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Il y a 39 ans disparaissait Mohamed-Seddik Benyahia : Le côté oublié d’un grand réformateur

06 mai 2021 à 9 h 14 min

Parler de Mohamed-Seddik Benyahia mène très souvent vers le jeune cofondateur de l’UGEMA, l’un des négociateurs des Accords d’Evian ou encore le coup de maître de la diplomatie algérienne dans l’affaire des otages américains à Téhéran.

Mais, on oublie très souvent que Benyahia a été un réformateur, notamment dans les secteurs de la culture et de la presse, de l’enseignement supérieur et même aux Affaires étrangères.

Dans son ouvrage L’Algérie contemporaine culture et identités (2019, hal-02281109), Ahmed Cheniki rappellera que celui que surnommait Louis Joxe, lors des Accords d’Evian, «Monsieur point-virgule», était derrière le FESPAC de 1969 (Festival panafricain de la culture), «appréciait Mustapha Kateb, Kateb Yacine, Abdelkader Alloula et bien d’autres», que lors de son passage aux Finances, des ministres allaient se plaindre à Boumediène de la gestion trop minutieuse et trop «homéopathique» des deniers publics de ce ministre qui faisait énormément d’économies, ou encore que c’est grâce à Boumediène et à M.S. Benyahia que l’idée des 1000 bibliothèques avec le slogan «A chaque commune sa bibliothèque», a été initiée, mais bloquée par les successeurs du président.

Benyahia, qui a aussi initié en 1971 la réforme de l’enseignement supérieur, fera dire à Aïssa Kadri dans le numéro du 1er semestre 1981 de Peuples méditerranéens que «conjoncturellement 1971 a pu apparaître comme la date de naissance d’une université algérienne proprement dite qui ne devait plus rien au colonisateur ; sans doute persistait-il ici et là quelques séquelles d’ailleurs toujours nommées comme étant la cause des maux de l’institution, mais l’heure était aux ruptures sur tous les fronts». Kadri estimera que l’un des objectifs visés par la réforme de 1971 est la rupture avec l’annualisation du curriculum, dénoncée comme peu flexible, et aller vers la modulation afin d’éviter «l’engorgement des parcours de formation».

Donner du sens à la carrière du diplomate

Dans une conférence de presse tenue le 23 juillet 1971, Benyahia précisera que «l’objectif premier de l’université est de former les cadres, tous les cadres dont le pays a besoin. L’absence de cadres constitue à l’heure actuelle la contrainte première dans notre effort de développement (…) L’université doit répondre à toutes les demandes en cadres».

Bien que la liberté de ton n’était pas encore à l’ordre du jour dans la presse, et le journaliste considéré comme un simple fonctionnaire, il était derrière l’ordonnance 68/525 du 9 septembre 1968 portant statut des journalistes professionnels qui donnait une première définition et une organisation de la profession et énonçait des principes d’éthique et de déontologie. Dans le Temple de la diplomatie, Benyahia a donné du sens à la carrière du diplomate à travers le profil de carrière faisant que celle-ci n’était plus aléatoire comme le soutiendra dans un entretien à El Watan, l’ex-ministre Abdelaziz Rahabi.

Pour ce dernier, le profil de carrière n’existait pas et c’est Benyahia qui, dès sa prise de fonction, «a refait l’organigramme et nommé, pour la première fois depuis l’indépendance des chefs de bureau», tout en faisant la rupture avec les pratiques de son prédécesseur basées, selon Rahabi, sur des critères régionalistes. Natif de Jijel en 1932, Mohamed Seddik Benyahia a péri le 3 mai 1982 avec huit hauts cadres du MAE, un journaliste et quatre membres de l’équipage.

L’avion qui les transportait a été abattu par un missile irakien à la frontière irano-turque. Son ultime voyage entrait dans le cadre d’une médiation pour arrêter la guerre que menait l’Irak de Saddam à l’Iran.

Malheureusement, la vérité promise aux Algériens attend toujours d’être dite ! Trente-neuf ans après, sa femme vient juste de le rejoindre dans l’au-delà, dans l’anonymat total. Elle est décédée à Aïn Témouchent.


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