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mardi, 11 décembre, 2018
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Le comité du village de Wizgan, dans la commune de Bouzeguène (60 km à l’est de Tizi Ouzou), en collaboration avec l’ONM, a rendu, vendredi dernier, un vibrant hommage à une femme héroïque du village, la chahida Bessaci née Ali Cherif Tassadit, enterrée vivante après d’affreuses tortures infligées par des parachutistes français, un certain 12 janvier 1960, près du village.

Bouzeguène : Hommage à la chahida Ali Cherif Tassadit

04 janvier 2017 à 10 h 00 min

 Elle n’avait que 28 ans. Selon des témoignages concordants des habitants de Wizgan, il neigeait beaucoup, ce jour-là. Un groupe de parachutistes était stationné, pour quelques jours, au lieu dit «Thimâamart» (zaouïa de Sidi Amar Oulhadj). Des moudjahidine qui ignoraient la présence des militaires français arrivaient au village pour se ravitailler en denrées alimentaires.

En atteignant la proximité de la zaouïa, ils furent avertis par une femme que des parachutistes français occupaient les lieux. Un accrochage éclata entre les deux parties, avant que les moudjahidine et la femme ne prennent la fuite vers l’intérieur du village. Les parachutistes opérèrent alors un ratissage minutieux à la recherche des fuyards.

Dans une habitation où ils découvrirent une famille très nombreuse, ils s’en prirent à une femme, Ali Cherif Tassadit, qui tenait un enfant sur ses genoux, et qu’ils croyaient être celle qui était avec les moudjahidine. Dépossédée de son bébé qu’ils abandonnèrent sur place, ils l’entraînèrent vers Thimâamart, où ils entamèrent un interrogatoire accablant ponctué de tortures insupportables. Tassadit a résisté aux tortures, même si elle perdait parfois connaissance, selon les témoignages d’une autre femme présente sur les lieux.

Gémissante, ils l’ont enroulée dans un tapis en alpha (aguerthil), avant de l’enterrer vivante. Les recherches entreprises par les villageois n’avaient jamais abouti en raison de l’épaisseur de la neige. Ce n’est que 17 jours plus tard, après la fonte de la neige, que Amiar Mohand Arezki, toujours vivant, du village Aït Sidi Amar, âgé de 14 ans en 1960, entrevit un bout de tapis sous terre. Les villageois, qui accoururent, découvrirent le corps de la jeune femme.

C’est la première fois, à Bouzeguène, qu’un hommage est rendu à une femme avec autant de ferveur et d’abnégation. La présence de plusieurs centaines de villageois venus des quatre coins de la Kabylie constitue un gage de reconnaissance au sacrifice de la femme dans le combat libérateur contre le colonialisme français. Souvent, le combat de la femme, s’il n’est pas occulté complètement, n’est évoqué que de manière occasionnelle lors des commémorations officielles.

Tassadit Ath Hand, comme on aime l’appeler au village, a marqué la mémoire collective. L’hommage fut un véritable succès et une révélation pour les jeunes générations. Vendredi dernier, des milliers de personnes se sont recueillies sur sa tombe, à quelques mètres seulement de celle du colonel Mohand Oulhadj et du monument aux martyrs du village.

 

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Elle n’avait que 28 ans. Selon des témoignages concordants des habitants de Wizgan, il neigeait beaucoup, ce jour-là. Un groupe de parachutistes était stationné, pour quelques jours, au lieu dit «Thimâamart» (zaouïa de Sidi Amar Oulhadj). Des moudjahidine qui ignoraient la présence des militaires français arrivaient au village pour se ravitailler en denrées alimentaires.

En atteignant la proximité de la zaouïa, ils furent avertis par une femme que des parachutistes français occupaient les lieux. Un accrochage éclata entre les deux parties, avant que les moudjahidine et la femme ne prennent la fuite vers l’intérieur du village. Les parachutistes opérèrent alors un ratissage minutieux à la recherche des fuyards.

Dans une habitation où ils découvrirent une famille très nombreuse, ils s’en prirent à une femme, Ali Cherif Tassadit, qui tenait un enfant sur ses genoux, et qu’ils croyaient être celle qui était avec les moudjahidine. Dépossédée de son bébé qu’ils abandonnèrent sur place, ils l’entraînèrent vers Thimâamart, où ils entamèrent un interrogatoire accablant ponctué de tortures insupportables. Tassadit a résisté aux tortures, même si elle perdait parfois connaissance, selon les témoignages d’une autre femme présente sur les lieux.

Gémissante, ils l’ont enroulée dans un tapis en alpha (aguerthil), avant de l’enterrer vivante. Les recherches entreprises par les villageois n’avaient jamais abouti en raison de l’épaisseur de la neige. Ce n’est que 17 jours plus tard, après la fonte de la neige, que Amiar Mohand Arezki, toujours vivant, du village Aït Sidi Amar, âgé de 14 ans en 1960, entrevit un bout de tapis sous terre. Les villageois, qui accoururent, découvrirent le corps de la jeune femme.

C’est la première fois, à Bouzeguène, qu’un hommage est rendu à une femme avec autant de ferveur et d’abnégation. La présence de plusieurs centaines de villageois venus des quatre coins de la Kabylie constitue un gage de reconnaissance au sacrifice de la femme dans le combat libérateur contre le colonialisme français. Souvent, le combat de la femme, s’il n’est pas occulté complètement, n’est évoqué que de manière occasionnelle lors des commémorations officielles.

Tassadit Ath Hand, comme on aime l’appeler au village, a marqué la mémoire collective. L’hommage fut un véritable succès et une révélation pour les jeunes générations. Vendredi dernier, des milliers de personnes se sont recueillies sur sa tombe, à quelques mètres seulement de celle du colonel Mohand Oulhadj et du monument aux martyrs du village.

 

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