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mardi, 11 août, 2020
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La faune sauvage en net déclin

07 janvier 2020 à 9 h 00 min

La faune sauvage peuplant les montagnes et les plaines de la vallée de la Soummam est mise à rude épreuve. Le volume de cette biocénose recule inexorablement au fil des années. Certes, aucune étude sérieuse n’est menée pour appréhender avec précision l’état des lieux.

Néanmoins, il y a des signes qui ne trompent pas. L’exemple de l’avifaune est des plus révélateurs. Ces espèces, qu’elles soient endémiques ou sauvages, se font de plus en plus rares. Les passereaux migrateurs, comme l’étourneau et le rouge-gorge, ont pratiquement déserté les étendues champêtres, les maquis et les vergers de la Soummam, qu’ils ont coutume de coloniser dès le début de l’automne. Il est tout aussi difficile d’apercevoir la grive, qui se plaisait à se calfeutrer dans les fourrés de lentisques, où elle trouve gîte et couvert.

Le sort de la perdrix, qu’on débusquait autrefois au hasard d’une balade dans la prairie, n’est guère meilleur. L’emplumé est victime d’un braconnage outrancier et de la dégradation de sa niche écologique. Victime de son beau plumage et de son chant mélodieux, le chardonneret fait l’objet d’un commerce éhonté. Des spécimens sont capturés et vendus à prix d’or. Les volatiles sont réduits à (sur)vivre en captivité dans des cages accrochées aux devantures des boutiques d’alimentation générale, des salons de coiffure et autres ateliers de vulcanisation !

Le gros gibier est lui aussi, traqué impitoyablement. La notion de prélèvement, sous tendue par la sobriété, le bon sens et le souci de préservation des espèces, n’est plus de mise. L’image du lièvre broutant l’herbe grasse des prairies, et se hasardant parfois jusqu’aux pas de nos chaumières de campagne, n’est plus qu’un vieux souvenir.

Le sanglier, qui se laissait facilement surprendre à la lisière des bois, ne donne presque plus signe de vie. Des chasseurs sans foi ni loi lui mènent la vie dure. Dans un pur réflexe de prédation, digne de nos lointains ancêtres du néolithique. Difficile d’imaginer, dans ces conditions, que la densité de peuplement de ce mammifère puisse atteindre le seuil garantissant sa survie. D’autant plus que la situation est aggravée par d’autres actions anthropiques tout aussi perverses : déboisement, pollution, incendies de forêt…

Classé pourtant site Ramsar par la convention éponyme, Oued Soummam n’est sans doute jamais si ostensiblement souillé et profané. La pénétrante autoroutière qui défigure l’écosystème sur toute sa longueur et les rejets de toutes natures dont il est le réceptacle font peser une sérieuse menace sur la biodiversité.

Des espèces faunistiques et floristiques, parmi le moins résilientes, ont déjà disparu de ce biotope. D’autres espèces sont condamnées à une extinction inéluctable.



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