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Akbou : Hommage aux cyclistes du tour d’Algérie

12 janvier 2020 à 9 h 00 min

Pendant 88 jours, Aimad Idjennaden et Achour Aghroud, deux cyclistes amateurs, ont réussi un périple marathonien de 7300 km à travers sable et asphalte.

Si Phileas Fogg, le gentleman anglais, personnage du fameux chef-d’œuvre de Jules Verne, a fait le tour du monde en 80 jours, Aimad Idjennaden et Achour Aghroud, deux cyclistes amateurs originaires d’Akbou, eux, ont fait le tour d’Algérie en 88 jours. Sur deux roues, à la force du jarret et celle du mental.

Un périple de 7300 km et un authentique exploit sportif et humain teinté d’une agréable note écologique puisqu’ils se sont promis de planter un arbre à chaque étape tout en sensibilisant sur la nécessité de protéger la nature et l’environnement.

En ce samedi 4 janvier 2020, Akbou, leur ville d’origine et capitale de la haute Soummam, a abrité une sympathique et chaleureuse réception organisée en leur l’honneur. «En les accueillant, nous voulions leur rendre hommage mais surtout rendre hommage à tous ceux qui les ont accueillis chez eux», dit Karim Maraoui, l’un des membres du comité d’organisation.

En ouverture de l’hommage qui comportait une collation, un dîner, des témoignages, un gala musical et un court-métrage, extrait d’un film réalisé par Hamza Boukir et Merzouk Debiari, projeté à l’assistance. Ce film d’une durée d’un peu plus d’une heure, dont seulement un extrait a été projeté, retrace les différentes étapes et les nombreuses péripéties de ce périple marathonien réalisé par les deux cyclistes.

Outre les familles et les amis des deux cyclistes, les invités d’honneur, eux, sont venus d’une vingtaine de wilayas. Nous avons profité de cette occasion pour rencontrer nos deux héros, auteurs d’un authentique exploit sportif et humain, pour recueillir leurs impressions et les quelques observations toutes personnelles qu’ils ont tiré de ce tour d’Algérie. Achour : «La première chose que je retiens de ce tour d’Algérie est qu’il m’a permis de prendre conscience que les Algériens, quelque soit la région où ils vivent, sont vraiment formidables.

Ils sont accueillants et hospitaliers. Partout, nous avons été accueillis de la même manière irréprochable». Aimad : «Chaque jour, on se disait, c’est le meilleur accueil que l’on vient de recevoir. Le lendemain, c’était encore mieux.

Les gens vous hébergent, vous donnent le gîte et le couvert, sans même vous connaître et sans rien savoir de vous». Achour : «Au lancement de ce projet, je savais déjà que je pouvais compter sur mon ami et coéquipier, Aimad, qui est un homme qui tient parole et qui ne recule jamais. C’est un fonceur. Donc, dès le départ, on s’est mis dans la tête de ne jamais renoncer quelles que soient les difficultés rencontrées au cours de la route. L’objectif était d’aller jusqu’au bout.»

Avant de se lancer dans cette aventure, trois amis cyclistes amateurs comme lui avaient proposé en 2017 à Aimad de faire Alger-Tamanrasset à vélo. Chose qu’il a acceptée avec joie. Le raid cycliste est bouclé en 20 jours et cela marque le début de son aventure avec les longues distances à vélo. «J’avais envie désormais de faire plus et mieux», dit-il.

C’est de là qu’est née l’idée de faire un jour le tour d’Algérie à vélo. Achour, qui vit en France, a délaissé son travail et sa petite famille pour vivre pleinement cette aventure. «Je ne connaissais pas vraiment l’Algérie et cela m’a donné l’occasion de la connaître», dit-il.

Deuxième tour

A propos des moments difficiles, nos deux amis ont affirmé qu’ils en ont, bien évidemment, connus, à certaines étapes. Achour : «J’ai eu bien sûr des moments de doute où je n’avais ni le moral ni les jambes, où j’étais un peu malade aussi. Mais avec le recul, ces moments-là, je les vois comme de bons moments de dépassement de soi où l’on apprend l’humilité et la patience.» Aimad, quant à lui, recentre sur toutes les bonnes volontés, amis et familles, qui étaient derrière eux et les poussaient à aller de l’avant.

«Quand, au bout d’une journée d’efforts, tu t’arrêtes la nuit, au milieu de nulle part, presque au bout de tes forces physiques et que tu reçois un message d’encouragement de quelqu’un qui croit en ce que tu fais, tes batteries se rechargent automatiquement. C’est grâce à ces soutiens que nous sommes allés jusqu’au bout», dit-il.

Il faut des jambes bien préparées et surtout un mental d’acier pour aller jusqu’au bout d’une aventure de 7300 km en 88 jours. «Mentalement, il fallait ne penser qu’à l’étape en cours. Ne pas se focaliser sur les milliers de kilomètres qui nous attendent. Chaque jour est un nouveau jour. Ne penser à rien d’autre. Même un champion, s’il n’est pas préparé mentalement risque d’abandonner au bout d’une journée de poussière et de vent de sable», disent-ils ensemble.

La plus belle ville d’Algérie ? Réponse commune : «Toute l’Algérie est belle. Djanet est exceptionnelle. Trois jours d’arrêt pour entretien. On n’a pas vraiment vu grand-chose mais Djanet sort vraiment du lot.» L’étape la plus difficile ? «Le plateau entre Bordj El Haouas et Idles. Rouler sur le sable avec le vent en face. Même pour notre modeste voiture il fallait lui tracer le parcours», disent-ils unanimement.

Le point noir de ce périple ? «Partout les services de police nous arrêtaient systématiquement pour nous faire remplir les mêmes formulaires. Nom, prénom, noms des parents, adresse, profession, destination, motifs du déplacement, etc. Cela nous faisait perdre beaucoup de temps et d’énergie. Les gendarmes nous appelaient par téléphone pour nous demander de passer chez eux.

Ils nous ont même demandé pourquoi on plantait des arbres», affirment les deux compères. Un regret ? «Aucune aide des autorités. Ni les services de la culture, ni ceux du tourisme, ni ceux de l’environnement et encore moins ceux du sport. Personne ne nous a contactés. Nous n’avions pas de sponsors non plus», disent-ils.

Pour finir, Aimad et Achour promettent qu’il y aura très certainement un deuxième tour d’Algérie à vélo. Le temps de se reposer et faire une meilleure préparation sur tous les plans et c’est l’occasion également pour les autorités de ce pays de se racheter et d’accompagner comme il se doit, avec les moyens de l’Etat, une aussi belle et aussi bénéfique initiative. 


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