Émigration clandestine : L’Oranie est une plaque tournante de la harga | El Watan
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vendredi, 27 novembre, 2020
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Dossier

Émigration clandestine : L’Oranie est une plaque tournante de la harga

25 octobre 2020 à 10 h 27 min

La semaine dernière, un cadavre de harag a été découvert près de la plage de Madagh. Il était du groupe des 18 haraga naufragés près des îles Habibas le 17 septembre dernier après que leur embarcation ait coulé en se fichant sur un rocher affleurant la surface de la mer.

Deux des passagers avaient péri sur le champ, une fillette âgée d’environ 9 ans de nationalité syrienne et une femme âgée d’environ 30 ans, alors qu’un troisième passager a été emporté par les flots qui l’ont ainsi rejeté un mois après. Par ailleurs, durant les trois derniers jours écoulés, les gendarmes ont démantelé quatre réseaux de passeurs. Deux de ces groupes arrêtés comprenaient des haragas et leurs passeurs.

Ils l’ont été à Bouzedjar, l’un naviguait sur une embarcation de plaisance dotée d’un moteur de 70 chevaux, l’autre sur une autre embarcation munie d’un moteur de 20 chevaux. Dans le premier groupe, il y avait trois passeurs sur les sept embarqués et dans le second un l’est sur ses trois compagnons d’infortune. Bouzedjar, Madagh et les iles Habibas sont situés à l’est de la côte témouchentoise. Le troisième groupe agissait à Sidi Ben Adda, une commune côtière où le phénomène de l’émigration clandestine n’est pas très courant. Treize personnes ont été arrêtées dont une femme âgée de plus de 65 ans.

Les harragas, dont la plupart sont d’Aïn Kihal, la commune voisine dans les monts voisinant ceux de Sebaa Chioukh, s’apprêtaient à prendre le large sur un pneumatique doté d’un moteur d’une puissance de 30 chevaux. Sidi Ben Adda est équidistance entre Bouzedjar et Oulhaça qui est à l’ouest du littoral. Depuis cette dernière, le quatrième groupe, composé de treize personnes, dont une femme, a été appréhendé. Les harragas prenaient le large sur un zodiac disposant d’un moteur de 40 chevaux et d’un moteur de secours de 16 chevaux. Ces quelques faits anecdotiques donnent une idée de l’ampleur de la recrudescence de l’émigration clandestine observée ces derniers mois.

A cet égard, il est dommage que les services compétents ne communiquent pas tous sur le phénomène, les gardes-côtes étant les plus silencieux. Néanmoins, les observateurs du phénomène s’attendent à ce que, au regard de la demande constatée, les passeurs fassent les bouchées doubles durant les deux prochaines semaines en raison d’une météo qui sera clémente en mer mais se détériorera par la suite durablement. Par ailleurs, au regard de l’origine géographique des harragas, les Témouchentois en partance vers les côtes ibériques ne constituent pas le gros du lot.

Ce sont surtout des candidats venant d’autres wilayas, même d’Oran la voisine, qui accordent leur faveur au littoral témouchentois. En effet, son rivage est le plus proche des côtes ibériques. Il est en outre long, de plus de 80 km, et comporte un énorme potentiel de lieux de départ de surcroit difficiles à surveiller par les deux brigades de gardes-côtes basées au niveau des ports de pêche de Bouzedjar et Béni-Saf.

Cependant, il n’en demeure pas moins que nombre de tentatives finissent ces derniers temps en catastrophe au point que les harragas à la dérive après une panne, ont de plus en plus recours au numéro vert pour appeler au secours. Mais cet appel n’a de chance d’aboutir que s’ils ne sont pas loin des côtes. Les cas de dérive se produisent suite à des pannes de moteur. Ces dernières sont de plus en plus fréquentes en raison de l’arrêt de l’importation et de la contrebande sur les moteurs d’embarcation ainsi que la pièce de rechange. En conséquence de cela, les moteurs en parfait état sont devenus hors de prix, ce qui pousse les passeurs à rafistoler de vieux moteurs pour réaliser un meilleur profit dans l’opération de harga.

Cette situation explique pourquoi le quatrième groupe arrêté à Oulhaça disposait d’un moteur de rechange sur son embarcation. Par ailleurs, l’appât du gain au détriment des candidats à l’émigration clandestine a éveillé l’intérêt d’une faune d’escrocs en tous genres. Ainsi, certains font miroiter un projet de harga à des jeunes hors wilaya, les délestent sans coup férir de sommes importantes et disparaissent.

A titre d’exemple, au début du mois en cours, suite à une bagarre sur la voie publique au niveau du chef lieu de wilaya, les policiers venus y mettre fin, et après interrogatoire des protagonistes et de leurs adversaires, il est apparu que les premiers venant d’une wilaya voisine, s’étaient fait soustraire 1,05 million de dinars dont 760 000DA ont pu être récupérés par la police.

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