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dimanche, 13 juin, 2021
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Lutte contre la migration clandestine : La société civile à la rescousse

12 avril 2021 à 9 h 16 min

A l’approche de l’été, les candidats à l’émigration clandestine intensifient leurs préparatifs. Ils ne sont pas dissuadés par les drames survenus en mer, ayant endeuillé de nombreuses familles de toutes les régions du pays.

Une conférence sur ce thème, qui s’est tenue la semaine dernière à l’université Mhamed Bougara de Boumerdès, a tenté d’impliquer les associations dans la sensibilisation contre les risques encourus.

Des jeunes ayant témoigné de leur mésaventure ont tiré la sonnette d’alarme. Un rescapé de l’immigration clandestine a lancé ce cri du cœur : «Pourquoi ce fossé entre les gouvernants et les gouvernés ? Société civile, où êtes-vous ? Où sont les réponses aux besoins des jeunes ?» Actuellement, ingénieur d’Etat et doctorant, il a survécu et préféré revenir au bercail.

Son témoignage se veut une manière de dissuader les autres de succomber «aux sirènes de la mort» presque certaine ou «à la traite des êtres humains» outre-Méditerranée. Il interpelle les pouvoirs publics sur l’urgence de prendre en charge les préoccupations d’une jeunesse livrée à elle-même.

D’autres témoignages abondent dans le même sens. En 2020 et en pleine pandémie, les statistiques des services de la sûreté de Boumerdès, qui est une wilaya particulièrement touchée par ce fléau, mentionnent 20 affaires d’émigration clandestine traitées, au cours desquelles 121 jeunes ont été arrêtés, dont 4 mineurs.

Des passeurs, dont 38 ont été appréhendés, sont souvent organisés en bandes de 8 à 12 éléments. Ces derniers risquent de 3 à 5 ans d’emprisonnement et 300 à 500 000 DA d’amende. Les candidats à l’émigration clandestine ne sont pas épargnés par la loi qui prévoit de 2 à 6 mois de prison et une amende de 20 000 DA.

Mais s’il ne fait aucun doute que les passeurs doivent sévèrement être réprimés, beaucoup s’interrogent sur l’efficacité de la criminalisation de l’acte d’émigration clandestine. Un spécialiste de la question au niveau de la direction de la Protection civile, le Dr Baroudi, chercheur en histoire auprès de la commission chargée de la mémoire, préconise de «renforcer la prévention au niveau de l’école à travers l’enseignement de la mémoire collective pour ressouder les liens des jeunes avec leur patrie».

Une avocate, présidente d’une association et mère qui a perdu un fils harag, a pointé le doigt l’environnement familial «qui ne joue plus son rôle de sensibilisation aux dangers mortels de l’émigration clandestine».

L’apport du mouvement associatif apparaît ainsi d’une très grande importance pour réduire ce fléau mortel qui a déjà emporté des dizaines de jeunes qui avaient simplement rêvé d’une vie meilleure.


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