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Faculté des sciences exactes de l’université de Béjaïa

Les grévistes sommés de reprendre leurs postes

26 novembre 2019 à 9 h 01 min

Les 10 enseignants contestataires qui rejettent la «nomination de façon illégale et à leur insu» du nouveau chef de département ont été menacés de révocation par l’administration rectorale suite à une deuxième mise en demeure.

En grève depuis plus de trois semaines, les enseignants du département Physique de la faculté des Sciences exactes de l’université de Béjaïa contestent la nomination et l’installation, «à leur insu», d’un nouveau chef de département. Le document portant nomination du nouveau responsable a été signé le mois de juillet et a pris effet début septembre. La procédure entamée pour le changement à la tête de ce département a déplu dans la forme et dans le fond aux enseignants. Car ce changement a été opéré «en catimini et sans consultation des enseignants», précisent ces derniers.

Les enseignants grévistes estiment que «leur département dispose d’un personnel compétent et capable de prendre cette responsabilité». En plus du fait que le nouveau chef de département «cumule, en comptant sa nouvelle tâche, trois postes de responsabilité au sein de l’université, il est issu du département de technologie», fulmine un enseignant.

Les enseignants du département physique qui disent «défendre l’intégrité, la dignité et l’éthique de l’enseignant universitaire face à l’autoritarisme d’un certain nombre de carriéristes», réclament le respect de la réglementation avant la nomination d’un nouveau chef de département. Pour Mohamed Meziani Abdelkader, enseignant de département physique, «selon la réglementation, le chef de département est élu. Le rectorat doit dégager 3 candidatures parmi les enseignants les plus hauts gradés. Parmi les trois, le doyen a le droit de présenter une personne».

Malheureusement, «ils ont parachuté la personne qui doit leur obéir à la lettre avant de demander à deux autres enseignants de se présenter pour donner un cachet légal à la procédure». L’enseignant affirme «qu’aucune information concernant cette opération n’est parvenue aux enseignants et que tout a été fait d’une façon illégale et en cachette, privant les enseignants du département de déposer leurs dossiers».

Avant-hier encore, un rassemblement de solidarité a été organisé par la communauté universitaire pour dénoncer la réaction du rectorat qui a envoyé pour la deuxième fois des mises en demeure aux enseignants grévistes. Le document numérique exige de chaque enseignant de reprendre son poste de travail sous peine de «révocation au cas où celui-ci ne rejoint pas son poste de travail et de justifier les absences». Il est clair qu’à travers cette réaction, l’administration rectorale se donne le droit de déclarer cette grève illégale, au moment où les grévistes assurent que l’inspection du travail a confirmé «la conformité» de leur grève.

Tensions

Pas moins de 10 enseignants qui se sont organisés en collectif – l’administration ne reconnaissant pas le CNES local – ont adhéré à la grève. Cela a largement suffi pour perturber le cours normal des études. Le mois d’octobre dernier, une réunion informelle, où aucun PV n’a été signé entre le collectif et le responsable de la faculté des sciences exactes, a eu lieu afin de trouver une issue à ce conflit.

Les enseignants parlent «d’un stratagème et d’une mainmise d’un clan du rectorat sur ce département connu pour sa sensibilité extrême au sein de ladite faculté». A ce propos, les contestataires que nous avons rencontrés ont rappelé les tensions qui ont eu lieu il y a quelques années lorsqu’ils se sont opposés à la délocalisation du département des sciences exactes vers le nouveau campus à Amizour.

Une affaire qui a coupé les ponts, faut-il le noter, entre le rectorat et les enseignants de ce département. Vu de cet angle, les enseignants se disent en droit de suspecter que le rectorat est tout simplement en train «de se venger». Alors que les grévistes s’attendaient à une réaction positive de la part du responsable de la faculté qui a exprimé, lors de la réunion, de «bonnes intentions» selon les enseignants, ces derniers ont été surpris par l’affichage d’un long communiqué qui a contrarié leurs revendications.

Ce communiqué est accompagné d’une série de manœuvres visant à «casser le mouvement de grève», selon nos interlocuteurs, et qui ne participent qu’à envenimer la situation et compromettre le cursus des étudiants. Des décisions pédagogiques ont été prises «unilatéralement par le responsable qui s’est, selon les enseignants, donné le droit et qui visent à autoriser des collègues enseignants à modifier en cachette des procès-verbaux de notes de rattrapage ou plus grave de décider unilatéralement de valider des délibérations en l’absence et sans l’accord de tous les enseignants chargés de matières».

Parmi les manœuvres décriées, les protestataires citent l’organisation d’un examen d’un module en l’absence des enseignants grévistes. Ils dénoncent aussi l’organisation par l’administration des examens où les notes des étudiants «ont été gonflées» à l’issue d’une délibération en l’absence des enseignants concernés par les modules. Ces notes, précisent les contestataires, ont été remises sous la condition «d’imposer aux étudiants de ne pas contester l’examen du module en question».

A cet effet, ils exigent «l’annulation pure et simple des examens incriminés et des notes octroyées, l’annulation des décisions de délibération des matières usurpées». Les grévistes souhaitent une large concertation et leur implication dans la prise des décisions qui engage le bon déroulement des activités dans ce département. 


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