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Dialogue de geôles, c’est ainsi qu’on pourrait traduire la dernière œuvre que Zahra Boussekine vient de publier aux éditions jordaniennes du centre de recherches Errihani.

Zahra Boussekine ausculte les geôles féminines

05 décembre 2016 à 10 h 00 min

Écrite sous forme d’étude psychologique traitant des troubles psycho-traumatiques chez la femme criminelle, l’œuvre cherche surtout à se dresser comme un garde-fou contre tout préjugé. «Je voulais briser tout tabou», déclare, d’emblée, Zahra Boussekine comme pour avertir que son œuvre ne se veut ni une plaidoirie de défense encore moins le réquisitoire d’un juge. «En tant que journaliste à Radio Skikda FM, j’ai eu auparavant à réaliser une série de reportage pour parler de ces femmes ayant poussé les choses jusqu’à l’irréparable en commettant des crimes. J’ai eu, dans ce cadre à rencontrer quelques-unes qui ont accepté de parler de leur passé, de leur crime et de leur présent». Ces rencontres finiront par marquer Zahra dans son subconscient.

Elle reconnaît même avoir été tourmentée par les confidences, souvent insoutenables, de ces femmes. Forte de cette expérience humaine, Zahra décide alors de donner à son œuvre journalistique une dimension plus scientifique «pour mieux cerner le produit des troubles psycho traumatiques chez ces femmes et de là servir de référence scientifique pour une meilleure approche qui viserait d’incontournables prises en charge», explique-t-elle.

Zahra reprendra alors ses dialogues en prenant plus de recul. Elle passera deux années à échanger avec des femmes incarcérées et d’autres ayant quitté leurs geôles. «Il ne m’était pas facile de rassurer et d’emmener ces femmes à parler de leurs vies, voir même de leurs crimes. Ces femmes disposent presque toutes d’un incroyable mécanisme de défiance. Certaines tentent de trouver des justificatifs à leurs actes, d’autres, certainement pour mieux se protéger, s’offrent des fois des airs de supériorité pour tenter de cacher leur faiblesse. Chez d’autres encore, on relève un sentiment de regret très présent avec cependant un sentiment de rejet de l’ensemble de la société».

Ne se contentant pas de dresser des portraits psychologiques de ces femmes, Zahra poussera son étude jusqu’au plus profond de ces êtres pour situer les mécanismes et les causes les ayant poussés à de tels actes: «J’ai relevé qu’une minorité infime de ces femmes semblait prédisposée à commettre ce genre d’acte. D’autres ont commis l’irréparable pour répondre à d’autres violences qu’elles avaient subies». Notons qu’avec cette œuvre, Zahra apporte à son style un doigté plus pragmatique que celui, agréablement littéraire qu’on lui connaissait.

Elle étoffe et enrichit ainsi une bibliographie qui fait d’elle l’une des rares valeurs culturelles locales ayant glané des prix littéraires de renommée arabe comme le prix Souad Essabah au Koweït, le prix «Style libre» en Égypte, le prix Naji Naamane au Liban. N’oubliant pas ses premiers amours, Zahra s’est déjà lancée dans une autre aventure en préparant une œuvre intitulée «le Burn-Out chez les speakerines de la Radio». Bravo consœur. 

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