Ahcène Bouhadja. coiffeur à Skikda : Le «papa» de toutes les générations | El Watan
toggle menu
jeudi, 22 août, 2019
  • thumbnail of elwatan20190822

  • Pub Alliance Assurance




Évocation

Ahcène Bouhadja. coiffeur à Skikda : Le «papa» de toutes les générations

15 août 2019 à 8 h 24 min

Ahcène Bouhadja, ou plutôt «papa Ahcène», comme on l’a toujours surnommé, découvrit la magie des ciseaux dès l’âge de 13 ans. Il s’en passionna et finit depuis par en faire un métier. C’était en 1945. Il venait alors de rejoindre le salon de coiffure qui existait à l’immeuble des Loukil.

Là, il apprit les rudiments du métier auprès de «Pépé», un coiffeur espagnol, et de son cousin, Salah Abdelaziz, le fameux «Didoche». Quelques années plus tard, il prit les rênes du salon, avant qu’on vienne, en 1954, lui ordonner de fermer boutique, puisqu’il ne disposait pas de diplôme de coiffeur.

Certains de ses proches expliquent cet ordre de fermeture par des considérations politiques. «Le magasin servait aussi de relais à quelques nationalistes qui y échangeaient les mots de passe du jour», soutient son fils aîné. Cet épisode alla néanmoins encourager «papa Ahcène» à regagner Constantine pour suivre une formation en coiffure dans un centre spécialisé.

Il finit par se distinguer et décroche son diplôme «avec mention», précise son fils Hamid. Il reprend son activité dans ce salon jusqu’à l’indépendance, lorsqu’il acquit le salon de coiffure des Arcades, où il exerça jusqu’à sa retraite.

Perfectionniste, «papa Ahcène» poursuivit, entre-temps, sa soif d’apprendre, part en France à deux reprises, en 1962 et 1963, pour décrocher deux nouveaux diplômes auprès d’institutions professionnelles de renommée, dont l’un pour la coiffure pour dames, ce que beaucoup de monde ignore. En effet, un lundi sur deux, «papa Ahcène» accueillait dans son salon ses clientes, qui se reconnaîtront.

Selon les témoignages de sa femme, de Hamid, son fils, et de son cousin, Nasser, la vie de «papa Ahcène», natif de la rue des Aurès, était réglée comme du papier à musique. «Très bon vivant et travailleur surtout», reconnaît son épouse. «Les jours de fête et les rentrées scolaires, il lui arrivait de travailler jusqu’à 23h, avant d’aller se reposer à Hammam Tarfaya et de reprendre le travail à 6 h», raconte Nasser Bouhadja.

Devenu une icône locale, grâce à sa dextérité et à la proximité qu’il cultivait auprès de ses clients, de grand-père à petits-fils, «papa Ahcène» était aussi le coiffeur attitré des autorités locales. De Ould Kablia, premier wali de Skikda, jusqu’à sa retraite, il a eu à coiffer tous les walis de passage à Skikda.

D’autres figures locales ne se faisaient coiffer que par lui, comme les Ali Bouhadja, Dembri, Maghlaoui, Chibout, etc. Même l’ancien Président, Chadli Benjdid, est passé par là. Au salon, «papa Ahcène» avait l’art de meubler l’atmosphère pour que les clients ne sentent pas trop l’attente. Il avait une grande aisance à enclencher les débats et à user d’une immense tendresse lorsqu’il coiffait les enfants.

Le voir évoluer dans son salon, l’entendre répéter sa fameuse phrase «Essabar inal» (le patient parvient toujours) avec ce cheveu sur la langue qui le caractérisait, constituaient un spectacle digne d’un artiste. Son souvenir restera présent dans la mémoire de tant de générations de Skikdis que portera encore Farid, son fils cadet, qui a repris le métier de son défunt père pour que se poursuive encore la longue saga des Bouhadja dans le monde de la coiffure.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!