L’année de toutes les désillusions | El Watan
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SKIKDA

L’année de toutes les désillusions

30 décembre 2021 à 10 h 30 min

A Skikda, la ville où il ne se passe rien, seuls évoluent la décrépitude, les désillusions, les bazars, l’incivisme et le brouhaha.

L’année qui s’achève a eu toute la latitude pour achever l’espoir de voir cette ville rebondir et a surtout permis d’exposer les limites d’une gestion chaotique. Telle une alerte, l’année 2021 a été «inaugurée» par un impressionnant effondrement au quartier Napolitain et s’est clôturée par l’effondrement de l’hôtel de France en plein cœur de la ville.

Autant dire que le phénomène, qui mine le centre historique de la ville, a continué, une année durant, d’altérer le vieux bâti et de faire peser une chape de peur qui emmena les habitants à occuper les rues pour dénoncer les dangers qui les guettent. Durant cette année, Skikda a connu plusieurs manifestations dans différents quartiers de la ville. On a même assisté à des sit-in tenus sur place ou devant le siège de la daïra par des mères de famille et par des commerçants du quartier Napolitain qui, comme leur ville, ne savent désormais plus de quoi seront faits leurs lendemains. Tout comme l’ensemble des villes du pays, l’année 2021 a été ponctuée par l’épidémie Covid-19. Au mois de juillet dernier, l’hôpital de référence de la ville avait enregistré le décès de six patients au cours d’une seule nuit pour rupture d’oxygène. Une grande panique s’était emparée aussi bien du corps soignant que des parents des malades. Des vidéos prises en direct et publiées dans la nuit du 29 juillet sur les réseaux sociaux avaient suscité un vif émoi auprès de la population. Le jeune auteur de cette vidéo avait été mis en détention.

La pandémie a par ailleurs mis à nu les carences énormes en matière d’infrastructures sanitaires. En cherchant à anticiper, les responsables concernés ont délocalisé les services de l’ancien hôpital vers le nouvel hôpital de Sicel, ce qui ne tarda pas à démontrer les limites de cette dernière infrastructure qui ne pouvait répondre convenablement aux flux des malades. D’ailleurs, il serait temps de reconnaître que Skikda ne dispose que d’un seul hôpital et non de deux, comme on se targue de le faire admettre, et de penser déjà à doter cette ville d’un CHU digne de sa stature et de sa population. L’année 2021 est également venue rappeler aux Skikdis le drame qu’ils ont vécu dans leur chair et leur âme suite à l’explosion du complexe gazier du GNL un certain 19 janvier 2004.

Ce douloureux souvenir a été de nouveau ravivé après l’explosion qui a eu lieu le 30 novembre dernier à la raffinerie de la ville, causant la mort d’un travailleur et la blessure de huit autres. Ce dernier incendie a remis à l’ordre du jour l’épineux dossier de l’hôpital des grands brûlés qui ne cesse de se construire depuis septembre 2014 sans pour autant voir le bout du tunnel.

Initialement, ce projet à vocation régionale devait être livré en 22 mois. Sept années après, il est toujours à la traîne avec un taux de réalisation ne dépassant pas les 60%. Plus grave encore, le projet se trouvait en hibernation depuis l’arrêt total des chantiers en juillet 2018 et il a fallu qu’il y ait mort d’homme à la raffinerie pour que les autorités centrales décident d’entreprendre les démarches pour le relancer.

Ce cas n’est malheureusement pas unique à Skikda qui détient apparemment le record des projets en souffrance. On citera le cas du projet de la gare routière qui a vu passer tant de walis, mais point de bus ni de voyageurs. Lancé en 2018, tout comme l’hôpital des grands brûlés, ce projet tarde encore à se concrétiser. Ainsi va Skikda et puisse la nouvelle année lui apporter toutes les belles choses qu’elle mérite.


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