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Site antique de Tiklat (El kseur) : Destructions au sein de la nécropole

29 février 2020 à 9 h 01 min

La nécropole de la cité antique de Tiklat a fait l’objet d’importantes dégradations et destructions par des pelleteuses mécaniques depuis le lancement des travaux d’aménagement de la zone d’activité dite «Parc industriel de Fenaia El Kseur». Les dégâts ont été causés lors du creusement du canal d’évacuation des eaux usées.

Plusieurs tombeaux ont été éventrés mettant à l’air libre des ossements ainsi que des artefacts archéologiques. C’est ce que nous avons appris auprès d’un chercheur en archéologie que nous avons rencontré sur le site et qui a requis l’anonymat.

Ces destructions sont dues au fait que lors de la réunion de la commission mixte pour la création du parc industriel, décision a été prise de protéger seulement l’intra-muros du site antique délimité par des remparts.

«Or, tout le monde sait que les nécropoles sont toujours situées en dehors des cités antiques. Ce qui est en soi logique, et dans le cas de Tiklat, la nécropole était bien connue, répertoriée et délimitée par les chercheurs.

A l’heure actuelle, les travaux se poursuivent toujours au sein même de cette nécropole. La seule chose que les responsables des travaux et du secteur de la culture ont faite est de ramasser les ossements humains éparpillés par les travaux», affirme-t-il.

Située dans la basse vallée de la Soummam, à un jet de pierre de l’actuelle ville d’El Kseur, Tiklat est une ville antique fondée en l’an -27 avant l’ère chrétienne par l’empereur romain Octave Auguste.

Ses vestiges, qui comprennent des citernes romaines, des thermes, des nécropoles, des remparts, des céramiques, des mosaïques, des stèles funéraires et un très important mobilier archéologique, s’étendent sur plus de 25 hectares répartis sur les communes voisines d’El Kseur et Fenaïa.

Le site, qui porte le nom romain de Tubusuptu, a déjà livré une inscription libyque, ce qui tend à prouver qu’il était occupé bien avant l’invasion romaine. Tiklat était également connue pour ses remarquables amphores destinées à l’exportation du vin ou de l’huile d’olive. Produites à l’échelle industrielle, on les retrouve aujourd’hui sur tout le pourtour méditerranéen.

Selon le professeur Jean-Pierre Laporte, qui a effectué les premières recherches sur ce site et que nous avons rencontré lors de son retour en Algérie, les grandes citernes, au nombre de 15, et qui pouvaient contenir une fabuleuse réserve de 15 000 m3 d’eau potable, sont un monument extrêmement bien conservé.

Quant aux thermes de la ville qui se composent de plusieurs salles destinées à différents usages, d’une piscine et d’un frigidarium, sous leurs couches de terre et de gravats, elles auraient conservé jusqu’à leurs mosaïques.

Ce site archéologique de grande importance a fait l’objet d’une étude pour sa protection et sa mise en valeur, mais en dehors de quelques fouilles sommaires effectuées par des chercheurs français durant la période coloniale, il n’y a pas eu de fouilles et de recherches approfondies.

Une autre menace plane actuellement sur le site de Tiklat. Il s’agit du lancement imminent des travaux du doublement de la voie ferrée Béjaïa-Beni Mansour. L’actuel tracé de cette nouvelle voie n’est qu’à quelques mètres des thermes de la ville antique.

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