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Gestion de la commune de Sétif

Plus de 1000 milliards de centimes non consommés

04 mars 2019 à 22 h 03 min

Des centaines d’opérations qui devraient améliorer le cadre de vie du citoyen et la scolarité de milliers d’enfants ne sont toujours pas lancées.

Montrée jadis comme un modèle de propreté et de bonne gestion, la commune de Sétif, disposant d’une importante manne financière, touche le fond de l’abîme. Soulignons que le marasme dans lequel se morfond la cité, où rien ne va, est l’accumulation de longues années de léthargie, d’inertie et d’immobilisme.

«Choisis» et «intronisés» pour redorer le blason de l’agglomération lézardée de partout, les nouveaux locataires de l’Hôtel de Ville ne font pas mieux que leurs prédécesseurs. Pis encore, ils ont passé plus de 15 mois dans des règlements de comptes et des querelles intestines, lesquels enveniment un peu plus la situation d’une ville à l’agonie.

Dans l’optique de redresser la barre d’un bateau à la dérive, le wali de Sétif, Nacer Maskri, tire la sonnette d’alarme. Alerté, le comité de la ville, regroupant tous les services de la commune et des directeurs de l’exécutif, s’est présenté dimanche au chevet de la comateuse, maintenue, faut-il le rappeler, en respiration artificielle.

Avant d’ouvrir un débat, qui n’a pas emprunté la langue de bois, le chef de l’exécutif donne la parole au chef de daïra. L’exposé du commis de l’Etat donne froid dans le dos. Pour uniquement cinq axes (l’amélioration urbaine, les constructions scolaires, les espaces verts, les infrastructures administratives et sportives), des centaines d’opérations qui devraient améliorer le cadre de vie du citoyen et la scolarité de milliers d’enfants ne sont toujours pas lancées.

Les opérations mises en veilleuse représentent plus de 1000 milliards de centimes pour une cagnotte dépassant de loin les 2600 milliards de centimes. Pour illustrer une toute petite partie de l’énorme préjudice fait à la ville, mentionnons que 10 terrains de proximité, 9 écoles primaires, 5 cantines, 4 jardins publics, de nombreuses routes et autres équipements d’utilité publique font les frais de la désinvolture de «responsables» n’honorant toujours pas les engagements pris.

N’ayant touché du Programme communal de développement (PCD) aucun centime depuis 2015, la commune n’a pas encore clôturé 7 opérations de 25 milliards de centimes, en rade depuis des années. Comme les absents ont toujours tort, le P/APC, qui a pris la parole, accable l’équipe sortante en disant : «On a éprouvé des difficultés à mettre de l’ordre dans les différents dossiers en suspens. La mise à niveau des différentes structures, notamment le bureau des marchés publics, nous a pris du temps.

Les procédures administratives ont quelque peu freiné notre démarche. Avec l’aide de tout un chacun, on va mettre les bouchées doubles pour relancer la mécanique.» Prenant le relais, un des vice-présidents de la commune, fonctionnant avec plus de 1600 agents, évoque, lui, le manque de «fonctionnaires», notamment au niveau du service technique.

Echaudés déjà par ce tableau noir, les présents apprennent avec stupéfaction que les conventions liant la commune à ses trois EPIC (Entreprise public à caractère industriel et commercial), chargés des espaces verts, des sports et de la culture, ne sont toujours pas signées. Des problèmes purement personnels en sont la cause.

Pour permettre à la ville de sortir de l’ornière, le chef de l’exécutif, qui a instruit des directeurs de l’exécutif de s’impliquer dans cette opération de sauvetage, a tenu non seulement à mettre tout un chacun devant ses responsabilités, mais à prioriser les opérations : «Je suis sidéré de voir dans quelle situation patauge la ville de Sétif, se dégradant de jour en jour.

On n’a rien fait pour rétablir l’éclairage public, entretenir le réseau routier et combattre l’insalubrité. Les choses vont changer, j’y veillerai personnellement. Il est par ailleurs inconcevable et inadmissible qu’une commune comme Sétif ne consomme qu’une infime portion d’un aussi important pactole. Vous n’avez aucune excuse à présenter.

Celui qui ne peut pas tenir ses engagements qu’il le dise. Je suis sidéré de constater que les projets de 9 écoles et 5 cantines ne sont toujours pas lancés. A cette allure, vous n’allez livrer aucun établissement en septembre prochain. Il est hors de question que des classes du primaire continuent à fonctionner avec 40 élèves et plus. Il est impératif d’accélérer les procédures et d’entamer dans les brefs délais les travaux que nous devons confier à des entreprises en mesure de relever le défi.

Le volet des constructions scolaires doit être la priorité des priorités. J’exige un compte rendu détaillé dans quinze jours», fulmine Nacer Maskri, qui n’a pas caché son mécontentement.

Le lamentable état des routes, des trottoirs, de l’éclairage public, les retards enregistrés au stade Mohamed Guessab, la situation du cinéma Variétés, du théâtre municipal, n’ont pas été occultés par le chef de l’exécutif, remettant sur le tapis les constructions illicites : «Vous devez procéder à la démolition des constructions illicites bâties sur le domaine public.

Pour tout manquement, je déposerai plainte contre la commune», tonne le wali à l’adresse de l’équipe communale, qui ne va pas oublier de sitôt ce conclave. 

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