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Au pays de la tomate industrielle

Rouge, comme la région est de Skikda

04 août 2019 à 9 h 00 min

La tomate ici n’est pas un simple fruit. C’est un fait social, un bénéfique chamboulement socio-économique pour une région marginalisée.

Tout est rouge dans la région Est de la wilaya de Skikda. Tout bouge surtout. La fièvre de la tomate bat son plein de Djendel à la Marsa, en passant par Ben Azzouz. Tels que des fourmilières écrasées par un soleil de plomb, les champs grouillent de jeunes occupés à récolter le «fruit de la passion» qui fait vivre plus de 2000 familles.

Sur les routes, le trafic est totalement infesté par d’interminables cortèges de camions et de tracteurs mettant le cap vers les trois conserveries de la région qui tournent à plein régime en ce mois de juillet. Bienvenus, vous êtes bien à l’eldorado rouge de Skikda.

Ici, près de la moitié de la production de la tomate industrielle y est réalisée. Ce produit a d’ailleurs fini par devenir un véritable label de la région et les saisons de récolte y sont attendues avec impatience. «Cette filière fait vivre 2000 agriculteurs et génère plus de 25 000 postes d’emploi directs et saisonniers», estime Mourad Bourekouk, président de la Chambre de l’agriculture de la wilaya de Skikda (CAWS).

Ici, tout le monde trouve son compte. A Boumaïza, dans la commune de Ben Azzouz, un groupe de jeunes, écouteurs branchés aux oreilles, s’attelaient à emplir des caissettes et à les charger sur une camionnette. Leur habilité est telle qu’on croirait qu’ils ont de tout temps fait ce travail. Le temps d’une pause, ils témoignent…

Une ruche génératrice d’emplois

«Oui, ça nous aide beaucoup. On nous donne 50 DA pour chaque caissette. Il nous suffit de travailler deux heures le matin et deux autres l’après-midi pour se faire un peu d’argent. Ici, le chômage nous tue, heureusement qu’il y a la tomate qui nous aide à subvenir à nos besoins et à aider nos familles. Ici, tout le monde peut se faire un peu d’argent.

Il y a même des jeunes qui viennent d’autres wilayas du pays pour travailler sur ces champs». Pour ces jeunes de Boumaïza, la saison de la tomate représente la haute saison des pécules. L’hiver venu, ils retourneront à leurs bancs d’école, et d’autres, à leur oisiveté. La dynamique économique créée par la mue que vit la filière dans cette région est un fait avéré.

Son impact est irréfutable. La bénédiction de la tomate ne se limite pas aux seuls producteurs et autres cueilleurs du fruit. Beaucoup de monde profite de cette «aubaine rouge». Le petit cafetier du coin, le vendeur de sandwichs, le transporteur ou les petits porteurs trouvent eux aussi leur «bout de pain».

D’autres étudiants, chômeurs et pères de famille préfèrent travailler au niveau des 50 points de collecte qui jalonnent les routes de la région. Chaque point emploie en moyenne une vingtaine de personnes. Ils y assurent la réception des caissettes pleines de tomates, qu’ils chargent de nouveau sur d’autres camions, des semi-remorques le plus souvent, qui prennent aussitôt la route vers les conserveries de Sétif, Blida, Oran et Chelghoum Laïd.

Ces points de collecte constituent des dépôts de fortune implantés sur des terrains affectés par les communes concernées à des conserveries implantées hors wilaya. «C’est un système de facilitation qui permet une meilleure régulation de la production. Plusieurs conserveries implantées hors wilaya s’approvisionnent ici à Skikda grâce notamment à des conventions les liant à plus de 500 producteurs.

Ces points permettent d’opérer et de réceptionner les quotas de chaque conserverie dans de bonnes conditions tout en créant de l’emploi», explique le président de la Chambre de l’agriculture de Skikda.

Cette ritournelle toute rouge, qui s’est emparée de toute une région, aura encore à se poursuivre jusqu’au mois de septembre prochain. La tomate ici n’est pas un simple fruit. C’est un fait social. Un bénéfique chamboulement socio-économique promis à vivre encore d’autres mues, au grand bonheur d’une région marginalisée.

Toute une région qui semble trouver dans ce fruit une belle revanche pour espérer et oublier, le temps d’une cueillette, la marginalisation et le sous-développement qu’on continue de lui imposer dans une wilaya qui a souvent la tête ailleurs.


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