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Menace sur la production oléicole à Bouira : Mouche de l’olive et sécheresse causent d’énormes pertes

22 novembre 2020 à 10 h 00 min

La plupart des oliveraies de la wilaya de Bouira sont infectées par la mouche de l’olive pendant que des dizaines de milliers d’arbres ont été asséchés à cause du stresse hydrique qui perdure. La wilaya risque de voir sa production oléicole chuter. «D’après le constat que nous avons établi lors de nos sorties à travers des champs d’oliviers des quatre coins de la wilaya, la situation est préoccupante. Il ne faut plus s’attendre à une bonne récolte.

L’insecte ravageur et la sécheresse ont gravement sévi cette année», déplore Arezki Toudert, président de l’Association de production et de développement de l’olive de la wilaya de Bouira (APDO). Notre interlocuteur estime que les services concernés par la lutte contre ce parasite n’ont pas agi au moment opportun. «L’Institut national de la protection des végétaux (INPV) avait émis deux bulletins d’alerte contre la mouche de l’olivier. Nous avons sensibilisé les oléiculteurs sur le danger qu’ils encourent.

Malheureusement, la direction des services agricoles (DSA) n’a pas pris les mesures nécessaires pour y faire face», déplore-t-il. Toutes nos tentatives, de joindre les responsables de la DSA étaient vaines. Azzouz Hamimi, ingénieur d’Etat en protection des végétaux, estime que le phénomène est devenu récurrent. «Tous les facteurs étaient réunis pour la pullulation de la mouche de l’olive. Température ambiante, humidité, etc.

Chaque insecte adulte peut pondre jusqu’à 400 œufs dans des olives dès le mois de juin. L’éclosion se fait en 21 jours, voire moins si les conditions climatiques sont favorables. Nous avons donc jusqu’à 7 générations de mouche durant la période allant de juin jusqu’à novembre. C’est énorme !», explique-t-il. Et d’ajouter que les dégâts que cause cet insecte sont conséquents. «Pour l’olive de table atteint par l’insecte, il devient impropre à la consommation.

Pour l’olive destinée à la production oléicole, l’impact touche la qualité, la quantité et le rendement. Une fois infectées, les olives chutent sur terre avant maturation. En outre, l’huile obtenue des fruits infectés contient un taux d’acidité élevé». Concernant les moyens de lutte contre la mouche ravageuse, notre interlocuteur est catégorique : «C’est l’Etat qui doit prendre en charge ce problème.

Le traitement doit être généralisé par voie aérienne. Il n’est pas utile de procéder à un traitement d’une oliveraie alors que le voisinage ne l’est pas». Et de préciser que le «traitement doit se faire en juin pour éliminer la première génération de la mouche. Il faut savoir aussi que l’olivier est touché par d’autres maladies telles la verticilliose, la tavelure de l’olivier et la tuberculose de l’olivier».
La filière oléicole peine à se relever.

Mis à part la prolifération des maladies, les oléiculteurs sont confrontés à une multitude d’autres problèmes. A ce propos, M. Toudert a dénoncé le retard accusé dans la réalisation d’un périmètre irrigué à M’Chedallah, dans l’est de la wilaya. Le projet entamé en 2012 et dont la réception était prévue pour l’année 2016, traîne encore. «L’association a soulevé le problème à plusieurs reprises et a contacté tous les responsables des secteurs de l’agriculture et de l’hydraulique, mais en vain.

À certaines périodes de l’année, l’olivier a besoin d’un apport supplémentaire en eau. Nous sommes en novembre et nous n’avons enregistré que quelques gouttelettes de pluie. Si le projet était fonctionnel, nous ne serions pas arrivés à cette situation d’assèchement d’une bonne partie des oliveraies», déplore-t-il. L’APDO a aussi soumis plusieurs propositions pour mieux organiser la filière oléicole et à absorber la production. «Nous avons pensé qu’il est temps de créer un marché régional de l’olive à Bouira qui bénéficie d’une situation géographique stratégique». d’ailleurs, dit-il, «l’association a fait la proposition au ministre du Commerce lors de la visite qu’il avait effectuée à Bouira. Nous réitérons notre appel afin d’accélérer les procédures. Nous avons aussi proposé aux pouvoirs publics la réactivation de l’Office national des productions oléicoles pour mettre un terme à l’anarchie régnant», détaille notre interlocuteur.

Les exportateurs pénalisés

L’huile d’olive de la wilaya de Bouira, qui s’est distinguée à plusieurs reprises à l’échelle nationale et internationale, n’est pas encore valorisée. Le dernier prix en date, a été discerné l’année en cours à l’oléiculteur Omar Ouagued de la région de M’Chedallah, au 18e concours international des huiles du monde organisé par l’Agence de valorisation des produits agricoles à Paris. Une demande déposée par l’association pour la labellisation de l’huile de ladite région en juillet 2018, est restée sans suite. Ce qui dénote du peu d’intérêt qu’accordent les pouvoirs publics à l’or vert. Les quelques exportateurs, quant à eux, sont confrontés à d’énormes difficultés, en commençant par celle de la mise en bouteille.

Selon M. Toudert, les verreries algériennes ne produisent pas des bouteilles teintées destinées exclusivement pour l’huile d’olive. «Nous sommes obligés d’importer l’emballage (les bouteilles et les bouchons) avec un prix élevé depuis le Maroc, la Tunisie, l’Espagne et d’autres pays. Tous ces frais supplémentaires font que l’huile algérienne perd de sa compétitivité à l’exportation. Il faut encourager les initiatives privées pour investir dans ce domaine hautement bénéfique», dira-t-il, tout en mettant en garde contre la vente de l’huile d’olive sur les trottoirs et au bord des routes.
«Cette vente anarchique est un danger pour la santé publique. On se permet de remplir des bouteilles en plastique et les exposer au soleil. Il y a aussi une fraude à grande échelle pour ce qui est de l’huile destinée pour l’assaisonnement. Elle n’a aucune relation avec l’huile d’olive».

Les sous-produits inexploités

La quantité des déchets que produisent chaque année les 240 huileries à travers la wilaya de Bouira lors de la trituration des olives est énorme. Les sous-produits de l’oléiculture pourtant rentables et bénéfiques demeurent exploités. Le grignon d’olive et la margine sont jetés dans différents endroits, notamment dans les oueds et les canalisations de l’assainissement. Ce qui engendre une pollution inquiétante des cours d’eau et l’obstruction des canalisations. «Le grignon, par exemple, rentre dans la production des aliments pour le bétail.

Après sa transformation, il est utilisé comme un riche fertilisant des terres agricoles. Idem pour la margine qui se perd par milliers de litres dans la nature. La valorisation de ces sous-produits qu’on considère comme des déchets, encouragera l’émergence de toute une industrie créatrice de postes d’emplois», dira le président de l’APDO.

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