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Akbou : L’euro vaut toujours plus cher

13 décembre 2021 à 10 h 01 min

Si l’orientation à la hausse de la parité de la devise européenne face à la monnaie locale ne date pas d’hier, son ascension s’est considérablement accentuée au cours de ces derniers mois. «Le taux de change est régi par la loi de l’offre et de la demande, en fonction du jeu spéculatif auquel se livrent les acteurs du marché», souligne un expert en finance, signalant que la dégringolade du dinar traduit une pression accrue sur la devise.

Les effets conjugués de la dévaluation du dinar opéré par les autorités, à l’effet de juguler le déficit budgétaire, et la dégradation des indices macroéconomiques sur lesquels est adossé le taux de change, ont sans doute contribué à accélérer cette descente aux enfers de la monnaie locale. «La demande en devise va crescendo, face à un dinar en surliquidité et qui s’érode à vue d’œil», estime le gérant d’un bureau de change d’Akbou. Au marché informel de la ville d’Akbou et des autres localités de la Soummam, 1 euro s’échangeait, la semaine dernière, contre 116 DA à l’achat et 114 da à la vente. Des intervenants de cette bourse «interlope» nous font savoir que le marché de la devise est principalement alimenté par les revenus de notre diaspora et des retraités de l’émigration. Il est, par ailleurs, constaté une tendance au tarissement de la source délictuelle de la devise générée, notamment, par les opérations de surfacturation des biens d’équipement et de consommation.

La méfiance qu’inspire un dinar en constante perte de vitesse et l’effet psychologique induit par la crise ont favorisé l’émergence de réflexes de thésaurisation en euro et accessoirement en dollar américain. «Cette ruée à investir tout le stock de liquidités dans les devises étrangères, confortées dans leur place de monnaies-refuges, dope le marché des devises et génère leur flambée», confie un banquier.

A se fier à certaines indiscrétions, de nouvelles catégories de demandeurs ont fait irruption dans cette sphère informelle, créant un appel d’air et partant, un raffermissement des cours de la devise. «A côté des clients algériens traditionnels, il y a de plus en plus d’étrangers comme les subsahariens et les Chinois qui s’approvisionnent en grosses quantités de devises, pour ensuite les rapatrier dans leurs pays d’origine», révèle un «cambiste» habitué de la place.

Des observateurs avertis de la finance subodorent que la dérive du dinar n’est pas près de s’estomper. Bien au contraire. «La monnaie est le miroir de l’économie. Tant que notre économie n’est pas performante, ce qui n’est pas pour demain, il ne faut pas espérer un miracle», tranche un retraité de la finance.


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