Abdelkader Yaïci dit Si Nouasri, neuf ans déjà | El Watan
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mercredi, 22 septembre, 2021
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ÉVOCATION

Abdelkader Yaïci dit Si Nouasri, neuf ans déjà

22 août 2021 à 10 h 00 min

Le souvenir des meilleurs fils de cette terre si fertile et si généreuse est impérissable. Abdelkader Yaïci alias Si Nouasri, qui a vécu plus de 38 ans sans les deux bras perdus au champ d’honneur, est de cette race d’hommes, laquelle a tout donné pour que vive l’Algérie.

La mémoire collective n’oubliera pas les actes héroïques d’un homme ayant servi l’Algérie jusqu’à en mourir. Animé par le désir profond de servir la cause nationale au péril de sa vie, l’enfant de Souk Oufella, daïra de Sidi Aïch (Béjaïa), a été l’autre bête noire de l’armée coloniale. A telle enseigne qu’un jour, un capitaine français dira : «Abdelkader Yaïci fait plus de mal à nos soldats qu’un bataillon d’Amirouche.» La déclaration de l’officier n’est pas fortuite, elle montre que Si Nouasri (nom de guerre) a fait trembler la France officielle. Moudjahid de la première heure et homme de confiance, Si Abdelkader est désigné à l’issue du Congrès de la Soummam par le colonel Ouamrane (responsable du département armement et ravitaillement) chef de mission d’achat d’armes en Allemagne.

De 1957 à janvier 1960, il sera le principal acheteur d’armes de l’Armée de libération nationale. Faisant fi des dangers encourus, le chef de mission devient non seulement un négociateur et un acheteur de premier plan, mais l’ennemi à abattre. Indisposés par l’activité débordante de Si Nouasri ne trouvant aucune peine à honorer toutes les commandes d’armes de l’ALN, les services spéciaux décident de le tuer coûte que coûte. Avant d’opter pour l’élimination physique, les services français ont essayé de kidnapper ce grand combattant, en vain. Le «dossier»

Si Nouasri, l’ennemi public numéro un, est étudié par les hautes sphères de l’Etat français. Sa liquidation est planifiée au domicile du Premier ministre de l’époque, Michel Debré. L’assassinat de l’émissaire de la Révolution qui a pu déjouer et échapper à plusieurs attentats est confié à un officier supérieur. Le colonel Martillat se charge de l’ignoble besogne. Pour réussir son coup, il utilise un colis piégé.

La barbarie colonialiste pousse l’auteur de l’homicide volontaire à perpétrer son crime le jour de l’An, le 1er janvier 1960 à Frankfurt. Croyant recevoir un cadeau de la banque Fur Gemenversha, Si Abdelkader est soufflé par une déflagration. Le faux bouquin lui arrache les deux mains, occasionne d’innombrables blessures au visage et sur tout le corps.

Un serviteur dévoué de sa patrie

Transporté à l’hôpital de Frankfurt dans un état grave, Si Abdelkader est sauvé, mais devait vivre sans les deux mains. L’abject attentat a bouleversé de nombreuses personnalités ainsi que des journalistes du Der Spiegel notamment se sont rendus au chevet du mort-vivant. Le gravissime forfait des services spéciaux français n’a pas été du goût des autorités allemandes ayant abordé la question avec le général de Gaulle en personne. Après la pénible période d’hospitalisation, le moudjahid regagne Tunis sans les deux mains, et des tympans éclatés, mais avec le sentiment du devoir accompli. Avant d’épouser la cause de son peuple, le jeune Abdelkader, issu d’une famille de commerçants, part à Sétif où il poursuivra ses études au lycée Eugene Albertini, aujourd’hui Mohamed Kerouani. Il milite au sein de l’UDMA sous l’égide de Ferhat Abbas.

Au déclenchement de la Révolution, Si Abdelkader intègre les premières cellules du FLN sous la direction d’Ali Oubouzar, commissaire politique de Sétif où il active au sein d’un groupe chargé de la collecte de fonds, du ravitaillement et de l’habillement. L’activité de la section répondant aux besoins des Wilayas I, II et III empoisonne la vie à l’armée coloniale. Pour un tel sacrilège, Si Kacem Bousbaha, Amokrane et Abalache, deux frères de Si Abdelkader, sont exécutés en septembre 1957 à l’intérieur de la caserne de Sétif. Sur ordre de l’Organisation, Si Nouasri met le cap sur Tunis où il est chargé par le colonel Amirouche de la prospection, de l’achat d’équipements militaires et du ravitaillement des djounoud aux frontières.

A l’indépendance, il rentre à Sétif en compagnie du président Ferhat Abbas. Le lourd handicap n’empêche pas Si Abdelkader de continuer à servir la patrie avec dévouement. Désigné dans un premier temps vice-président de la délégation spéciale de la mairie de Sétif, l’inusable moudjahid sera par la suite élu au premier Parlement (Assemblée constituante) de l’Algérie indépendante qu’il servira jusqu’au dernier moment. L’ex-membre du ministère de l’Armement et des liaisons générales (MALG) s’est éteint, à l’âge de 90 ans, le mardi 21 août 2012, à Sétif où il était aimé, estimé et respecté.


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