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lundi, 27 mai, 2019
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Le bras de fer qui oppose depuis plus d’une semaine le directeur de la santé de la wilaya de Skikda (DSP) et les chirurgiens généralistes du nouvel hôpital a amené hier ces derniers à sortir de leur réserve, en invitant les journalistes locaux à un point de presse.

Les chirurgiens sortent de leur réserve

21 mars 2018 à 12 h 00 min

 «Les accusations portées injustement contre nous par le DSP nous ont gravement affectés.

On a été gratuitement jetés en pâture à la vox populi, alors que le rôle du DSP était plutôt de nous protéger», affirment les chirurgiens conférenciers. Dans un communiqué rendu public, ils ont assimilé ces accusations à «un dénigrement choquant, méprisant et infondé du DSP sur la nature des interventions, ce qui représente un impair jamais commis par un responsable, qui plus est, un médecin», notent-ils. Au sujet des déclarations du DSP faites à propos du taux d’interventions des chirurgiens au cours de l’année 2017, les chirurgiens ont tenu à apporter plus d’éclaircissements, en déclarant : «Pour faire chuter ce taux, il a pris en compte le nombre de chirurgiens exerçant à la fin de cette année, qui était de 12, alors qu’en réalité on a travaillé seulement à quatre au début de l’année, puis à six au mois de mai, avant de passer à huit en juin.

On n’a atteint le nombre de douze chirurgiens qu’au mois d’octobre dernier», ont-ils précisé en se posant des questions sur les raisons ayant amené le DSP à agir de la sorte. Au sujet des accusations sur leur refus de «pratiquer des césariennes et de faire le jeu des cliniques privées», ils tiendront là aussi à apporter leur version, en rappelant que la dernière circulaire ministérielle n’intime pas l’ordre aux chirurgiens de pratiquer des césariennes, mais recommande clairement leur formation pour ce faire. «Nous sommes des chirurgiens généralistes et nous avons eu à intervenir maintes fois dans des cas d’urgence pour soulager des parturientes, mais la loi ne nous autorise pas à nous reconvertir en gynécologues et ça, le DSP le sait très bien.» Quant aux accusations de détournement des parturientes vers les cliniques privées, ils diront : «C’est une accusation très grave et totalement insensée.

Il n’existe aucun contact entre ces femmes et les chirurgiens.» Concernant le retard qu’ils ont pris pour répondre aux accusations du DSP, les chi-rurgiens ont souligné qu’ils ont préféré s’abstenir pour ne pas chahuter le travail de la commission d’enquête dépêchée par le ministère de tutelle et la laisser faire son travail en toute sérénité.

Et d’ajouter : «Tout ce que nous avons avancé a été largement confirmé par cette commission, qui a eu à vérifier et de très près les différentes interventions réalisées par l’équipe chirurgicale, notamment dans la cancérologie.» Prenant la parole à tour de rôle, les chirurgiens, des jeunes dans leur majorité, avaient du mal à cacher leur déception, et certains ne comprenaient même pas le carrousel infernal dans lequel ils venaient d’être projetés. «Moi, je termine mon service civil et je quitte illico presto cette wilaya», lança une chirurgienne.

Et elle n’a pas tort, car cette guerre ne doit pas être utilisée comme un arbre pour cacher toute une forêt de manques dans le domaine de la santé dans cet-te wilaya. Une wilaya où un hôpital du chef-lieu a passé 10 ans sans chirurgien, alors que des centres hospitaliers d’El Harrouche, Azzaba et  Collo en disposent tous. On a même affecté un gynécologue à l’hôpital de Tamalous, tout en sachant que cet hôpital ne dispose pas de bloc opératoire. La santé va très mal dans cette wilaya et n’a vraiment pas besoin qu’on vienne lui en ajouter une fausse guerre.

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