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Rupture de médicaments à Jijel

Des malades dans le désarroi

22 janvier 2019 à 10 h 00 min

Devant une telle situation, les malades n’ont plus d’autre voie que de s’orienter vers la piste informelle des produits recherchés.

Dans les officines pharmaceutiques et les cabinets médicaux à Jijel, on ne parle que de ça. De ces ruptures des médicaments qui font mal aux malades, mais aussi aux médecins, qui ne trouvent plus quoi prescrire, en raison de l’indisponibilité de bon nombre de médicaments dans les pharmacies. «Je lui ai prescrit le produit indiqué et c’est tout, je ne peux rien lui faire, car je ne peux pas intervenir au-delà de la tache qui est la mienne», assène un médecin qui se dit désarmé face à ces ruptures.

«Voyez par exemple le cas des antihelminthiques, introuvables depuis plusieurs mois ; ils sont en rupture sans qu’on trouve un produit pouvant remplacer un autre, laissant le malade et son médecin dans un grand désarroi», lâche encore ce praticien. «Pour moi, il n’y a plus de traitement pour les vers intestinaux, c’est incroyable, mais c’est comme ça que ça se passe», revient-il encore à la charge.

Les plus connus et les plus indiqués dans le traitement de l’ascaridiose, de l’oxyurose et de l’ankylostomiase, qui sont le Cambantrin et le Fluvermal n’ont plus de trace sur les étalages des officines pharmaceutiques depuis de longs mois. «Et par quoi traiter ces pathologies et d’autres ?», se sont interrogé des patients. «On ne sait pas», réagissent des médecins et des pharmaciens avec qui nous nous sommes entretenus.

Nos interlocuteurs, qui ne s’arrêtent pas de citer la longue liste des produits manquants, avancent le nom d’un autre produit qui manque encore à l’appel. Il s’agit de Fungizone, qui est un antifongique indiqué dans le traitement du muguet buccal ou dans la stomatite. En suspension buvable, ce produit est également introuvable.

D’autres produits encore plus indispensables dans le traitement de nombreuses pathologies cardiaques, cancéreuses, rhumatismales, hématologiques et autres sont aussi concernés par ces ruptures. Devant une telle situation, les malades ou leurs parents et proches n’ont plus d’autre voie que de s’orienter vers la piste informelle des produits recherchés.

Le «trabendo», ce célèbre mot du jargon populaire national désignant la voie détournée, est la seule piste qui reste à ces malades pour pouvoir trouver un remède à leur mal. Des médicaments sont ainsi ramenés dans les cabas dans des conditions qui laissent souvent à désirer pour être écoulés à leurs clients au prix fort d’un taux de change qui ne cesse de flamber au détriment du dinar.

La CNAS est dans ce cas là absente pour pendre en charge le remboursement de ces médicaments, qui s’ajoutent à l’autre longue liste des actes radiologiques, biologiques ou chirurgicaux jamais remboursés par cet organisme assureur. Il faut également faire remarquer que cette situation a donné une occasion inespérée aux charlatans escrocs et autres guérisseurs autoproclamés d’intervenir dans la chaine, profitant du désarroi des malades pour leur offrir leurs propres remèdes.

Des potions «miraculeuses» et des préparations prétendument à visée thérapeutique sont proposées aux malades à des prix forts. Les traitements traditionnels des grands-mères ne sont pas en reste dans cette lutte acharnée pour trouver un remède à son mal, puisque certains recourent à ce procédé quand le médicament recherché fait défaut.

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