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Grève à l’unité de céramique d’El Milia (Jijel) : «Klitou louzine ya seraqine»

19 juin 2019 à 8 h 30 min

Depuis une semaine, c’est au rythme du slogan phare du hirak national «Klitou leblad ya seraqine», reformulé en «Klitou louzine ya seraqine» que vit l’unité de céramique sanitaire d’El Milia.

Appelée localement «l’usine» depuis son inauguration en 1975, pour exprimer une certaine fierté à l’égard de ce fleuron de l’industrie locale, cette structure vit un mouvement de grève qui se durcit d’un jour à l’autre et se voit de plus en plus bousculée dans cette hiérarchie. Et pour cause, ses cadres formés à ses frais sont en train de s’en aller pour rejoindre l’autre bastion de la nouvelle industrie locale, la zone industrielle de Bellara.

C’est d’ailleurs l’un des reproches formulés contre la direction, «qui a fait fi des contrats de fidélité liés à la formation à l’étranger de ses cadres en les laissant partir».

Ceci dit, si les revendications portent essentiellement sur une revalorisation salariale et l’ouverture d’une enquête sur la gestion de cette unité, ce mouvement a mis sur la table plusieurs autres points liés à «des dépassements».

A commencer par cette disparité salariale entre les simples ouvriers et les cadres dirigeants. «Une différence de salaire qui peut aller jusqu’à 40 000 DA», s’indignent-ils. «En 2019, mon salaire est de loin inférieur à celui que je percevais en 2000», fulmine un gréviste. Hantés par la perte de leurs emplois, nos interlocuteurs sont catégoriques : «Il y a mauvaise gestion.» Ils s’interrogent aussi sur le sort des 320 milliards de centimes destinés à la modernisation des équipements.

«C’est un projet avorté, il a débouché sur l’acquisition d’équipements sophistiqués non utilisés et dont l’installation n’a pas été achevée, c’est le cas de ce robot acheté pour 45 milliards, qui ne sert à rien», conclut-on. Au 8e jour de cette grève, et après avoir vainement tenté de joindre le directeur pour avoir sa version, nous avons appris qu’une plainte a été déposée contre 11 travailleurs.

Au début de ce mouvement, le directeur a cependant déclaré à la radio de Jijel que «les revendications salariales sont du ressort de la direction générale, même si l’état financier de l’unité ne permet pas de tout satisfaire». Il soutient que lors de sa prise de fonction en juillet 2015, il a trouvé le projet des nouveaux équipements bloqué, mais depuis, il l’a relancé. «On attend l’arrivée d’une équipe italienne pour son achèvement au mois de juin en cours», a-t-il affirmé.

Ce lundi, les grévistes ont organisé une imposante marche vers le tribunal où se tenaient les auditions de leurs collègues poursuivis en justice. «Nous sommes 400 grévistes et non 11, nous sommes tous meneurs de la grève», répliquent-ils à cette action.


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