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mardi, 27 octobre, 2020
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Boumerdès: Les conflits de travail en nette hausse

23 septembre 2020 à 10 h 15 min

La conjoncture sanitaire du Covid-19 a provoqué un véritable séisme dans le domaine socio-économique. Les victimes collatérales que sont les employés mis au chômage ou n’ayant pas perçu de salaires ont fait les frais de solutions de facilités de mauvais gestionnaires des entreprises.

C’est ce que démontrent les données que nous a communiquées la directrice de l’inspection du travail de Boumerdès, Mme Saliha Lakhdari. Au cours de ces derniers mois, l’inspection, malgré son effectif réduit, a reçu en moyenne 70 personnes par jour. Depuis la déclaration de la pandémie, elle a auditionné plus exactement 1 247 personnes où figurent 979 conflits individuels avec l’enregistrement de 360 plaintes officielles. Une première : une centaine de plaintes ont été déposées via un compte facebook de l’inspection du travail de Boumerdès qui a anticipé sur le travail à distance. Pour l’instant, cette dernière en a traité 340 avec la régularisation de 19 cas avec P.V de réconciliation. Il reste 318 non réconciliés.

Il faut savoir que cet organisme du travail n’a pas autorité de régler des conflits professionnels mais se dépense à convoquer les deux parties à une réconciliation devant une commission des Prudhommes. En cas d’échec de la réconciliation et c’est souvent le cas- les deux parties ont la latitude de porter l’affaire devant le tribunal administratif de compétence. À partir de là, aucun retour d’information sur l’issue du conflit ne parvient à l’inspection. En fait, il s’agit de «conflits individuels à caractère collectif», une appellation fourre-tout où se retrouvent les non paiements de salaires ou le retard de leur versement et les compressions déguisées en licenciements individuels à cause d’une législation inadéquate. Les PME/PMI sont les plus touchées (80%).

Selon notre interlocutrice, «l’absence d’une culture de management des crises» apparaît comme la cause première d’un affolement à réduire les risques de fermeture de l’entreprise en sacrifiant le maillon le plus faible parce que peu syndiqué, les travailleurs. La loi ne permet la constitution d’un syndicat que lorsque l’effectif est de 20 employés et plus. Cela ne veut aucunement signifier qu’il n’y a pas eu de conflits professionnels dans les grandes entreprises. Mais la présence du partenaire social en a atténué les impacts en recourant aux négociations pour des solutions à l’amiable.

Toutefois dans cette conjoncture spécifique, l’employeur est aussi à plaindre. Selon Mme Lakhdari : «la plupart n’ont pas été préparés à cette crise inédite. Des gestionnaires étaient en état de détresse et essayaient de sauver les meubles.» Certaines entreprises ont été lancées sans accompagnement tandis que d’autres manquaient tout simplement de ressources financières.

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