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24 août 1958 - 24 août 2018

Les cinq fusillés de Sétif, qui s’en souvient ?

26 août 2018 à 1 h 09 min

Auteurs de plusieurs opérations armées, les cinq éléments de l’ALN sont repérés par les Renseignements généraux et arrêtés dans divers coins de l’antique Sitifis.

Juillet 1958 : l’Armée de libération nationale (ALN) multiplie les actions. Ainsi, la ville de Sétif est secouée des jours durant par les opérations des fidayine. Lesquelles font très mal à l’armée coloniale aux abois. Telle une bête féroce, celle-ci déclenche une vaste et impitoyable opération de répression. Pour venger ses morts et terroriser un peu plus une population apeurée et meurtrie par plus de 100 ans d’occupation, l’armée française renforce les points de contrôle, procède à d’interminables rafles et arrestations.

Nationalistes ou non, tous les «indigènes»  passent à la trappe. Les geôles du commissariat central, de la prison et de la caserne militaire où des centaines de détenus périssent, suite aux tortures subies, sont bondées d’Algériens acquis à la cause nationale. Afin de rassurer les colons, l’armée française devait obligatoirement marquer l’esprit de la population algérienne.

Meurtrie dans sa chair, elle va, une fois de plus, franchir la ligne rouge et  transgresser les conventions internationales. Pour frapper un grand coup, les commanditaires d’une abominable élimination physique choisissent la crème de la jeunesse sétifienne. Les bourreaux jettent leur dévolu sur Mebarek Soualmi dit Albert (28 ans), Abdelmadjid Boudhane (20 ans), Abdelwalid Settrahmane dit Lakhdar Bendjaref et Lakhdar le Fin (23 ans), Messaoud Meheni dit Maurice (25 ans) et Ali Halitim (20 ans).

Le choix des concepteurs de l’assassinat extrajudiciaire n’est pas fortuit. D’autant que les cinq combattants avaient donné le tournis à l’armée française des années durant. Auteurs de plusieurs opérations armées, les cinq éléments de l’ALN sont repérés par les Renseignements généraux et arrêtés dans divers coins de l’antique Sitifis.

Pour leur soutirer le plus petit des aveux, on  leur fait subir des tortures dignes de la Gestapo, des jours durant. L’obstination des Soualmi, Boudhane, Settrahmane, Mehhenni et Halitim, prend le dessus, vient à bout de la férocité de leurs tortionnaires. Pour «laver» l’affront, ces derniers concoctent un machiavélique plan. Afin de masquer leur crime, les tueurs extirpent leurs victimes des  geôles de la caserne militaire  à l’aube du 24 août 1958.

Le convoi militaire  met le cap sur Biraouna (un quartier situé à la sortie ouest de la ville). Le peloton d’exécution est placé à El Merdja, où est érigé le complexe sportif du 8 Mai 1945. Pilonnés par un feu nourri, les cinq braves, qui n’ont jamais courbé l’échine, tombent au Champ d’honneur. Le crépitement des armes ébranle la ville de Sétif, qui venait de perdre un nouveau contingent de ses meilleurs enfants.

60 ans après, point de mémorial sur le lieu  du crime, et ce, en hommage à ces grands martyrs, méconnus par les nouvelles générations. Etudiée et analysée  aux États-Unis d’Amérique, en Russie et en Europe, pas uniquement en France, l’épopée de notre glorieuse guerre de Libération nationale ne semble plus inspirer certains cercles, notamment  les secteurs (directions) des moudjahidine, de la culture,  de l’éducation nationale, pour lesquels le slogan «Non à l’oubli» n’est ni plus ni moins qu’ un vocable de circonstance.                                                                       



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