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lundi, 18 novembre, 2019
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Bilan de la saison estivale à Jijel : Un nombre record de vacanciers et des désagréments à la pelle

11 septembre 2019 à 9 h 00 min

Jijel n’a pas dérogé cette année à la tradition. Toutes les communes côtières de la wilaya ont été envahies par des milliers d’estivants venus de plusieurs wilayas du pays.

Sur les plaques d’immatriculation des véhicules qui sillonnent les routes et les rues des villes, il était aisé de remarquer celles qui viennent des wilayas de l’Est (Constantine, Mila, Sétif, Batna, Tébessa, Guelma, Oum El Bouaghi, Khenchela, Annaba, Bordj Bou Arréridj, Msila) et du Sud (Tamanrasset, Adrar, El Oued, Biskra, Ouargla, Ghardaïa, Laghouat), du Centre, comme Bouira, Tizi Ouzou, Alger, Boumerdès, Blida et Tipasa, et même de Tindouf et El Bayadh !

Les véhicules arrivant de pays étrangers ne sont pas en reste, que ce soit des familles originaires de la région ou pas. Au vu de l’arrivée massive, par vagues successives, des vacanciers de l’intérieur du pays, Jijel est en passe de devenir la Mecque des estivants. Aucun rivage de la wilaya n’est épargné, de Ziama Mansouria, à l’ouest, jusqu’à Oued Z’hor (El Milia), à l’est.

Les citoyens arrivant de l’intérieur du pays louent la beauté exceptionnelle de la région, la quiétude, la sécurité et l’hospitalité, outre le climat bien plus clément. «Ici les femmes s’enorgueillissent, certaines peuvent même sortir seules tard dans la nuit sans être inquiétées».

Cette année à Jijel, qui reçoit le plus grand nombre d’estivants, le point de rencontre le plus prisé, outre la plage Kotama et son front de mer, est l’esplanade de Bordj Echetti, au nord de la ville, où des milliers de personnes viennent déambuler, manger et divertir leurs enfants. Mais tout le long du promontoire (plus de 1000 m de long), aucun espace n’a été réservé pour des toilettes publiques, ce qui en fait le point noir le plus notable.

La montagne, la verdure, la mer et un climat clément : c’est cette image hypocoristique qu’on aime vendre sans se soucier de l’accessoire. Certes, les commerçants trouvent leur compte, reste à savoir quelles seront les bénéfices pour le budget des collectivités ? Malheureusement, il y a aussi le revers de la médaille.

Beaucoup d’habitants des zones côtières se disent extrêmement fatigués par cette déferlante, doublée d’une hausse des prix, de difficultés de se mouvoir à cause des routes quasi saturées, d’une détérioration du débit de la connexion de l’internet et d’autres désagréments. Si pour les uns, la saison estivale c’est le farniente et un répit climatique, pour beaucoup de locaux, c’est tout simplement une souffrance estivale.

UNE «PLAGE-DORTOIR»

D’aucuns estiment que la région ne peut plus recevoir plus qu’elle ne peut accueillir. Les files kilométriques de voitures en ville et en rase campagne durant presque toute la journée sont devenues le lot quotidien des habitants, si bien qu’une simple course peut nécessiter des heures dans une atmosphère moite et excessivement polluée par les milliers de tuyaux d’échappement qui déversent leurs gaz brûlés. Côté hébergement, la formule la plus prisée est la location chez le particulier.

Elle est aussi la plus économique par rapport aux tarifs affichés dans les établissements hôteliers, surtout pour les familles nombreuses. Mais les points d’hébergement ne s’arrêtent pas là, puisque depuis quelques années, les plages, principalement celle de Kotama, au centre de Jijel, se mue en «plage-dortoir», ce qui en fait le plus grand hôtel (à ciel ouvert) de la wilaya.

Si bien que la plage Kotama, de jour, a été rebaptisée «camp de réfugiés», vu le nombre de jeunes et de familles qui y sont hébergés chaque nuit ! Mais d’autres rivages et des esplanades, voire juste des aménagements le long de certaines routes nationales, jouent aussi le même rôle. Quant à l’environnement, la cote d’alerte est dépassée! Ni sur terre ni en mer, on ne peut se mouvoir sans rencontrer un produit en plastique. Cela va des bouteilles, aux sachets, en passant par les pots et les emballages de produits alimentaires.

Les eaux usées ne sont pas en reste, puisque des rivages jadis très propres, comme ceux de Tchalwa et Kotama, à Jijel, ne le sont plus à cause des milliers de mètres cubes d’eaux usées déversées par l’oued Mencha et El Kantara. Plus à l’est, on relèvera les eaux noires de l’oued Nil, et à l’ouest, notamment à Ouled Bounar, où une odeur se dégage du sable de la plage, alors qu’à certains endroits en mer, on ressent plus de la vase que du sable, à cause des déversements d’égouts.

Si les estivants trouvent leur compte au cours de leur séjour, la plus grande perdante est assurément la nature, qui en pâtît année après année. Combien de temps la nature supportera-t-elle encore ces agressions ?


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