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jeudi, 28 mai, 2020
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Coronavirus à Béjaïa : Les citoyens se prennent en charge

29 mars 2020 à 9 h 40 min

Une louable dynamique anime les citoyens dans les quatre coins de la Kabylie qui s’organisent fortement pour faire face à l’épidémie du coronavirus.

Aux campagnes de sensibilisation qui font rage autant dans le monde virtuel des réseaux sociaux que dans celui réel de la société, s’ajoutent des programmes de désinfection tous azimuts et des batteries d’actions menées sur le terrain.

Bien avant que les services de l’État n’interviennent, des citoyens se sont mis au front avec leurs moyens pour se lancer dans des opérations de désinfection des espaces publics. Certains l’ont fait avec un pulvérisateur d’eau et de chlore accroché à l’extrémité d’un tracteur agricole et sillonnant rues et ruelles. D’autres se sont organisés en groupe pour les mêmes tâches dans de nombreuses localités.

Dans la ville de Béjaïa, il est loisible de voir des citernes d’eau javellisée placées dans plusieurs endroits stratégiques et à côté desquelles sont posés des flacons de savon liquide. Les passants sont servent volontiers pour se laver les mains. Jamais de telles mesures d’hygiène n’ont impliqué autant de monde et suscité autant de discipline dans l’espace public.

L’opération s’est généralisée sur tout le territoire de la Kabylie où l’on cible, entre autres endroits, les abris-bus et les importants points de passage de piétons. La vigilance et la prévention sont de rigueur dans beaucoup de villages.

À l’entrée de certains d’entre eux, comme à Tardam, dans a commune de Toudja, chaque véhicule est aspergé d’une eau stérilisante. Au chef-lieu de la wilaya de Béjaïa, un jeune commerçant a acquis sur ses propres fonds, un lot de gel hydroalcoolique qu’il a distribué gratuitement, priorisant les personnes âgées. Hicham, dans un élan de solidarité désintéressé, est venu au secours même des structures de santé.

Plus doté en moyens, le comité «Stop Covid 19 Béjaïa», constitué de médecins, opérateurs économiques, avocats et autres membres de la société civile, continue de distribuer, de son côté, du matériel de protection aux différentes structures qui dépendent du CHU Khellil Amrane. Pour faciliter le confinement du troisième âge, des jeunes ont offert leurs services publiquement pour leur venir en aide pour toute urgence ou commissions d’achat. Dans la ville d’El Kseur, un citoyen, propriétaire d’une agence de location de voitures, a mis son parc automobile au service du corps médical pour les besoins de ses déplacements.

Auto-confinement

Des collectifs associatifs ou comités de village ont pris sur eux la responsabilité de coordonner un plan d’action pour encadrer l’auto-confinement auquel ils sensibilisent les populations. Bien qu’il ne soit pas encore généralisé, le mot d’ordre est grandement suivi à Béjaïa, volontairement et sans les renforts répressifs de l’État.

À Akfadou, par exemple, l’organisation citoyenne a donné naissance à une coordination de comités de villages qui a conclu à la mise en place de trois points de sensibilisation sur les principaux axes routiers de la commune. Chaque village s’est doté de sa propre cellule de veille avec alternance au niveau des points de surveillance.

D’aucuns entendent garantir le «risque zéro», faire barrage au virus qui ravage le monde et qui ne reconnait pas les frontières. L’objectif est commun : «Village sans corona». On s’applique aussi à assurer, tant bien que mal, la distanciation sociale en l’indiquant par des lignes ou des ronds tracés sur le sol devant certains commerces, comme les pharmacies et autres boutiques, et endroits pouvant accueillir du monde.
L’urgence sanitaire a suscité une prise de conscience citoyenne agissante.

L’attention pour les sans-abri, qui côtoient le risque du covid-19 dans les rues de la ville de Béjaïa, est venue des citoyens. Cette catégorie de personnes a droit aussi au confinement. Le propriétaire d’une salle des fêtes (Vie la joie) y a pensé et a offert gracieusement son espace pour cela. Jusqu’à hier, on a réussi à accueillir vingt SDF dont trois femmes. Entièrement pris en charge, vêtus, logés et nourris, aucun ne sort.

Des jeunes d’Iheddaden, impliqués dans l’organisation du «forum des libertés» du quartier et dans l’association Abane Ramdane, se sont constitués en un collectif «Solidarité, unité, dignité». Joints par le Croissant-rouge, la DAS, l’APW, la LADDH et des bénévoles qui ont offert des denrées alimentaires, ils sont continuellement aux petits soins avec ces SDF qui trouvent dans cette salle des fêtes un toit protecteur. L’espace peut prendre encore des sans-abri.

Parmi ceux qui y sont, il y a des vieux et des jeunes, des hommes et des femmes, des habitants de Béjaïa et d’autres venus de loin (Boumerdès, Sétif…). Avant de trouver des habits propres, un lit et un repas chaud, ces personnes en détresse sont passées par les douches et le médecin de la polyclinique. «Des gens ont appelé de partout pour aider, même de Jijel.

On les a invité à faire de même là ou ils sont» nous affirme Abdenour Ziani, l’un des membres actif du collectif qui s’apprêtent à passer à l’opération de distribution de «couffins» à domicile. La crise sanitaire a provoqué un formidable élan de solidarité citoyen sur fond d’un auto-confinement auquel l’on est de plus en plus nombreux à croire à son utilité et au salut qu’il offre.



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