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Béjaïa : Les bus sur Alger zappent Tazmalt

24 novembre 2019 à 9 h 00 min

Les usagers des transports publics de la daïra de Tazmalt, qui inclut les communes de Beni Mlikeche et de Boudjellil, trouvent d’énormes difficultés à se déplacer sur les grandes lignes desservant Alger, Bordj Bou Arreridj et Sétif.

La raison est toute absurde : la grande majorité des transporteurs se plaisent à emprunter la pénétrante autoroutière qui leur fait gagner du temps, laissant sur le carreau des citoyens qui attendent désespérément le passage d’un hypothétique bus. Seize associations (de villages, de quartiers, de malades chroniques, d’agriculteurs…) ont interpellé les autorités dont le directeur des transports de la wilaya sur ce qu’elles qualifient d’abus.

«En effet, depuis quelques mois, ces transporteurs ont décidé abusivement d’emprunter le tronçon de la pénétrante vers Ahnif, abandonnant à leur sort (citoyennes et citoyens) qui attendent dans les arrêts habituels d’Allaghen et de Tazmalt, sans aucun égard vis-à-vis des droits du citoyen de se déplacer, sans empathie vis-à-vis des personnes âgées, des malades, des familles abandonnées (dans) des arrêts habituels alors qu’on est contraint de rejoindre qui l’université, qui son rendez-vous médical ou son poste de travail» dénonce le groupe d’associations.

Interdits d’accès à la pénétrante, aux premières années de son inauguration, les poids lourds dont les bus sont, en effet, de plus en plus nombreux, depuis quelques mois, sur cet axe.
La pénétrante autoroutière débute, pour les véhicules démarrant de Béjaïa, au niveau de la localité de Takriets par où les transporteurs dévient, zappant ainsi les villes d’Ighzer Amokrane, d’Akbou et de Tazmalt mais aussi des localités relevant de la wilaya de Bouira, sur la RN5.

Le peu de transporteurs qui renoncent à accéder à la pénétrante autoroutière à partir de Takriets, ont la possibilité de le faire au niveau de la ville d’Akbou où un échangeur se trouve à son entrée. Dans les deux cas, les habitants de la daïra de Tazmalt sont les grandes victimes de ces transporteurs. «Ne pouvait-on pas prévoir bien avant de «rayer Tazmalt» de l’itinéraire ?» s’interrogent, ironiques, les protestataires, d’autant plus dépités que l’ouverture de bretelles sur la pénétrante n’est pas à l’ordre du jour des autorités.

Pour seules explications de ces détours, les transporteurs avancent souvent l’argument de l’indisponibilité de places, les bus seraient chargés au départ, ou encore la contrainte des nombreux dos-d’âne qui allongent le temps du trajet sur les RN 12 et 26. «Si des prétextes mettant en cause les «ralentisseurs» ou les «bus complets» sont évoqués pour éviter Tazmalt, comment expliquer le refus de prendre carrément ces mêmes voyageurs à partir de la gare centrale de Kharouba qui leur présentent pourtant le billet délivré au guichet mentionnant le nom du transporteur concerné ?» s’interrogent les victimes.

Un problème en aller-retour

Le problème se pose donc doublement, en aller-retour. A partir d’Alger, les mêmes transporteurs préfèrent quitter l’autoroute au niveau d’Ahnif, accédant directement à la pénétrante qui les conduit droit vers la localité de Takriets, passant sur les communes de la daïra de Tazmalt que l’on peut apercevoir au loin. La bretelle qui permet de bifurquer vers la commune d’Akbou n’est, elle aussi, pas empruntée systématiquement. Un accès est possible vers les communes d’Ait Rzine, Boudjellil, Ighil-Ali et Tazmalt par la voie de la bretelle qui passe par la localité d’Allaghen. Cette bretelle conduit vers un chemin de wilaya qui est cependant étroit et dégradé.

Elle est sensée être provisoire, soit le temps de réaliser un échangeur que les autorités ont promis il y a longtemps. «Si la question semble se résoudre pour Akbou et Allaghen, le cas des voyageurs de Tazmalt a, au contraire, empiré» croit savoir un militant associatif. «Le problème s’aggrave davantage au retour, lorsqu’à n’importe quelle heure des familles ou des personnes âgées sont abandonnées (dans) des arrêts non sécurisés de l’autoroute (Aït Rzine)» dénoncent, encore, les 16 associations, touchant du doigt un grave manquement au service public. C’est souvent sur le peu de transporteurs qui démarrent de ces communes, où ils résident, que l’on mise, absorbant un tant soit peu la demande.

En août dernier, des représentants des associations de la daïra de Tazmalt ont remis une pétition aux responsables de la direction des transports. «Convenez que de tels comportements sont contraires à la loi ; aussi nous vous demandons d’agir énergiquement afin de faire cesser ces dépassements préjudiciables en veillant au strict respect de l’engagement signé par le transporteur» réclament les pétitionnaires auprès du directeur des transports.

La direction a promis de sensibiliser les transporteurs sur ce problème, mais sans suite. «Nous étions tellement confiants que nous avons renoncé à saisir d’autres responsables, mis à part  les P/APC  de Tazmalt et de Beni Mellikeche» affirme un des représentants du mouvement associatif.

Depuis août donc, les bus, desservant la destination d’Alger notamment, continuent à se faire désirer à Tazmalt, au grand dam des usagers condamnés encore à attendre dans le froid, l’obscurité et l’incertitude. «A quand la fin de ces éternelles pétitions à répétition pour faire respecter simplement les droits des citoyens ? A quand la fin des requêtes à qui de droit ?» s’interroge un des pétitionnaires.


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