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Village d’Afensou dans le massif de Collo (Skikda) : Plus de 10 ans sans eau ni électricité

16 décembre 2019 à 9 h 05 min

En acceptant de quitter le centre du village qu’ils trouvaient enclavé, ces familles avaient élevé leurs logements près d’une route bitumée, croyant ainsi se rapprocher du monde extérieur.

La politique prônée par les pouvoirs publics en vue d’améliorer les conditions de vie des populations rurales ne serait, à priori, que de la poudre aux yeux. La preuve, à Afensou, dans le massif de Collo, les 38 familles ayant bénéficié de la formule du logement rural sont presque abandonnées aujourd’hui. Sans eau, ni électricité depuis déjà plus de dix bonnes années, elles continuent de s’alimenter en eau sur les dos de mulet et vivent à la lumière des bougies. En acceptant de quitter le centre du village qu’ils trouvaient enclavé, ces familles avaient élevé leurs logements près d’une route bitumée, croyant ainsi se rapprocher du monde extérieur.

Malheureusement, d’année en année, elles finirent par voir leur situation sociale se détériorer. «Nos enfants révisent leurs leçons à la lumière des bougies. On n’a pas demandé la lune, mais juste un peu de lumière et notre droit à une eau potable», explique un des habitants. Il révélera que les 38 familles qui résidaient au centre du village Afensou avaient décidé, il y a plus d’une décennie, de quitter ces lieux, qui se dépeuplaient de jour en jour. «On a fui l’isolement causé par l’état de la route pour vivre finalement dans le noir.

Certaines familles peuvent vous dire qu’elles auraient peut-être mieux fait de rester au village pour s’offrir le luxe de l’électricité et de l’eau, où partir carrément vers d’autres horizons», rajoute notre interlocuteur, même s’il reconnaît que ces familles restent néanmoins attachées à leurs terres. «Nous vivons de cette terre. Notre seul moyen de vivre reste la culture du châtaignier, du noyer et de l’olivier. Nous aimerions bien rester sur nos terres, mais qu’on nous aide», insiste-t-il.

Il notera que l’absence des réseaux de l’électricité et de l’AEP n’est pas l’unique carence qui mine le vécu de ces populations. L’hiver est très rigoureux dans ces zones montagneuses et les 38 familles s’attendent déjà à vivre le calvaire. Elles ont déjà entamé le ramassage du bois pour se réchauffer puisque, l’hiver venant, la bonbonne de gaz butane devient une denrée vraiment rare et quand il arrive qu’elle soit disponible, elle est cédée par les intermédiaires à 400 DA. C’est-à-dire le double de son prix réel. Comment alors parler de politique de développement des zones rurales si on n’arrive même pas à y garantir l’essentiel : la lumière et de quoi se réchauffer.     


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