Dr Nedjib Sidi Moussa au Café littéraire de Béjaïa : «Il faut donner du contenu aux slogans du mouvement» | El Watan
toggle menu
lundi, 09 décembre, 2019
  • thumbnail of 20191209


  • Massage Tunisie


Dr Nedjib Sidi Moussa au Café littéraire de Béjaïa : «Il faut donner du contenu aux slogans du mouvement»

12 novembre 2019 à 9 h 00 min

«Une révolution qui irait jusqu’au bout, c’est un mouvement populaire qui donnera tout son sens aux idéaux de la liberté, de l’égalité et de l’indépendance pour passer de la libération du pays, à la libération de l’individu et qui réalisera de nouveaux rapports humains basés sur l’amour et la fraternité», a analysé Nedjib Sidi Moussa, docteur en sciences politiques à l’université de Panthéon-Sorbonne, lors de la conférence-débat organisée par le Café littéraire de Béjaïa samedi sur l’esplanade de la maison de la culture, avec l’intitulé suivant : «pour une révolution qui aille jusqu’au bout».

L’orateur invite à ne pas «céder au triomphalisme», qui est une forme «d’illusion» car, entend-il, «ce qui se passe depuis le 22 février est important, mais ce n’est pas la fin. Le hirak doit se projeter au-delà du 12 décembre incertain et imposer son propre calendrier qui ne doit pas se caler uniquement sur les manifestations du vendredi et du mardi».

Partisan de la révolution sociale, Dr. Nadjib Sidi Moussa pense que «le mouvement populaire qui est traversé par de nombreux courants doit aboutir à la création de nouveaux rapports sociaux entre les individus, faire en sorte qu’il soit libre de toute forme d’exploitation et d’oppression» mais cette perspective, dit-il, ne s’exprime pas avec clarté dans la rue. Ce qu’il faut réussir à faire, c’est de «donner du contenu aux slogans du mouvement».

Le slogan «pour un état civil non miliaire» peut vouloir dire «démilitariser la société, refuser et critiquer les rapports autoritaires, refuser les injonctions venant d’en haut ; c’est plutôt de la base que doit venir la création et l’organisation». Le mode opératoire que favorise le politologue pour enclencher «le véritable changement sur le plan de la liberté, l’égalité et l’émancipation, ces idéaux qui sont exprimés timidement et de manière confuse dans la rue», doit passer, selon lui, «par la création de comités et d’espaces de débat et d’action à travers le pays où l’on organise la solidarité agissante». L’auteur plaide pour le maintien de l’horizontalité du mouvement.

L’une des illusions du hirak, pense-t-il, «est celle qui consiste à vouloir absolument trouver une direction à ce mouvement». Et de nuancer que cette tendance est dictée «par la frustration démocratique qu’ont connu les Algériens quand la démocratie participative a été introduite en Algérie de la manière la plus faussée possible».

Les comités et les espaces de débat dont parle l’orateur pourraient devenir de nouveaux embryons d’une nouvelle forme de démocratie qui permettra aussi de poser les questions qui fâchent.

Parmi eux, développe-t-il, « il y a l’égalité entre les hommes et les femmes et pas seulement en droit, poser la question de la séparation de l’Etat de la religion, que les imams ne soient plus des fonctionnaires et qui seront rémunérés par leur communauté, que les minorités religieuses ou les athées ne soient pas agressées pour le simple fait de croire autrement ou de ne pas croire, poser la question de la justice sociale qui est l’un des moteurs de ce mouvement et résister aux mesures néolibérales du patronat et du gouvernement entre autres questions».


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!