fait attendre, actuellement et alors que la préparation de la campagne moissons-battages est en cours, des parcelles de céréales ont été fauchées et transformées en fourrages. Il ne s’agissait pas de fenaison même si c’en est actuellement la période.

En effet, celle-ci ne concerne que les fourrages qui n’occupent que 11 450 ha, soit moins d’un 1/10e du sol céréalier. Signalons, à ce propos que la conversion des orges est tolérée parce que cette céréales entre également dans l’alimentation du bétail.

Cependant, il a été ordonné que pas une botte de blé ne doit être transformée en fourrage au prétexte qu’il s’agit d’une produit classé stratégique et qu’il est soutenu par l’Etat. Malgré que nombre de parcelles ont souffert du stress hydrique, le président de la Chambre d’agriculture estime que la moisson s’annonce meilleure que celle de l’année passée pour laquelle Témouchent a été classée deuxième nationalement après Tiaret en termes de rendement à l’hectare.

Les autres faits notables de cette campagne ont trait à la culture du pois chiche, du triticale et du colza. Pour ce qui est premier, il connaît un recul avec 2200 ha, cette légumineuse connaît une mévente et demeure en stock au niveau de la CCLS. Cette situation mérite l’attention des pouvoirs publics, sachant que le pois chiche de la région était demandé à l’export et vendu sous le réputé label La témouchentoise. Qu’il ne trouve pas preneur en Algérie, cela devrait interpeller au regard des énormes quantités de pois chiches importées et qui garnissent les étals des commerces.

Concernant le triticale, un questionnement similaire se pose, sachant que localement les producteurs de lait en sont demandeurs, celui-ci améliore la lactation des vaches. A cet égard, le triticale, une première céréale créée par hybridation entre le blé et le seigle, dont la culture s’est développée depuis les années 1960, est cultivé surtout comme céréale fourragère.

Hors, l’écueil est qu’il faut disposer de terre agricole pour s’en faire délivrer est un parcours du combattant bureaucratique pour justifier l’octroi de la semence. Or, le triticale peut être cultivé en hors sol, dans des bacs placés dans des hangars dont disposent les éleveurs, ce qui fait que cette céréale peut être disponible toute l’année.

Un propriétaire d’une chambre hydroponique au sein du principal bastion laitier de la région pour y développer cette culture a été découragé par les écueils administratifs rencontrés.

Enfin, pour ce qui est du colza qui sert à la production d’huile alimentaire, il a été introduit en Algérie à titre expérimental sur 3500 ha dans plusieurs wilayas.

A Témouchent, 20 ha ont été ensemencés dans deux fermes pilotes dans la zone la plus pluvieuse. Les autorités ont préféré la prudence et jouer gagnant plutôt que de répondre positivement aux demandes des agriculteurs qui ont exprimé leur désir d’être de l’expérience. A titre indicatif, notons que le quintal de colza coûte 7500 DA, soit le double pour le blé.


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