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Épidémie du coronavirus : Béjaïa rechute après des signes de décrue

17 mai 2020 à 9 h 48 min

La situation épidémiologique relative au coronavirus redonne ces jours-ci des signes d’inquiétude à Béjaïa après une amorce d’une décrue qui avait permis, il y a deux semaines, de croire au début de la fin et d’inviter population et personnel de la santé à souffler.

Le premier signe du recul de la contamination a été donné à la fin du mois d’avril dernier lorsque la wilaya n’avait compté aucun nouveau cas, ni suspect ni confirmé. Depuis le premier cas déclaré le 17 mars, il ne s’est presque pas passé un jour sans que la liste des contaminés ou des suspectés ne s’allonge. Les bilans prometteurs des jours suivants avaient fait croire à une amélioration de la situation, malgré une évolution en dents de scie. Béjaïa rechute.

Le long de six jours, soit du 1er au 6 mai, l’on a eu neuf cas positifs cumulés, contre une vingtaine durant la dernière semaine d’avril et presque autant durant la semaine d’avant. Avant cela, on a vécu des jours plus effrayants, comme ceux de la première décade d’avril, avec un bilan d’une soixantaine de personnes atteintes et de dix qui ont succombé.

Mai a débuté avec un signe d’espoir avant que le 7 du même mois le signal repasse au rouge. 21 cas d’un coup, dont une fillette, et un nouveau décès, allongeant la liste des contaminés à 177 et 18 morts déplorés dans la wilaya. Le lendemain, vendredi, la situation redonne une nouvelle fois espoir lorsque la direction de la santé a annoncé n’avoir enregistré aucun nouveau cas dans toutes les structures sanitaires de la wilaya.

Mais les effets du relâchement observé dans les mesures de prévention chez une partie de la population ont livré leurs premiers dégâts : du 7 au 15 mai, en seulement neuf jours, 98 cas.
À l’origine de la flambée

Pour comprendre cette flambée épidémiologique et trouver son origine, il faudra remonter à deux semaines auparavant, soit le temps nécessaire à l’incubation du virus. On y trouve deux faits majeurs.

C’est exactement deux semaines plus tôt qu’a débuté le Ramadhan qui a fait sortir les citoyens en foule, prenant d’assaut les commerces, négligeant affreusement les gestes barrières. C’est aussi deux semaines plus tôt que le flux humain s’est amplifié avec la réouverture autorisée, le 25 avril, de plusieurs commerces.

Il ne fallait pas plus pour voir pointer du nez une catastrophe sanitaire, traduite par le lourd lot de cette dernière centaine de contaminés. A peine une semaine plus tard, les autorités se sont d’ailleurs précipitées à ordonner la fermeture une nouvelle fois des commerces rouverts.

Il ne faudra pas ignorer aussi l’entrée en service, début mai, du laboratoire de la faculté de médecine de l’université Abderahmane Mira, autorisé par l’Institut Pasteur à faire le dépistage. Dans le sillage du relâchement et des négligences, un autre phénomène inquiète : la contamination par groupe.

Le samedi 9 mai, six nouveaux cas dont cinq d’une même famille dans le seul village Tamelaht dans la commune de Kherrata, à l’extrême est de la wilaya, sont annoncés. Depuis les contaminations de quelques invités d’une fête de mariage à Tichy, la contagion par groupe de citoyens est passée à un autre stade d’importance avec ce cas de Tamelaht.

Le lendemain des cinq cas, trois autres habitants de ce village sont testés positifs sur les 17 personnes contaminées pendant la journée du 10 mai. Le surlendemain, un neuvième habitant du même village s’ajoute à la liste. Personne ne sait si la contagion s’arrêtera à ce chiffre. Que s’est-il passé à Tamelaht ? On l’ignore. La communication officielle, défaillante, ne donne aucune précision. A ce rythme, en tout cas, le mois de mai se montre celui des contaminations collectives. Jugeons-en.

Contaminations collectives

La même journée du lundi 11 mai, en plus des dix nouveaux cas positifs, 22 autres cas sont déclarés suspects. La moitié d’entre eux, tous des jeunes ne dépassant pas les 28 ans, travaillent dans un chantier à Oued Ghir, probablement celui de réalisation de centaines de logements qui regroupe de nombreux ouvriers de plusieurs régions du pays, mais aussi des étrangers.

A la faveur du manque ou de l’absence de prévention, le virus y a trouvé un terrain propice pour se propager. Il faut espérer qu’il ne le fasse pas davantage au sein de la population de Oued Ghir, sachant que c’est par cette ville que transitent les ouvriers des chantiers de logements. Ce qui est certain c’est que le coronavirus a atteint le corps de la police de Oued Ghir. Sur les 16 personnes déclarées positives, mardi dernier, la moitié sont des policiers de l’unité de la commune. Vendredi, ils étaient deux parmi les dix de la journée. Ils s’ajoutent aux cinq autres policiers contaminés la veille où pas moins de neuf autres ont présenté des symptômes du Covid-19.

Les bilans quotidiens de la situation épidémiologique nous révèlent des foyers de contamination précis dont le plus inquiétant demeure sur l’axe qui va de Béjaïa jusqu’à Kherrata. La côte est de la wilaya continue à être la cible privilégiée de l’épidémie, comme le confirment les chiffres du mercredi dernier.

La quasi-totalité des cas positifs et suspects de la journée est de cette partie de la wilaya où l’on doit doubler d’efforts plus qu’ailleurs. La situation ne prête pas à la négligence. Vendredi, Béjaïa a déploré son 20e décès emporté par le Sars-CoV-2. Au vu de ces statistiques, il est difficile de dire que la wilaya a dépassé le pic.


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