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Tizi N’Tlata (Tizi Ouzou) : Si Larbi, l’indomptable combattant de l’ALN

05 juillet 2021 à 9 h 06 min

Son épouse Hamama Larbès avait subi la torture par l’armée française avant de s’échapper et rejoindre le maquis pour continuer, aux côtés de son mari, Si Larbi, la lutte contre le colonialisme.

La guerre de Libération nationale a laissé des traces indélébiles qui témoignent de l’atrocité de l’action de l’armée coloniale à l’égard des Algériens. Des femmes et des hommes ont grandement contribué dans la lutte contre l’occupant.

Parmi eux, Mohand Larbi Si Ahmed (connu sous le nom de guerre Si Larbi) et son épouse Hamama Larbès, de Tizi N’Talata, dans la wilaya de Tizi Ouzou. «Ils font partie de ces nombreuses personnes valeureuses qui avaient joué un rôle héroïque dans la libération de l’Algérie», nous raconte leur fille Rosa qui dresse l’itinéraire de ce couple de baroudeurs.

«Natifs, tous les deux du village d’Aït El Hadj Ali, dans la commune de Tizi N’Tléta, mon père a vu le jour le 14 janvier 1926 et ma mère le 14 avril 1933. Ma mère a connu une enfance très difficile. Elle a perdu ses parents à l’âge de cinq ans, emportés par la tuberculose qui sévissait à l’époque dans la région.

Elle s’est mariée très tôt comme les filles de son âge, en 1947, avec l’homme avec qui elle formera plus tard un couple de combattants, un duo de courage luttant contre le joug du colonialisme français», nous confie-t-elle avant de nous faire revisiter l’histoire à travers un aperçu sur l’engagement de Si Larbi dans les préparatifs du déclenchement de la révolution, notamment dans la région sud de la wilaya de Tizi Ouzou.

«Avant la proclamation du 1er Novembre 1954, mon père et d’autres combattants ont réalisé des abris qui serviront de caches aux moudjahidine à Thamazirth Oughdou, à Cheurfa d’Acif Boulma, Thamazirth Oumadhas ainsi que Thamdha Oujbour, entre autres», nous précise-t-elle. Selon notre interlocutrice, Si Larbi a été formé par le commandant de l’ALN, Slimane Moh Ouali, alias Chéribibi. La guerre fait rage en Kabylie et il est activement recherché par l’armée française.

La maison familiale servait de refuge

La fille relate : «Notre maison familiale servait de refuge aux officiers de l’ALN, de plate-forme de ravitaillement, de soins et de dépôt d’armes. En 1956, elle avait fini par être prise d’assaut par les militaires français. Ma mère a été emprisonnée et atrocement torturée. Puis, elle s’en est sortie avec plusieurs fractures. La guerre gagne en intensité chaque jour. La maison familiale était sans cesse perquisitionnée par l’armée coloniale. Elle faisait constamment l’objet de surveillance des militaires français qui voulait obtenir de la femme et du père de Si Larbi le lieu où se trouvait ce moudjahid. Plutôt mourir que de vous divulguer quoi que ce soit, disait mon grand-père.

Après ces paroles, les soldats français redoublaient de férocité envers lui et sa belle-fille, Hamama. Ils les ont attachés avec des cordes au plafond de la maison en versant de l’eau froide sur leurs corps.» Pendant ce temps-là, nous fait savoir la fille, «le moudjahid Si Larbi participait à une grande bataille qui s’est déroulée à Iflissen, dans la région de Tigzirt, en Kabylie maritime, lors de l’opération Oiseau bleu. Rosa Si Larbi est issue de la génération post-indépendance mais elle est très passionnée de tout ce qui a trait à la Guerre de Libération Nationale, notamment les événements qui se sont produits en Kabylie. Elle a, d’ailleurs, recueilli beaucoup de témoignages sur cette période de l’histoire d’Algérie.

«Le 27 avril 1957, l’armée française a perpétré un carnage au lieu dit Farzel, dans le village Ath El Hadj Ali, et ce, lors d’une opération suivie d’un accrochage qui s’est soldé par la mort de plusieurs éléments de l’ALN, dont notre cousin Mohand Akli. En octobre aussi, les militaires français avaient bombardé une cache de moudjahidine à Amalou où le moudjahid Ahmed Si Ahmed a trouvé la mort.

D’autres opérations de l’aviation française, comme celle d’Oumlil, ont eu lieu aussi dans le même village en mai et juin 1958 coûtant la vie à des dizaines de soldats de l’ALN», nous souligne Rosa Si Ahmed qui a mis l’accent sur la solidarité des villageois durant ces dures épreuves malgré la menace de l’armée coloniale. «Des femmes de moudjahidine ont été emmenées à la prison de Tizi N’Tlata, dont ma mère, qui portait dans ses bras ma sœur Taoues. Celle-ci, en bas âge, a connu aussi les affres de la prison », nous précise-t-elle avant d’ajouter que son père a été, durant la même période, nommé sergent-chef.

Il se déplaçait notamment à Maâtkas, Bouira, Iflissen, Ouadhias et Tizi Ouzou ainsi que sur les montagnes du Djurdjura. «Lorsque Hamama Larbès a été libérée et a réussi à fuir le camp de concentration, elle est emmenée, avec ses trois filles, directement au maquis pour rejoindre son mari et continuer la lutte. Elle se réfugie avec d’autres femmes de moudjahidine, dont l’épouse de Bekhti Said, cousin maternel de son mari, tombé au champ d’honneur à Maâtkas, Fatma Lounès et la mère de celle-ci ainsi que la moudjahida Dahbia Meziani. Elles étaient activement recherchées par l’armée française.

Pour forcer le père de Si Larbi à donner des informations au sujet du refuge de son fils ainsi que de sa belle-fille, les militaires français l’ont acheminé, avec ses petits fils, M’Hamed et Med Ouali, dans un camp de concentration du village Ighil Imoula où ils ont été emprisonnés. Mon grand-père est décédé sous l’effet de la torture le 1er mars 1962, à quelques jours du cessez-le-feu. Mon père s’est éteint le 11 novembre 2012 et ma mère le 21 janvier 2020», nous a-t-elle retracé tout en tenant compte de plusieurs témoignages recueillis pour, dit-elle, en faire un livre sur le rôle accompli par ses parents et d’autres moudjahidine de sa région durant la guerre de libération nationale. Un ouvrage qui portera sur un récit d’histoire et de mémoire. 


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