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samedi, 30 mai, 2020
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Diss Mokhtaria. Directrice de l’action sociale : «La lutte contre le phénomène est l’affaire de tous»

23 mai 2020 à 9 h 30 min

-Le travail des enfants connaît une courbe ascendante, pourquoi selon vous ?

Pour le moment nous ne disposons pas de données exactes pour attester cela. Il faut une étude détaillée et approfondie pour pouvoir me prononcer sur cette question. Notre mission consiste aussi à agir en amont en aidant les familles qui sont dans le besoin. Il y a deux jours nous avons distribué plus de 1250 kits de vêtements aux enfants orphelins et aux familles nécessiteuses habitant les zones de l’ombre. Ils étaient émus par ce geste de solidarité surtout que la plupart d’entre eux ne peuvent pas se permettre d’acheter des vêtements neufs à l’occasion de l’Aïd. Il y a tout un arsenal juridique qui permet de protéger l’enfance et de lutter contre le travail des mineurs. L’Algérie a ratifié toute les conventions internationales visant la protection de cette catégorie sociale. Le ministère de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme a mis à la disposition des citoyens un numéro vert (15-27) pour alerter contre tout type d’exploitation d’enfants et un autre (11-11) pour intervenir en cas de nécessité en vue de les protéger.

-Que font vos services pour stopper l’exploitation de cette frange de la population ?

Cela est l’affaire de tous. C’est la responsabilité de toute la société. Tous les acteurs doivent s’y mettre, à commencer par les parents, les associations, l’inspection du travail, etc. Récemment on est intervenu pour prendre en charge une femme qui mendie avec deux enfants à Boudouaou.

Elle a refusé d’être hébergée dans nos structures à Alger. On s’est iniquité surtout pour ses enfants qu’elle exploitait pour obtenir de l’aumône, mais il nous faut une décision judiciaire pour pouvoir les garder dans nos établissements. Dans l’immédiat, on ne peut pas par exemple interdire d’un simple coup la vente de galettes par les mineurs au bord des routes. Cela passe par la création d’une commission mixte qui définit les prérogatives de chaque service et institutions. Qui mieux que les élus et les associations locales connaissent la situation sociale de ces enfants. Si les élus ne s’impliquent pas, notre démarche sera vouée à l’échec.

Je rappelle que l’âge d’admission à l’emploi doit être supérieur à 16 ans et que le travail de nuit est interdit aux moins de 19 ans. La loi n° 15-12 relative à la protection de l’enfant punit d’un à trois ans de prison et d’une amende de 50 000 DA à 100 000 DA quiconque exploite économiquement un enfant. Lorsque l’auteur de l’infraction est un ascendant de l’enfant et le responsable de sa sauvegarde, la peine sera doublée.

Propos recueillis par  Ramdane Kebbabi



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